Poufiasse, 25/10/2008 [Cool is Class War]

Été 2008, picnic électronique.

Pour une raison ou une autre, je suis vraiment en feu. En fait, je suis une force qui va. C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Zola. Je tombe sur un DJ qui me donne une étrange impression de déjà-vu. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, étant pas mal passé à côté de la scène rave, électronique, tout ca. J’ai de la chance, le gars aux tables (BLISS) tombe vraiment dans mes cordes. Il y en a que ça pas l’air à faire kiffer, mais moi, j’ai rien contre le breakbeat et je vois pas pourquoi je me plaindrais d’un DJ qui assure.

En feu donc. Ca doit faire 2-3 heures que je danse solide. On va chercher ses endorphines où on peut. Il fait chaud, mais surtout humide. Ca fait déjà 2 litres d’eau que je m’enfile et que je transforme en eau salée. J’en ai un peu marre d’avoir les yeux qui piquent. Je me débarasse de mon T-Shirt: faut que je m’essuie la face. J’entre dans un manège qui consiste à danser jusqu’à ce que les yeux me piquent, pour ensuite m’essuyer la face avec le fameux t-shirt qui pend maintenant à ma ceinture.

Entre deux succèes reggaeton, une grande rousse s’approche de moi, visiblement mal-à-l’aise. C’est assez clair qu’elle cherche à me dire quelquechose. Je me dis que c’est assez dommage, parce qu’elle me fait exactement l’effet contraire que les grandes rousses me font d’ordinaire. Poliment mais sans en avoir trop envie, j’arrête de danser sec et je lui souris, histoire de la mettre à l’aise. Si ca se trouve elle va me dire qu’elle a trouvé mon verre de contact.

Je me pose la question elle a quel âge pour être coincée de même. Le temps fige quelques secondes. Cette fille ne sait plus pourquoi elle voulait m’aborder. Elle semble réaliser de seconde en seconde qu’elle est sur le point de s’humilier, ne sachant pas trop quoi me dire, mais cherchant fort. Je peux presque l’entendre penser: t’esconnet’esconnet’esconne, dit kekchose enwèye. J’essaie de l’aider en lui donnant une porte de sortie: voulais-tu me demander quelquechose.

La face qu’elle me fait me donne l’impression d’avoir flashé mes hautes dans la face d’un chevreuil. J’entends ses neuronnes spinner: elle cherche vraiment quelque chose à dire. Puis bing! Ca lui vient:

-Il fait vraiment chaud, est-ce que je peux m’éponger le visage avec ton T-shirt. 

Je sais pas si c’était ses paroles exactes, mais c’est ca que ca voulait dire.

-Lâche-toi l’ourse que je lui ai dit, mort de rire; lui tendant ausi sec le t-shirt humide.

En une seconde, son visage a disparu dans mon t-shirt. Audacieux que je me suis dit. Ceux qui me connaissent vont me comprendre. Le temps a comme figé.  Je pouvais l’entendre penser: mais qu’est-ce que tu fais un dimanche sur l’ile STHélène, à t’essuyer la face dans la sueur d’un étranger, à pas savoir quoi dire. Rassemblant sa dignité, elle m’a refilé le T-Shirt, davantage humiliée que comblée.

Commentaires:

  • Commentaire par rah, 25/10/2008:
  • que d’insouciance quant aux échanges de fluides corporels. on a pas vu ça depuis les swinging seventies.

    dans 15 ans, lorsque ta flore corporelle aura conquis la moitié de la biosphère (croyez-moi chers membres du Front, elle est assez tough pour ce faire) on se servira de cette anecdote pour éduquer nos progénitures sur les dangers de la promiscuité.

    pis jai pu djobbe cibole, pu djobbe. m’a pourvoir borcher des FAScicules et écrire des cools is class wars qui racontent des affaires que je fais vraiment. enfin.

  • Commentaire par Poufiasse, 26/10/2008:
  • Et l’idiot sentit le doigt…

  • Commentaire par Amygdale, 26/10/2008:
  • Lâche-toi l’ours, la rousse. C’est vrai que ça laisse perplexe, cette anecdote. Ma seule observation serait que les rapports humains suivent une économie qui, des fois, arrive short.

  • Commentaire par Poufiasse, 26/10/2008:
  • En fait, c’était pas une rousse, mais plutôt une redhead.
    C’est un détail qui, à mon avis, rend l’anecdote encore plus marrante. On imagine d’ici les commentaires suraïgus de ses copines:
    -You did WHAT!? OMG!

    Au risque de passer pour raciste, je pense qu’une francophone aurait pu s’éviter du musc dans face avec un simple ” ah pi laisse donc faire…”

  • Commentaire par Zepoulpe, 27/10/2008:
  • M’est arrivé la même chose au Bal en blanc avec un dude et je ne portais même pas de t-shirt…

    Total torrent of pure awkwardness.

  • Commentaire par Poufiasse, 28/10/2008:
  • Qu’est-ce qu’il t’a dit: Scuze, j’peux-tu m’essuyer avec ta face ?

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