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Les annales du FAS

Le site des sympathisants du Front d’Action Stupide pour un quotidien délirant

Pratique :

Actions directes pour un quotidien délirant.

Mysterious , 26 novembre 2008

Communiqué, pour diffusion immédiate.

Expozine 2008, le septième salon annuel des fanzines, bandes dessinées et petits éditeurs aura lieu les samedi et dimanche 29 et 30 novembre, de 12h à 18h, au 5035, rue Saint-Dominique (Église Saint-Enfant-Jésus, entre Laurier et Saint-Joseph, métro Laurier). Comme d’hab, le FAS y sera.

Des activistes du FAS, en tenue de ville ou de campagne, y vendront (à perte) les fascicules suivants :

• Spécial Julia Kristeva ;

• Spécial non apprivoisable et non domesticable ;

• Spécial hé, hé, hé…

• Spécial baleiner l’imbaleinable ;

• Spécial André Serouille ;

• Spécial « Probable, mais dégage. »

Mjack exposera aussi ses nouvelles sérigraphies d’activistes en action.

Notre table d’exposition sera un lieu ouvert où il nous fera plaisir d’accueillir différents activistes et sympathisants du FAS : Poufiasse, Rhaaaa(rgl), Clark Gabeul, Sire d’oneilles, Bébé Astronaute, Robodrigue et tous les autres, soyez des nôtres ! C’est l’occasion rêvée de signer des dédicaces à vos fans en furie.

Sera, par ailleurs, annoncée la sortie prochaine des 3 premiers livres du FAS, constitués à partir de textes puisés sur nos annales :

• Tome 1: Le Quotidien délirant ;

• Tome 2 : Vers un nouvel exotisme ;

• Tome 3 : Le Continent de plastique.

Chers fasciens et fasciennes, à quoi bon en douter : nous vaincrons !

En direct de mon quotidien délirant:

Fonctionnaire de prêts et bourse, de Québec:ca va nous prendre des preuves que vous subveniez a vos besoin durant ces deux périodes d’un mois
moi:je vous déjà envoyer une déclaration solennelle, v’là 2 mois et c’est tout ce que vous m’avez demander.
Fonctionnaire de prêts et bourse, cosanguin:Ça vaut rien une déclaration solennelle, tout le monde peut en faire une…
moi:Pourquoi vous m’en avez demandez une d’abord? C’est assez bon pour voter, c’est un document juridique.
fonctionnaire sphincter: Meme un jeune de 18 ans qui sort de chez ses parents peut faire une déclaration…
Moi: êtes vous en train de m’accuser d’avoir menti sous serment?
Gars de Québec:…
—————————-
Filles des cartes étudiantes; votre permis est échu
Moi:ben là c’est une pièce d’identité avec mon nom, mon adresse pis ma face dessus
FDCE: ca va me prendre une carte valide
Moi:je vais renouveler mon permis quand je vais recevoir mes prêts et bourses quand je vais avoir ma carte étudiante pour aller leur gueuler dessus
FDCE:…ca va être correct…
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Quelqu’un à un t-shirt de Valery Fabrikant à me prêter…

mjack , 22 novembre 2008
Enregistré dans : activités culturelles cool

Je ne suis pas allé lire les personals de craigslist plus loin que celles qui ont été citées sur les annales. Ce que j’ai lu m’avait l’air d’une recette secrète pour une déprime solide. J’imagine les filles cachées derrières leur clavier, rêvant du gars qui va partager ses air miles avec elles…
Une petite fringale et elles sortent s’acheter des gogosses bio pas cher au segal, mon épicerie préférée. Là, les commis s’engeulent entre eux dans un mélange anglais/whatever; les marchandises en over sont placées au millieu des allées et cotoient les poubelles pleines de légumineuses; ce qu’on entend le plus souvent c’est excusez/sorry, alors que les client qui on l’air de vivre dans le mile-end se frottent involontairement les surfaces.
Je retourne chez moi, sur internet, les images ont envahi les annales du front d’action stupide. Qui a montré à tout le monde en même temps le bouton en haut à droite dans l’éditeur visuel?

Cette fois c’est confirmé, Adolf Hitler était mono-testiculaire. C’est ce que reporte le journal anglais The sun. Le leader nazi aurait perdu un testicule pendant la Bataille de la Somme de 1916, selon un document retranscrivant une conversation datant de 23 ans auparavant entre un médecin allemand, Johan Jambor, et son prêtre Franciszek Paawlar. http://expresse.excite.fr/news/2766/-Hitler-etait-monotesticulaire-


Pour ceux qui l’ignorent, FAS-rencontres en vrai, c’est les personals de Craiglist. En cherchant l’âme-soeur essayant FAS-rencontres,  j’ai trouvé cette jeune dame qui capture presque parfaitement et à son insu, l’esprit du cool is class war.
***
W seeks M: a recovering hipster/indie kid - 22 (trendy capital
Yes, it’s true. 
No I am not recovering from a drug addiction, alcoholism, or being a shopaholic. I am recovering from years of hispter-ism. 
///
I realized this a couple weeks ago…looking around my trendy Plateau neighbourhood, that I did not want to be defined by my skinny jeans and extensive American Apparel collection. 
I am sick of trying to give a shit about the new trendy, electro-synth-80’s inspired bands. I no longer want to think about buying those Matthew-Good style black rimmed glasses. I do not want to fit in at Urban Outfitters, or any other trendy bars/clubs. 
///
But my addiction to you, oh hipster world, is strong. 
///\\\\\\\
I love the way my skinny jeans rub my legs, and how I have spent hundreds of dollars buying over-priced American Apparel t shirts and sweaters. Oh hipster indie scene, you empty my bank account in a way that soothes my constant hangover. Pabst Blue Ribbon, you have been my close friend…and I feel so cool drinking you it’s like a gift from our proverbial God, which I assume to be that giant cross JUSTICE has. 
BUT ALAS 
/////
I cannot do you anymore. I have a problem, or I haz a problem. Oh LOLCATS…at least my addiction to you is pure and simple. 
I don’t want to pretend to be vegan. I don’t want to have a trendy haircut or listen to the new raaadddd bands. 
////\\\\\
So there. 
Hispter indie kids need not apply. I do not want to sit in your apartment and talk about how cool ____________ band is, and drink cheap disgusting Papsmear blue ribbon. 
But I DO………..damn you indie hipster scene…..DAMN…YOU

Je ne me rappelle plus où j’ai trouvé ce bijou.

