Vendredi j’avais besoin de voir du monde. J’appelle C*, qui se fait aussi appeller M*, Je lui demande s’il croit se rendre à une soirée où un de nos amis mettra de la musique post-exotique. Peut-être, qu’est-ce que tu fais?. J’sais pas… Tu viens souper? J’ai invité T*. Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas vu, et, je le répète, j’avais envie de voir du monde.

Souper: pizzas, crudités, chorizo, vinho verde, bière, on parle de n’importe quoi. J’ai le goût de voir V*, qui va mettre la musique. Venez Vous? C* cède aux demandes de son amoureuse, qui aimerait rester avec lui ce soir. Je pars donc avec T*, deux sur un vélo de Saint-Dominique coin Dante à Rachel coin Saint-Laurent.

Sur place, on aurait du s’en douter puisque la soirée avait lieu au divan orange, déception. La musique post-exotique que j’attendais est remplacée par un genre de groupe manouche avec des chansons jazz, entrecoupée de musique post-exotique à l’entracte. Mais je suis là, je parle à quelques personnes. Je ne peux supporter longtemps l’ambiance, et T* m’offre de fumer un pétard.

Je ne fume plus mais j’ai le goût de changer d’activité. On se rend chez T*. Petit joint. Il comment son appartement: Il est comme un vaisseau spatial, je ne peux pas vraiment me rendre nulle part, sauf dans la cuisine, qui me donne l’impression d’être dans le cockpit. En effet, les seules fenêtres s’y trouvent. Il y a quelques semaines je me suis retrouvé à tourner en rond dans mon appartement, et je bénissais la fin de l’hiver en allant prendre marche sur marche. L’effet du joint sur celui qui ne fume plus se fait sentir et me rappelle pourquoi j’avais arrêté. je commence à angoisser solide. Genre claustrophobe. Comment Amygdale peut il vraiment s’imaginer qu’il passerait des mois et des mois dans une si petite cabine pour se rendre sur une planète ou il n’y a même pas d’air? C’est vrai que l’appartement de T* est un vaisseau spatial. Je sais pas pourquoi, mais je marche maintenant de long en large… heureusement T* a trouvé quelque part une imitation de foyer qui vient ancrer un coin de la pièce à une sorte de réalité, mais je n’en peut rapidement plus et je m’esquive

dans ma tête, la boucle se boucle. Il faut que je trouve un boulot avant l’hiver sinon je vais mourrir étouffé dans mon petit appartement sans la rue et les parcs ou aller prendre des marches, sans le boulot pour te fournir une caverne différente ou aller t’enfermer. J’arrive à reculons chez moi, mets mon vélo sur la galerie, j’entre et m’arrête dans le salon, regarde un peu autour… c’est grand chez moi, je peux me calmer je crois.

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