Bébé astronaute, 23/06/2008 [Actions stupides]

Parmi les plus légendaires et embryonnaires actions stupides auxquelles je pris part jadis, d’aucuns se souviendront de ce que l’on appelait à l’époque les “liquéfactions”. Remarquez que dans le choix de leur vocabulaire, les futurs activistes du FAS avaient déjà quelques atomes crochus. Alors que la plupart des autres adolescents de l’école étaient occupés à essayer d’avoir l’air cool, plusieurs amis et moi tâchions systématiquement d’avoir l’air cons.

Parmi nos stratégies de prédilection, les “liquéfactions” consistaient à réunir quelques dizaines de personnes prêtes à s’allonger sur le sol côte à côte, puis de convaincre la première personne au bout de la rangée qu’elle devait rouler sur elle-même par-dessus toutes les personnes alignées et aller choir à l’autre extrémité, geste qui devait être répété à l’infini par chacune des personnes dans la rangée jusqu’à ce que le son de la cloche, la fin du gazon pour l’asphalte ou autre chose d’incongru vienne briser cette chaîne humaine spectaculaire. Alors que graduellement nous nous lassions du caractère trop strict et organisé des “liquéfactions”, cet autre chose se définit rapidement sous l’appellation de “combats d’obèses”, durant lesquels les participants devaient tout simplement se jeter en tas les uns sur les autres jusqu’à épuisement. Vous voyez que déjà, nous n’avions rien à envier aux artistes de performance qui prolifèrent de nos jours comme des drosophiles dans un bol de fruits.

À l’occasion, il nous arrivait de tenter de déconstruire le monde rigoureusement structuré du sport en déclenchant des parties spontanées de “catch-poulet”, régies par l’unique règle qu’elles devaient se jouer avec un poulet en caoutchouc. Les joueurs devaient tout simplement essayer d’empêcher les autres d’attraper le volatile en s’enfuyant avec. Afin d’éviter l’inévitable, lorsqu’ils étaient assaillis, la plupart s’en sortaient en lançant le poulet au bout de leurs bras dans une direction impromptue et en partant à courir le plus vite possible pour le rattraper avant les autres. Évidemment, il nous arriva à quelques reprises de faire accroc à la règle et de remplacer le gallinacée par un briquet.

Habituellement, ces édifiantes activités étaient ponctuées de séances de “grasso-massage”, où l’on se frottait mutuellement et vigoureusement le gras de bras dans l’espoir d’activer les traces de THC stockées dans nos cellules adipeuses et accessoirement soulager nos corps endoloris.

Bien sûr, nos actions stupides n’étaient pas limitées à la cour d’école. Au prochain épisode, les “lobotomies”, “l’édifice-labyrinthe” et “l’élastique de 50 m de long”.

Commentaires:

  • Commentaire par Amygdale, 24/06/2008:
  • Wow. Memories. Il y avait aussi «grrre!» un jeu où les participants évoluaient dans des sacs de couchage et dont l’objectif était de mordre à pleines dents dans tout ce que l’on pouvait saisir à cet état larvaire. Stupide = douloureux.

  • Commentaire par poufiasse, 25/06/2008:
  • Catch-poulet est le seul sport plus simple à pratiquer que le foot.

  • Commentaire par Al_Akhim, 25/06/2008:
  • À ma polyvalente nous dépensions nos après-midi à tyranniser les responsables de la radio-étudiante qui se trouvait à côté du banc où pendant 5 ans nous hangniâmes. D’ailleurs ce banc nous l’avons démonté et j’en ai encore une de ses vis. Il ne fut jamais réassemblé.

  • Commentaire par bébé astronaute, 25/06/2008:
  • hangniâmes! hmm-hmm.

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