Poufiasse , 14 novembre 2008

-Donc Monsieur, vous avez bien compris les particularités relatives au 9-1-1 de la téléphonie IP ?

-Oui, je dois attendre cinq jours ouvrables avant d’appeler le 9-1-1.

-Parfait. Les frais de branchement sont de soixante dollars. Voulez-vous profiter de la visite d’un technicien, c’est gratuit.

-Madame, pour soixante dollars, je vais prendre la visite gratuite du technicien.

***

Je m’ennuie déjà de cooptel.

Mysterious , 8 novembre 2008

Zepoulpe , 2 novembre 2008
Enregistré dans : Cool is class war

L’autre jour, j’ai commencé à prendre des antibiotiques pour une infection hypothétique. La docteure - une jeune femme de même pas 30 ans assez cute mais sexuellement drabbe - m’a dit que mes douleurs étaient probablement causées par une infection, mais qu’il n’y avait aucun moyen de le savoir. Pour traiter le problème, on allait utiliser une technique chère aux théologiens scolastiques du XIIIe : prouver l’existence de quelque chose par l’impossibilité de sa non-existence.

- Si les antibiotiques marchent, c’est que vous souffrez bien de ça.

J’avais comme l’impression d’être entre les mains d’un aveugle qui cherche son deuxième bas noir dans son panier à linge sale pendant une panne d’électricité. Mais bon, qui suis-je devant la science moderne?

J’allais quitter le bureau quand la doctoresse – celle à qui il va bien falloir que je montre ma gueraine un jour puisque elle est mon médecin de famille – s’est retournée le visage vers moi et m’a dit :

- Ah oui, une dernière chose : pas du tout d’alcool durant le traitement.

- « Pas du tout » dans quel sens?

- Est-ce qu’il y a vraiment plusieurs sens?

- Bien sûr ! Il y a « pas du tout » dans le sens de ça nuit vraiment au traitement, mais tout le monde est libre de faire ce qu’il veut à cause de la constitution; il y a aussi « pas du tout » dans le sens de ta maman te fait dire que c’est mieux pas; et il y a aussi « si tu prends une goutte, tu meurs par desquamation. »

- Ça serait plus proche du 3e.

- Shit.

Le problème, c’est que l’Halloween approche et que c’est de loin la période de l’année où les partys sont les plus cool (et nombreux). À Noël ou au Jour de l’an, les gens sont souvent dans leurs familles ou partis à l’étranger. Par contre, fin octobre, les étudiants sont en mi-session, les travailleurs sont gris-vert et le temps n’est pas idéal pour un tour de la Gaspésie sur le pouce. En plus, la fête des morts était l’unique prétexte dont les filles avaient besoin pour assumer pleinement leur déguisement de tiret-pute : pirate tiret pute, vampire tiret pute, princesse tiret pute, docteur tiret pute, etc. Ça donne droit à un spectacle inspirant de chair et de sang.

Well, que je me dis. Je fumerai des joints ou je boirai des red-bulls pour le frisson.

Le party en question est Le party du boucher™ et se déroule chez A* (qui a déjà fait l’objet d’une mini-biographie dans ses pages. Voir ici). Normalement, c’est relax, il y a environ entre 300 et 400 personnes et la police n’ose plus intervenir par peur d’un putsch. C’est sur 3 appartes, séparés selon le type de drogue prise par la majorité : pot (en bas), speed et extasy (au milieu) et quelque chose d’autre de très bizarre (en haut). Évidemment, le milieu est le plus dansant et l’apparte du bas, celui où il se dit le plus de choses du genre « heille dude, est-ce que t’a vu l’autel en l’honneur du décès de Ricky Martin? »

Bon, donc on arrive vers 23h. Il n’y presque personne – même pas 150 - et la musique arrache vaguement la tapisserie. Je n’ai pas bu du tout pendant le souper qu’on a eu chez des amis. Par contre, eux se sont savamment et avec un très beau sens du devoir pinté dans ma face au vin rouge/gin tonic. Je suis un peu edgy à cause des 6 ou 7 red-bulls que je me suis claqués (il m’en reste 4 autres) et mon déguisement de cow-boy/redneck/zombie ne parvient pas à masquer mon irritabilité.

En plus, contrairement à d’habitude, on dirait que j’agis comme un super-magnet pour toutes ses âmes esseulées : tout le monde vient me voir, on veut me parler, me toucher, m’embrasser (malgré mon maquillage qui coule); les inconnus demandent à d’autres inconnus qui je suis, on semble me connaître par réputation (!), on veut comprendre tout cette énergie bouillante que je dégage (j’ai beau dire que c’est le red-bull, mais on veut en savoir plus). Bref, on fait la queue pour me proposer du feu.

En plus, tout le monde me propose du scotch de 45 ans, du vin de glace de Sibérie, de la vodka de bison au nom imprononçable, un verre de Château Margaux 1961 « un vin bâti pour l’éternité »; de la coke qui vient directement du pusher des stars, de l’extasy pure, du haschisch libanais, de l’opium afghan, des speeds qui te donnent le goût de toutte, des cigares Diplomatico # 5, du mush des Îles-de-la-Madeleine…

J’ai comme les dents serrées et je me contente de branler la tête sur le rythme de « La poupée qui fait non ». Les filles sont de plus en plus saoules et me confient leurs derniers coups de cœur et leurs derniers coups de bite. J’ai désormais les dents full serrées et je hoche la tête sur le rythme de « Si j’avais un marteau ». J’ai presque fini mon dernier red-bull et il n’est même pas 1h. Les gens dansent en faisant des gestes obscènes, rien de bien nouveau quand t’as pas bu du tout.

Soudain, mon regard croise les yeux d’une fille déguisée en infirmière tiret pute. Elle a des porte-jarretelles apparents, des seins partout devant elle et un sourire de Mona Lisa tiret pute. En regardant mieux, je me dis que cette nurse en manque me dit quelque chose. Mais il y a tellement de monde que je pense reconnaître que ça veut rien dire. Déjà j’ai vu le gars de la quincaillerie qui m’a dit s’appelé Le-gars-de-la-quincaillerie (sic), la serveuse du Billy Kun, le criss de cycliste frisé blond à pédales à clip, le chien de ma voisine et le cassier heureux d’être content de chez Canadian Tailleur… Mais en regardant bien, mon cœur s’arrête entre deux battements, juste le temps pour lui de dire « what the f ?!? » : ben oui, c’est ma docteure !! Elle est plus bourrée que Bourriquet (tiret pute) et compte tenu de sa coordination, je ne lui demanderais pas de m’enlever une écharde ou de procéder à ma vasectomie.

Je m’approche d’elle et j’enlève mon masque. 2 minutes 30 plus tard, elle me reconnait et me dit en lettres attachées :

- Monsieur R* ! Est-ce que vous avez respecté la consigne?

- Oui, je suis au red-bull (geste du doigt).

- Vous ne devriez pas, c’est bien pire que l’alcool avec vos antibiotiques.

- Oups.

- C’est correct. Juste à pas le dire à votre docteure…

- Bouche cousue.

Je suis rentré chez moi les dents serrées par la caféine en comptant les étoiles du ciel… deux fois.

Poufiasse , 25 octobre 2008
Enregistré dans : Cool is class war

Été 2008, picnic électronique.

Pour une raison ou une autre, je suis vraiment en feu. En fait, je suis une force qui va. C’est pas moi qui l’ai dit, c’est Zola. Je tombe sur un DJ qui me donne une étrange impression de déjà-vu. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, étant pas mal passé à côté de la scène rave, électronique, tout ca. J’ai de la chance, le gars aux tables (BLISS) tombe vraiment dans mes cordes. Il y en a que ça pas l’air à faire kiffer, mais moi, j’ai rien contre le breakbeat et je vois pas pourquoi je me plaindrais d’un DJ qui assure.

En feu donc. Ca doit faire 2-3 heures que je danse solide. On va chercher ses endorphines où on peut. Il fait chaud, mais surtout humide. Ca fait déjà 2 litres d’eau que je m’enfile et que je transforme en eau salée. J’en ai un peu marre d’avoir les yeux qui piquent. Je me débarasse de mon T-Shirt: faut que je m’essuie la face. J’entre dans un manège qui consiste à danser jusqu’à ce que les yeux me piquent, pour ensuite m’essuyer la face avec le fameux t-shirt qui pend maintenant à ma ceinture.

Entre deux succèes reggaeton, une grande rousse s’approche de moi, visiblement mal-à-l’aise. C’est assez clair qu’elle cherche à me dire quelquechose. Je me dis que c’est assez dommage, parce qu’elle me fait exactement l’effet contraire que les grandes rousses me font d’ordinaire. Poliment mais sans en avoir trop envie, j’arrête de danser sec et je lui souris, histoire de la mettre à l’aise. Si ca se trouve elle va me dire qu’elle a trouvé mon verre de contact.

Je me pose la question elle a quel âge pour être coincée de même. Le temps fige quelques secondes. Cette fille ne sait plus pourquoi elle voulait m’aborder. Elle semble réaliser de seconde en seconde qu’elle est sur le point de s’humilier, ne sachant pas trop quoi me dire, mais cherchant fort. Je peux presque l’entendre penser: t’esconnet’esconnet’esconne, dit kekchose enwèye. J’essaie de l’aider en lui donnant une porte de sortie: voulais-tu me demander quelquechose.

La face qu’elle me fait me donne l’impression d’avoir flashé mes hautes dans la face d’un chevreuil. J’entends ses neuronnes spinner: elle cherche vraiment quelque chose à dire. Puis bing! Ca lui vient:

-Il fait vraiment chaud, est-ce que je peux m’éponger le visage avec ton T-shirt. 

Je sais pas si c’était ses paroles exactes, mais c’est ca que ca voulait dire.

-Lâche-toi l’ourse que je lui ai dit, mort de rire; lui tendant ausi sec le t-shirt humide.

En une seconde, son visage a disparu dans mon t-shirt. Audacieux que je me suis dit. Ceux qui me connaissent vont me comprendre. Le temps a comme figé.  Je pouvais l’entendre penser: mais qu’est-ce que tu fais un dimanche sur l’ile STHélène, à t’essuyer la face dans la sueur d’un étranger, à pas savoir quoi dire. Rassemblant sa dignité, elle m’a refilé le T-Shirt, davantage humiliée que comblée.

Amygdale , 18 octobre 2008

Cédrika

Commotion dans les médias
On a perdu la petite Cédrika
Chacun cherche à la retrouver
Mais nul ne sait par où commencer

(Refrain)
Cédrika, Cédrika, oh toi ma petite Cédrika
Je t’ai cherché partout partout
Cédrika, Cédrika, oh toi ma petite Cédrika
Dans les forêts dans les égouts

J’ai arpenté tous les terrains vagues
Je suis descendu dans tous les ravins
À la recherche d’un collier d’une bague
Que tu portais mais c’était en vain

(refrain)
À voir toutes ces affiches partout qu’on plaqua
Il est évident que la nation entière
Cherche à te retrouver ma petite Cédrika
Mais moi je crains que tous désespèrent

(bridge)
J’ai enfin trouvé ma petite Cédrika
Car un ange m’a dit où te chercher
Et je n’ai eu qu’à me retourner
Pour tout de suite crier « eurêka ! »

(refrain)
Je me suis tourné vers l’intérieur
Tu étais cachée au fond de mon coeur
Je cherche maintenant le coroner
Qui t’en sortira au journal de sept heure

Rhaa , 9 octobre 2008

Percussions Agricoles.

Anyone remembers the Angry woman on Bernard street that would spew her hatred for men and patriarchy by yelling at strangers ? Man she was loud. Yelling “BLOODSUCKING VAMPIRES” was pretty much her typical opener as strolled in the café with comtempt in her eyes as fierce as her longing for cafeine.

I remember how funny it was to see the difference between patrons startled by her loud, loud i’m-crazy-out-of-my-mind feminist rants; and regulars from the café who would just continue reading their paper as if that woman going berserk ValeriFabrikant-style was just a normal daily happening. It actually was.

The secret was not to make eye-contact and let the guys from the café deal with her. She was nicer to them. She knew if she started going into a fit before she got her coffee; they would not let her have it. I guess paranoid delusions are like cigarettes: they taste better with coffee.

Anyway’s, I’m pretty sure I saw her on St-Laurent this week. She was’nt yelling. Staring at her, realizing who she was, I braced instinctively for the flow of insults that I knew would surely come my way as we’d make eye-contact.

No thousands of years of male oppression were put on my shoulders that morning.Nor was I referred to as a  bloodsucking vampire.

I believe she actually smiled back at me.

Poufiasse , 27 septembre 2008

Je m’approche d’un couple assis sur la terrasse du café Méliès, une cigarette dissimulée dans la main. Arrêté à leur hauteur, j’observe la dame qui observe son café. Je prends une seconde pour me demander lequel est absorbé par l’autre, puis me tourne vers l’homme. Je croise son regard ;  il me tend son briquet d’un geste automatique.

Comme j’étais d’humeur allègre, je lui ai répondu sur un ton particulièrement cordial.

-Monsieur, vous avez lu dans mes pensées.

Plus allègre que moi encore, sur un ton qui eclipse ma propre bonne humeur:

-Ah-Ha! Tu le savais pas que j’avais un double-sens !

-(…)

bébé astronaute , 26 septembre 2008
Enregistré dans : FAS - Rencontres, vol de contenus

Enfin la paix entre Amygdale et Robodrigue!

http://www.geocities.com/Colosseum/1133/

Amygdale , 22 septembre 2008

C’était au temps des récoltes.  Tandis que la nature exhibait, sur les étalages des marchés, son inquantifiable prodigalité, A* lui, en était réduit à une extrême frugalité.  Il était progressivement devenu allergique au travail.  Cherchant par tous les moyens à économiser le moindre sou, il avait pu constater combien les poivrons représentaient une aubaine à cette époque de l’année : on en vendait d’énormes paniers pour des sommes dérisoires, presque la moitié du prix courant.  S’il avait sû faire des conserves, A* en aurait sans hésiter acheté une grande quantité et les aurait mis en pot pour la saison rude qui approchait.  Mais il ne savait pas et d’ailleurs, son ex-petite amie était partie avec la batterie de cuisine.

Que fallait-il faire?  Comment laisser passer une telle aubaine?  À* cogita pendant des heures, des jours, sans trouver une solution à sa famine, jusqu’à ce que la réponse se présente en rêve. Dans ce rêve, il voyait des mains gantées blanches sur fond de drap noir manipuler un poivron, l’étirant à volonté en tous sens. Puis, un morceau de carton replié entrait en scène, dont les deux battants se déployaient lentement, révélant un tableau périodique des éléments. Comme en réponse à tous ses questionnements de cruciverbiste, ce tableau contenait la clé de l’énigme. La réponse était là : lui fallait un poivron extensible à l’infini, que l’on obtiendrait par des manipulations génétiques, voire physico-chimiques.  Mais comment réaliser une telle chose?  Qui avait les compétences — et la folie — pour seulement tenter un tel exploit?  Pour trouver la solution à ce problème, il fallut à A* bien plus qu’un rêve.  Il lui fallut un coup du destin.

A* était, certes, allergique au travail, mais il était également allergique à l’aide sociale, et pour vivre, il lui fallait du boulot.  Il travaillait actuellement comme concierge pour une compagnie qui l’envoyait faire le ménage un peu partout dans le quartier industriel de la ville.  Suite à des pressions syndicales exercées par des groupes de femmes, les concierges qualifiés uniquement en travaux légers gagnaient davantage que leurs homologues également qualifiés en travaux lourds. Sachant compter, A* s’en était tenu aux qualifications minimales.  Il travaillait donc uniquement dans les bureaux, pour un salaire légèrement plus élevé.  Cette fois, on l’avait envoyé nettoyer les locaux d’un laboratoire de recherche.  Il y travaillerait de nuit, mais il serait tranquille, son casque d’écoute sur les oreilles.

Il se rendit là et fit ce qu’il avait à faire, mais vers onze heures du soir, quelqu’un s’introduisit dans les locaux.  A* en était alors à sa pause et il entendit nettement quelqu’un tenter de crocheter la porte principale, et y parvenir!  Il eu la chaire de poule et pensa à s’enfuir, mais sa curiosité l’emporta. Il alla donc jeter un coup d’oeil et parvins à repérer un individu, visiblement âgé et frêle, déambuler dans les couloirs, tâtant une à une les poignées de porte.  Puis, le visiteur nocturne s’introduisit dans la cuisinette que A* venait de déserter.  Il vint à A* l’idée saugrenue de l’intercepter.  Il se posta donc à l’encoignure de la porte et attendit tranquillement que l’homme se retourne, ce qui fatalement se produisit, non sans désagrément pour l’intrus.  Après qu’il eut évalué ses chances de déguerpir à « assymptotiquement nulles », le vieux renard joua le bluff : en découvrant légèrement un sarrau qu’il portait sous son trench-coat, l’homme s’adressa à A* d’un ton condescendant, en lui demandant s’il y avait quelque chose qu’il pouvait faire pour lui être utile.  Mais A*, bien qu’il faillit mordre à l’hameçon, était encore trop stupéfait de cette rencontre pour répondre immédiatement. D’ailleurs, il avait bien entendu crocheter et vu l’homme à l’œuvre. Quelque chose ne tournait pas rond et pourtant, il n’avait pas l’autorité de faire quoi que ce soit.  Du reste, ce n’était pas dans son descriptif de tâches.  La seule chose que A* sû faire, ce fut de répondre par la réciproque, offrant en retour ses services à l’inconnu.

Le vieillard cogita un instant.  La situation pouvait se développer dans tous les sens; il fallait prendre les devants.  « Eh bien, dit-il d’un ton débonnaire, si vous pouviez m’aider les clés du labo, ce serait fort apprécié ».  « Je ne crois pas que vos chances soient de les trouver dans la cuisinette », repartit A*, dont le sens pratique était irréprochable.  La lumière de la lune, par une petite fenêtre à carreaux, parvenait jusqu’aux mains de l’intrus, qui tremblaient légèrement.  Était-ce la peur?  Était-ce la sénescence?

— Où donc se trouvent-elles », reprit le vieil homme.

— Je l’ignore.

— Vous mentez.

— Comment savez-vous?

— Vous clignez des yeux quand vous parlez.  Ah!  Si vous aviez ceux du pivert ou du cacatoès, vous pourriez me chanter tous vos airs sans que cela ne paraisse, mais là je vois.

— Mais… qu’est-ce que cela peut bien vous faire?  Et d’ailleurs, même si je le savais, pourquoi vous le dirai-je?

— Dites-le-moi, et je ferai de vous un surhomme, l’être humain de demain.

Un surhomme.  L’idée avait, pour certains esprits un peu roides, quelque chose de repoussant.  Cependant, dans sa situation, il était impossible à A* de se croire l’aboutissement de l’évolution. Aussi était-il tout disposé à croire à un humain de demain, mais un « surhomme »?

— Oui! Un être d’exception.  Un être dont toutes les faiblesses seraient transfigurées de façon magnifique, grâce à l’adjonction d’organes d’animaux parvenus au faîte de capacités spécifiques, dans des domaines de spéciation pointus dont la diversité ne connaît pas de limites. Vous pourriez voler aussi haut que l’aigle, plonger aussi profond que le cachalot et forniquer sans relâche, comme le babouin!

— Vous êtes une sorte de chirurgien esthétique, si je comprends bien?

— Je suis bien davantage que cela!  Je suis Eugène Nîmes!  Je suis un généticien visionnaire, doublé d’un praticien virtuose, cela va sans dire…

— Et vous pouvez tout pour moi?  Je veux dire: la matière n’a plus de secret pour vous?

— La matière?  Ne me parlez point d’atomes.  Je suis biologiste, mon savoir concerne le vivant.  Je suis le Karl Lagerfeld des tissus animaux, mais les collisions de particules, c’est pour les nuls.

— Ah.

— Quoi « ah »?

— Et bien, ce n’est pas clair votre histoire de surhomme. C’est que, vous savez, dans ma position, je suis plutôt subhomme, et franchir deux paliers comme ça, ça me donne le vertige.

— Ah, mais il est aussi bête que ce Euj!

— Quoi?

— Rien, je parlais à mon assistant.

Il n’y avait personne d’autre dans la pièce. A* poursuivi :

— Ce qui m’intéresse avant tout, voyez-vous, ce n’est pas de voler aussi profond que le babouin; pour cela j’attends la fin de la lutte des classes. Ce qui m’intéresse au plus haut point, c’est avant tout de manger à ma faim. Et pour cela, j’aurais cru que vous pourriez m’aider.

— Dites.

— Eh bien, j’ai eu cette vision voyez-vous, d’un poivron extensible à l’infini, que je pourrais sans cesse croquer et mâchouiller sans que jamais il ne perde en volume. C’en serait alors fini des disettes.

— Hum. Je vois. Mais ma spécialité, ce sont les tissus animaux. Quoique… Cela pourrait présenter un beau défi. L’avenir de l’homme serait-il végétal?

Le professeur Nîmes tentait d’évaluer les possibilités de constituer un végétal infiniment extensible. La forme du poivron avait quelque chose de la tête d’un zepoulpe; ses pensées se tournèrent naturellement vers le spécimen dont il était parvenu à produire une variété gigogne. D’ailleurs, s’il était possible d’implanter des gènes de crustacée fluorescent à des patates, pourquoi pas un gène de zepoulpe, caoutchouteux, élastique à souhait, à un poivron? Des ligues entières de crève-la-faim pourraient être rassasiées par ce produit peu coûteux en comparaison du zepoulpe, produit de luxe, toujours incessible aux classes laborieuses.

