Amygdale, 13/03/2008 [Préparations au voyage vers Mars]

Dès que mon chat, adopté récemment, se trouva à son aise dans sa nouvelle demeure, il se mit à la tâche d’arpenter le territoire et de poursuivre des objets réels ou imaginaires. C’est quand j’ai constaté que Minou (ainsi l’appelai-je) ne miaulait pas, mais roucoulait, que j’ai su qu’il était destiné à la voie des airs, et même à l’aventure spatiale. J’ai donc aussitôt pris sur moi de commencer son entraînement, ayant décidé de l’emmener avec le reste de l’équipage visiter les flancs de l’Etna.

La nourriture pour chat est en tout point semblable à la bouffe d’astronaute ; ce ne devrait donc pas présenter d’inconvénient particulier dans l’espace. Quant à la question sanitaire, j’estime simplement que nous avons là un défi de taille, mais non pas impossible à résoudre, pour l’ingéniosité humaine. Ensuite, vient la question des poils et la possibilité d’obstruction du système d’aération, car Minou est duveteux. Pour cela, je ne vois qu’une solution: la coupe caniche.

Cependant, ce sont les aspects physiques et psychologiques de cette entreprise qui accaparent le plus de mon attention. Que fait un chat en apesanteur? Va-t-il virevoleter sans relâche dans la soute à bagage ou bien va-t-il apprendre à se mouvoir habilement, usant de ses griffes pour se riveter aux parois du vaisseau? J’ai pensé que l’on pourrait recouvrir des sections entières de l’appareil de velcro, qui est après tout une invention d’astronaute pour les astronautes, comme le duckt tape.

Je ne sais trop comment envisager ces difficiles questions et je crains de vous ennuyer à force de détails techniques. Je songe au plaisir et au réconfort qu’apporterait un animal de compagnie pendant la durée du voyage. Songeur, je le vois déjà sauter sur le tableau de bord et faire dévier notre trajectoire en toute innocence. Égoïste cependant, j’ai peine à songer aux séquelles dont pourrait souffrir un animal ayant passé le tiers de son existence dans l’espace restreint d’un engin spatial. Je suis pourtant persuadé qu’il s’y plairait, passant le plus clair de son temps devant un hublot, à se faire dorer sur le dos par le rayonnement cosmique…

Commentaires:

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire