Naviguant prudemment entre Charybde et Scylla
Non pas d’Illion, mais du Continent de Plastique
Un noir ketch s’en remet aux jeux du hasard :
À bâbord, monts de déchets verts, jaunes et lilas
À tribord, le fetch bleu d’un ennui narcotique
Sont lentement ballottés par une houle bizarre
Soufflent soudain sur l’étendue polychrome
Des Nuées qui te poussent dans le maëlstrom
Enfin, chicaner la bise, prise au cacatois
Que ta goélette ne brise, il n’en tient qu’à toi
Plongeant au creux de la vague, de refaire surface
Abattant une à une ces phalanges pugnaces
Mais, pendant un faux instant de quiétude
Une Euphorie contenue, vampirise ses soeurs
Puis, gorgée et ivre de leur sang écarlate
S’abat, sur ton navire, une vague scélérate
Immense, terrible, comme de l’océan la rancoeur
Le broyant en copeaux de sa vaste amplitude
Si tu vois, au loin, la traînée des milles chevreaux
Qu’accompagne la chevelure du Grand Léviathan
Fuyant à l’horizon dans leurs blancs sépulcraux
C’est que, surgit d’une fissure, prendre son rare ahan
Il dédaigna ta vie, laissée aux flots lisses
Qui suivent sa houppe, lui reparti dans l’abysse
Commentaires:
De dos, avec la casquette, on aurait dit MC Rawdon ou D-Joliette rappant “des flots lisses ou de l’abysse, sérieux facile j’choisis les cas lisses.”