Par ailleurs, il avait semblé au professeur Nîmes, en observant une partie de rugby au cours de l’une de ses rares promenades de santé, que l’être humain bénéficierait grandement à développer son esprit de corps, sa capacité à se coaguler avec ses semblables pour exécuter une foule de tâches, jusqu’à s’échafauder les uns sur les autres pour atteindre, telles les fourmis magnan, des objectifs inaccessibles à l’individu isolé, aussi fort soit-il. Végétal et collectif : tel se devait d’être l’humain de demain. En se nourrissant de la sorte de végétaux modifiés pour accentuer leurs propriétés d’élasticité et de gluance, les hommes, par effet homéopathique, acquerraient les propriétés de ces végétaux transformés. Ils deviendraient eux-mêmes plus extensibles, plus souples, plus sociaux. Ne resterait dès lors plus qu’à leur assigner une grande tâche, à la réalisation de laquelle tendraient naturellement leurs nouvelles facultés.

— Ouvrez-moi ce labo, et vous aurez votre poivron, dit enfin le professeur Nîmes.

On a le beau jeu lorsqu’on place tous les politiciens dans le même panier. Dans le fond, moi je les aime bien. Surtout Jack. C’est qu’il m’envoie mensuellement une carte par la malle pour m’expliquer pourquoi Duceppe ne peut rien faire pour le Québec et à quel point Harpeur est méchant méchant. J’irais jusqu’à dire que je lui donnerais bien mon vote si les concepts de «Canada» et de «démocratie représentative» étaient signifiants. Récemment, j’ai eu  l’idée de lui envoyer une invitation à son bureau de Toronto. Je me suis dit que boire une bière avec Jack, ça doit être vraiment cool dans le sens class war. En tout cas, c’est un projet à réaliser dans un avenir rapproché.

Je disais que j’ai de la sympathie pour eux  (surtout Jack) parce que leur vie est pas facile, surtout quand vient le temps de répondre aux questions des journalistes. J’ai recueilli quelques perles lors de la conférence de presse qu’il a donné à Edmonton et qui avait pour titre (c’était ça que le ti-bandeau spécifiait en bas de l’écran) : plus de police pour combattre le crime.

Catégorie «toute est dans toute» ou «de quelle couleur est le cheval blanc de Napoléon»: Qu’elle est votre position sur la décriminalisation de la marijuana?

Catégorie «profession de foi» : Est-ce que vous croyez que la gêne occasionnée par la démission de vos deux candidats nuira à votre campagne?

À force de devoir répondre à ces deux mêmes questions en boucle pendant 10 minutes, Jack a effectivement fini par avoir l’air gêné. Ce que les journalistes n’ont cependant pas précisé c’est si cette gêne était le résultat du contenu des questions ou de leur forme. À vous de juger.

Touche-toi , 19 septembre 2008

Mercredi, je suis dans le Vieux-Port en train de bosser avec mon coloc. On pose des affiches moyennant un salaire de misère, mais on rigole bien. Une dame et sa fille passent à côté de nous et s’arrêtent pour nous parler. La dame: ” Vous auriez pas l’affiche de Beethoven par hasard?” Nous: ” Ben c’est quoi, c’est un concert, un disque?” Et elle nous répond, pas de joke, avec un air de dédain empreint de sympathie pour notre ignorance: ” Ben non, c’est un être humain.” ………

Mon nom est Conquête.
Avec mes amis Pestilence, Guerre et Mort nous chevauchons tranquillement. Nous tournons au coin de St-Denis et de Mont-Royal, les gens se retournent aux claquement des sabots. À notre passage, la nouriture se putréfie dans les restos, la peur s’insinue dans les cerveaux, la terreur s’empare des bobos.

Pestilence esquisse un sourire d’anticipation contenue, un sac de retailles d’osties dans sa main et il en brise le sceau.
Un bruit de tonnere fendit l’athmosphère.
Il regarde un graphiste emo et lui dit : « Viens et regarde».

Je sors mon arc et d’une flèche je transperce la tête de Richard Martineau et brise ainsi le deuxième sot.
Je dis à un acteur, surtout serveur : «Viens et regarde».

Guerre à son tour s’avance et dans un crescendo de hurlements venant de la foule qui s’agite comme une houle, la bousculade éclate, les rixes s’enveniment et il reçut une épée.
Il trépane Francis Ready du revers de la main avec une facilité étonnante et ainsi se brise le troisième sot.
Il accroche un DJ par le collet et lui dit : «Viens et regarde».

Mort s’avance tenant entre ses mains une balance électronique, «une ecstacy pour dix piasses et un backstage pour le bal en blanc à 280» dit-il «et les micro-brasseries et la S.A.Q ne seront pas touchées».
Il sort un ziploc et brise le quatrième sceau en disant à une hippie aux pattes velues : «Viens et regarde».

Les membres de l’élite voient l’enfer qui le suit alors que du ciel l’orage éclate enfin et ‘une pluie de pigeons morts s’abat sur le plateau . nous fime retentir le didjeridou et a notre suite, descendirent vers le sud pour se jetter dans le bassin du parc lafontaine remplit d’huile à lampe parfumé, pris dans une petite boutique, pour que puisse commencer l’autodafé

L’homme sans qualité, tome 1 :

“[...] Telles étaient les pensées d’Ulrich. Il roulait comme une vague parmi ses frères-vagues, s’il est permis de s’exprimer ainsi;et pourquoi ne serait-ce pas pas permis, lorsqu’un homme qui s’est usé à un travail solitaire retrouve la communauté, et le bonheur de couler dans la même direction qu’elle!

Dans de tels moments, l’on est aussi éloigné que possible de penserque la vie que les hommes mènent, et qui les mène, ne les concerne quère, ne les concerne pas intimement. Pourtant chque homme sait cela, aussi longtemps qu’il est jeune. Ulrich se rappelait ce qu’eût été pour lui, dix ou quinze ans auparavant, une telle journée dans ces rues. Toutes choses étaient, une fois de plus, tellement belles ; et pourtant, il y avait très nettement, dans bouillonnant désir, le douloureux pressentiment d’un captivité; le sentiment inquiétant que tout ce que l’on croit atteindre vous atteint ; le térébrant soupçon que les affirmations fausses, distraites, sans importance personnelle, auront toujours dans ce monde un écho plus puissant que les véritables, et les plus singulières.

