J’ai un chat dans la gorge ; il n’est pas dégriffé. Je tousse et je crache en vain : impossible de l’expulser. Il fait ses griffes sur les parois de mon larynx. Ses miaulements résonnent dans mes poumons. Ce n’est pas très agréable.

J’ai consulté un vétérinaire. Il existe des sirops qui pourraient m’aider à déloger l’indésirable matou. Pris à raison d’une cuillerée à soupe aux quatre heures, ils devraient lentement faire fondre ses poils et sa chair afin que je parvienne à l’expulser hors de mes voies respiratoires, mais voilà qui suscite chez moi des questions d’ordre moral : éliminer le chat pour sauver ma gorge ou vivre tant bien que mal en symbiose avec lui, qui ne demande qu’à fuir, qui se demande bien ce qu’il fait là, mais qui ne parvient pas à sortir ? Pourrais-je l’apprivoiser à grands coups de verres de lait afin qu’il se mette à ronronner, suivant le rythme des battements de mon coeur, plutôt que de continuer à lacérer mes voies respiratoires ? J’hésite. Je respire mal et mange difficilement. Des miaous sortent de ma bouche quand j’essaie de parler renouvellement de la gauche ou triviale poésie. Ça ne fait pas sérieux. Dois-je me sacrifier pour sauver ce matou ? Ou puis-je éviter le sacrifice pour retrouver, grâce à lui, ma vraie nature sauvage, rugir comme le tigre, pisser dans les coins, être fauve ? Ce matin, au réveil, j’ai trouvé la queue d’une souris à côté du lit. Je me suis léché les lèvres, j’ai remué l’oreille et je me suis étiré, avant de commencer ma journée.

Commentaires:

  • Commentaire par Joseph, 04/06/2008:
  • Mysterious, chat. J’ai toujours su que vous étiez un félin. Prédateur crépusculaire, à défaut de queue de souris, une alimentation basée à 100 % sur les croquettes est aussi possible ! Elles ont en outre une action détartrante qui contribue à préserver la santé bucco-dentaire ! Hélas, les puces sont des parasites universels et tous les chats en attrapent un jour … Il existe pour cela des collier anti-puces ! En terminant, si l’animal est un chat de race, il doit posséder ou avoir fait l’objet d’une demande de pedigree et chez le male, une stérilisation limite le comportement territorial et diminue la tendance au marquage. Il devient moins indépendant et devient plus affectueux. Les changements hormonaux accompagnant la stérilisation peuvent provoquer une prise de poids; l’obésité luxurieuse ne lui faisant pas peur, l’animal fugue moins et les risques de blessures dues aux combats entre animaux sont ainsi réduits.

  • Commentaire par Amygdale, 06/06/2008:
  • Nous tenons là la solution au problème des vols spatiaux félidés. Brillant de simplicité.

Laisser un commentaire