Aronofsky, c’est le réalisateur de Requiem for a dream si ça vous permet de le replacer.

Le concept est vraiment cave en passant, je parles du concept de Robocop (cliquer sur ce lien pour une mise en situation du personnage), c’était plutôt, ouais, décevant, je voulais tellement le voir quand j’étais flo. À l’école tout le monde parlait de la première de Robocop à Super Écran, on venait tous de faire un revisionnement de Ghost Buster la semaine d’avant, il passait à Télé-Métropole, ça nous avait tous rapproché la classe de deuxième année “A” de Marie-Médiatrice. J’avais été couché chez un de mes potes du primaire pour le regarder - lui il avait super écran - et bon Dieu que j’avais été déçu! Mais quel imbécile ce robot; il y avait du mastic pour calfeutrer le vide entre son crâne et son affreux déguisement, l’acteur se déplaçait comme s’il était un robot, mais je savais bien qu’il avait séché ses cours de mime à l’école des acteurs. Tout était cheap, mais le topping sur le gâteau étai sa sale gueule d’homo à donner le goût de dégobiller toute la nuit je n’ai pas pu en dormir.

En me levant pour aller à la toilette, durant la nuit, il y avait l’oncle de mon ami qui habitait là en permanence (un joueur de Nintendo invétéré, maniaque de Nintendo, on l’avait déjà trouvé roupillant avec sa manette dans les mains devant son fétiche Zelda 2, je le trouvais dégoûtant), et bien ce salaud je l’ai croisé dans les toilettes et il portait un affreux genre de G-string crotté (on est en 87 à Pointe-Calumet) et il était passé devant moi à moitié nu, il s’en allait, résolu, regagner les bras de Morphée sous la musique redondante de Zelda 2 qui devait jouer en permanence dans ses deux oreilles. Je suis retourné en courant dans la chambre de mon ami en attendant que le jour se lève et que je puisse rentré chez moi, là où il n’y avait pas d’oncle oisif* ni de Robocop.

Voilà donc ce que je pense de Robocop, pour moi c’est ce raté d’oncle de M* qui était dans ma classe en deuxième année primaire. Alors Aronofsky t’as déjà un spectateur de moins dans ta sale salle de cinoche!

* J’allais avoir un oncle beaucoup plus oisif que l’oncle de M* qui allait venir hanter ma maison de l’âge de 11 à 14 ans.

Vous l’ignoriez peut-être, mais ben au nord de Montréal, dans le village de l’Anse Saint Jean, se trouve une cellule de sympathisants du front d’action stupide. Je vous transmet une communication reçue récemment:

Depuis quelques temps, sur la route pour le boulot, il y a des travaux assez longs. comme la distance est d’environ 3 km, il y a un véhicule escorte sur lequel on a fixé une grosse pancarte orange “suivez ce véhicule”.

À chaque matin je pense au gars qui conduit, à faire les même trois kilomètres aller-retour toute la journée à une vitesse moyenne de 20km/heure. pis ça me déprime un peu. je me demande chaque fois comment il peut trouver la motivation de passer à travers sa journée.

Hier je l’ai découvert. c’était écrit sur sa plaque d’immatriculation depuis le début : FAS 109.

Il n’y a qu’un seul monde.  Je fais partie de ce monde, j’en suis indissociable.  Je ne connais de ce monde que ce dont je fais l’expérience.  Pour moi, « le monde » et « mon expérience du monde » sont indiscernables.  Dans mon monde, je fais la rencontre d’autres individus, qui comme moi ont leurs perspectives propres sur le monde.  Comme je ne connais du monde que ce dont je fais l’expérience, je suis forcé de prêter mes expériences à ces individus pour les comprendre, et en particulier anticiper leurs influences sur ma vie.  Eux aussi m’aident à les comprendre sous la forme privilégiée, mais non exclusive, du récit de leurs expériences.  À partir de mon vécu, je reconstruis ces expériences et je les transpose sur l’idée que je me fais du vécu de mon interlocuteur.  Plus je souhaite connaître les autres, plus je dois enrichir ma propre expérience de matériaux qui servirons à ces reconstructions.  Plus je souhaite connaître un autre individu, plus je dois me l’approprier par ma propre expérience, directement ou indirectement.  Mais, plus il est miens, plus il devient imaginaire.

Publié sur Locus Solus.

Mysterious , 3 septembre 2008
Enregistré dans : Art is evil, vol de contenus

Ou c’est cet homme qui est le diable ?

Pouvez-vous le tolérer en tête d’affiche de nos annales?

Publierez-vous plutôt une série d’articles afin qu’il disparaisse au plus vite dans les latrines du FAS ?

En tout cas, son quotidien est pas mal délirant…
Art is evil?

Ensemble de chaises a jardin , 30 août 2008
Zepoulpe , 26 août 2008
Enregistré dans : Cool is class war

Plus je vieillis, j’ai noté, plus les jeunes prennent de l’âge. Bientôt, les jeunes auront 44 ans. Mais c’est de même la vie me dira-t-on : une foule d’affaires que tu sais pas pourquoi c’est de même. Comme par exemple pourquoi j’ai l’impression que tous les gens qui vont en Antarctique sont terriblement mal dans leur peau?

L’autre jour, S* et D* sont venus fêter quelque chose chez moi, la vie, l’amour ou que sais-je encore; bref, un de ces thèmes interdits dans les triviales poésies. Nous avions plutôt bien picolé, moi plus que les autres parce que je me respecte davantage, et en sortant le lendemain matin de ce soir-là, j’aurais préféré que le soleil call malade avec ses rayons qui me brûlaient les yeux. Les voitures faisaient, me semblait-il, un boucan de tous les enfers et un voisin, probablement heureux d’être content, jouait de la scie à métal comme pour se venger du silence.

Je m’étais réveillé avec une seule idée en tête : concocter une sauce à spagatte gi-gan-tes-que, avec des saucisses italiennes fortes, des champignons et des herbes fraîches. J’avais mis mes lunettes de soleil les plus foncées (celles avec lesquelles je regarde les éclipses et m’adonne parfois à la soudure décorative) et j’avançais pour ainsi dire à l’aveuglette, tâtant du pied le bout des trottoirs, histoire de ne pas me planter.

Les portes de l’épicerie se sont ouvertes automatiquement et j’ai pris un panier rouge avec le plus de désinvolture possible. Il y avait une machine à café qui pissait un genre de liquide brun-tiède et comme c’était gratos, je m’en suis servi un délicieux gobelet. Après une première gorgée difficile - après laquelle je me suis vomi une petite giclée amère dans la bouche que j’ai ravalée prestement - je me suis dirigé vers le département des viandes, mon endroit favori.

Du coin de l’œil, en haut à gauche de mes lunettes, j’ai aperçu comme du mouvement. En me retournant, j’ai vu le boucher, un petit trapu vêtu comme il se doit d’une serviette sanitaire usagée, un wrapper de 11 ans et demi et quelque chose comme un gérant (les seuls qui dans une épicerie sont habillés pour aller à des funérailles) qui s’approchaient de moi. Il se plantèrent à une distance réglementaire et le gérant s’adressa à moi :

- Monsieur, on pensait vous avoir bien spécifié de ne plus remettre les pieds ici.

Il y a eu comme un flottement pendant lequel je me suis demandé si c’était à moi qu’ils parlaient. Je me suis retourné pour voir, mais le steak haché dormait mi-maigrement derrière moi.

- Euh… Est-ce que je peux savoir c’était pourquoi déjà?

Le gérant a regardé le boucher qui a regardé le wrapper qui s’est regardé un bouton en train d’éclore.

- Monsieur R*, vous savez très bien pourquoi la direction a dû en venir à cette mesure. Votre comportement d’hier était inaceptable.

Merde, ils savaient même mon nom ! J’essayai de me rémémorer ma journée d’hier : lever, café, travail, branlette, dîner, branlette, travail, Facebook, souper, branlette. Rien de vraiment compromettant pour un gérant d’épicerie. Je me rappelle même plus être venu à leur ostie d’épicerie !

- Je pense que vous avez la mauvaise personne. Je ne suis même pas venu ici hier.

- Ah non? Et comment expliquez-vous ceci?

Il me tendit une feuille avec trois photos tirées d’une caméra de surveillance. Dans la première, on me voyait en train de lancer des cannes de conserve aux clients, dans la deuxième je semblais être en train de pisser dans l’aquarium des homards et dans la troisième, on me sortait manu militari de l’environ grâce aux concours de flics appelés en renfort.

Je me suis gratté la tête. Comment j’avais pu oublier cet événement? M’étais-je à ce point pinté?

- J’ai juste besoin d’une couple d’affaires, me laissez-vous 2 minutes?

- C’est hors de question. On vous demanderait de sortir immédiatement.

J’ai regardé les trois hommes, j’ai soupesé mes chances de leur en câlisser une (chances que j’estimais à “pas très bonnes”), puis je déposai mon panier rouge et décidai de me laisser guider vers la sortie, devant le regard apeuré de 8 caissières et de 7 homards.

Rendu dehors, je me suis dit : fuck, c’est plate d’être barré de l’épicerie la plus proche de chez vous. Puis j’ai repris ma marche vers l’avenue du M*-R* pour aller à l’autre épicerie (celle où j’espérais n’avoir pas été hier). Rendu devant chez les 4 F*, je vis le caissier, un grand baraqué avec un problème de boucles d’oreille, qui me regardait en secouant la tête. Lorsque je vins pour passer la porte, il sortit un batte de baseball de sous le comptoir et me cria :

- Toé mon osti, tu remets pu jamais les pieds icitte !

Je soupesai rapidement mes chances de lui en câlisser une (chances que j’estimais à “hasardeusement mauvaises”) et je décidai de quitter l’environ, toujours vêtu de ma dentition. Rendu dehors, je me suis dit : fuck, c’est poche d’être barré de la deuxième épicerie la plus proche de chez vous.

Je décidai de me rabattre sur la fruiterie Chez R* pour trouver de quoi faire ma délicieuse sauce à spag. Rendu devant la porte, j’observai la caissière que je connais assez bien (une certaine M* qui a l’accent de Saint-Eustache). Elle était en train de servir un client, j’ai donc hésité, puis j’ai décidé de pousser la porte. Quand la petite criss de cloche accrochée à la porte a fait cling-cling, M* (la caissière à l’accent aïgu) s’est retournée et le temps s’est mis à se dilater et M* s’est mise à crier tout en plongeant sous son comptoir :

- ALERTEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE…

J’ai figé ben raide. Au loin, en haut à droite de mes lunettes, j’ai vu le fameux R* sortir du backstore muni d’un 12-pompe à gros sel qu’il brandissait à la recherche d’une cible. Je soupesai rapidement mes chances de lui en câlisser une (chances que j’estimais à “asymptotiquement nulles”), je pris mes jambes à mon cou et repartis en catastrophe au grand galop vers chez moi. Devant chez moi, j’ai vu mon propriétaire avec deux gros gars qui sortaient mes meubles en les lançant dans un container et ma blonde qui cassait chacun de mes disques avec application. À la gueule qu’ils avaient, j’ai décidé de continuer mon chemin.

Parfois, ça suce vraiment d’être un sociopathe alcoolique.