background

Les annales du FAS

Le site des sympathisants du Front d’Action Stupide pour un quotidien délirant

Pratique :
vol de contenus :

c’est pas nous, c’est eux!

Cette fois c’est confirmé, Adolf Hitler était mono-testiculaire. C’est ce que reporte le journal anglais The sun. Le leader nazi aurait perdu un testicule pendant la Bataille de la Somme de 1916, selon un document retranscrivant une conversation datant de 23 ans auparavant entre un médecin allemand, Johan Jambor, et son prêtre Franciszek Paawlar. http://expresse.excite.fr/news/2766/-Hitler-etait-monotesticulaire-

Mysterious , 8 novembre 2008

Rhaa , 9 octobre 2008

Percussions Agricoles.

bébé astronaute , 26 septembre 2008
Enregistré dans : FAS - Rencontres, vol de contenus

Enfin la paix entre Amygdale et Robodrigue!

http://www.geocities.com/Colosseum/1133/

Sire D'oneilles , 19 septembre 2008

Mon nom est Conquête.
Avec mes amis Pestilence, Guerre et Mort nous chevauchons tranquillement. Nous tournons au coin de St-Denis et de Mont-Royal, les gens se retournent aux claquement des sabots. À notre passage, la nouriture se putréfie dans les restos, la peur s’insinue dans les cerveaux, la terreur s’empare des bobos.

Pestilence esquisse un sourire d’anticipation contenue, un sac de retailles d’osties dans sa main et il en brise le sceau.
Un bruit de tonnere fendit l’athmosphère.
Il regarde un graphiste emo et lui dit : « Viens et regarde».

Je sors mon arc et d’une flèche je transperce la tête de Richard Martineau et brise ainsi le deuxième sot.
Je dis à un acteur, surtout serveur : «Viens et regarde».

Guerre à son tour s’avance et dans un crescendo de hurlements venant de la foule qui s’agite comme une houle, la bousculade éclate, les rixes s’enveniment et il reçut une épée.
Il trépane Francis Ready du revers de la main avec une facilité étonnante et ainsi se brise le troisième sot.
Il accroche un DJ par le collet et lui dit : «Viens et regarde».

Mort s’avance tenant entre ses mains une balance électronique, «une ecstacy pour dix piasses et un backstage pour le bal en blanc à 280» dit-il «et les micro-brasseries et la S.A.Q ne seront pas touchées».
Il sort un ziploc et brise le quatrième sceau en disant à une hippie aux pattes velues : «Viens et regarde».

Les membres de l’élite voient l’enfer qui le suit alors que du ciel l’orage éclate enfin et ‘une pluie de pigeons morts s’abat sur le plateau . nous fime retentir le didjeridou et a notre suite, descendirent vers le sud pour se jetter dans le bassin du parc lafontaine remplit d’huile à lampe parfumé, pris dans une petite boutique, pour que puisse commencer l’autodafé

L’homme sans qualité, tome 1 :

“[...] Telles étaient les pensées d’Ulrich. Il roulait comme une vague parmi ses frères-vagues, s’il est permis de s’exprimer ainsi;et pourquoi ne serait-ce pas pas permis, lorsqu’un homme qui s’est usé à un travail solitaire retrouve la communauté, et le bonheur de couler dans la même direction qu’elle!

Dans de tels moments, l’on est aussi éloigné que possible de penserque la vie que les hommes mènent, et qui les mène, ne les concerne quère, ne les concerne pas intimement. Pourtant chque homme sait cela, aussi longtemps qu’il est jeune. Ulrich se rappelait ce qu’eût été pour lui, dix ou quinze ans auparavant, une telle journée dans ces rues. Toutes choses étaient, une fois de plus, tellement belles ; et pourtant, il y avait très nettement, dans bouillonnant désir, le douloureux pressentiment d’un captivité; le sentiment inquiétant que tout ce que l’on croit atteindre vous atteint ; le térébrant soupçon que les affirmations fausses, distraites, sans importance personnelle, auront toujours dans ce monde un écho plus puissant que les véritables, et les plus singulières.

Aronofsky, c’est le réalisateur de Requiem for a dream si ça vous permet de le replacer.

Le concept est vraiment cave en passant, je parles du concept de Robocop (cliquer sur ce lien pour une mise en situation du personnage), c’était plutôt, ouais, décevant, je voulais tellement le voir quand j’étais flo. À l’école tout le monde parlait de la première de Robocop à Super Écran, on venait tous de faire un revisionnement de Ghost Buster la semaine d’avant, il passait à Télé-Métropole, ça nous avait tous rapproché la classe de deuxième année “A” de Marie-Médiatrice. J’avais été couché chez un de mes potes du primaire pour le regarder - lui il avait super écran - et bon Dieu que j’avais été déçu! Mais quel imbécile ce robot; il y avait du mastic pour calfeutrer le vide entre son crâne et son affreux déguisement, l’acteur se déplaçait comme s’il était un robot, mais je savais bien qu’il avait séché ses cours de mime à l’école des acteurs. Tout était cheap, mais le topping sur le gâteau étai sa sale gueule d’homo à donner le goût de dégobiller toute la nuit je n’ai pas pu en dormir.

En me levant pour aller à la toilette, durant la nuit, il y avait l’oncle de mon ami qui habitait là en permanence (un joueur de Nintendo invétéré, maniaque de Nintendo, on l’avait déjà trouvé roupillant avec sa manette dans les mains devant son fétiche Zelda 2, je le trouvais dégoûtant), et bien ce salaud je l’ai croisé dans les toilettes et il portait un affreux genre de G-string crotté (on est en 87 à Pointe-Calumet) et il était passé devant moi à moitié nu, il s’en allait, résolu, regagner les bras de Morphée sous la musique redondante de Zelda 2 qui devait jouer en permanence dans ses deux oreilles. Je suis retourné en courant dans la chambre de mon ami en attendant que le jour se lève et que je puisse rentré chez moi, là où il n’y avait pas d’oncle oisif* ni de Robocop.

Voilà donc ce que je pense de Robocop, pour moi c’est ce raté d’oncle de M* qui était dans ma classe en deuxième année primaire. Alors Aronofsky t’as déjà un spectateur de moins dans ta sale salle de cinoche!

* J’allais avoir un oncle beaucoup plus oisif que l’oncle de M* qui allait venir hanter ma maison de l’âge de 11 à 14 ans.

Publié sur Locus Solus.

Mysterious , 3 septembre 2008
Enregistré dans : Art is evil, vol de contenus

Ou c’est cet homme qui est le diable ?

Pouvez-vous le tolérer en tête d’affiche de nos annales?

Publierez-vous plutôt une série d’articles afin qu’il disparaisse au plus vite dans les latrines du FAS ?

En tout cas, son quotidien est pas mal délirant…
Art is evil?

Ensemble de chaises a jardin , 30 août 2008

En règle générale, plus les animaux sont grands, peu vulnérables, bien protégés, ou même venimeux, plus ils peuvent s’exposer à de longues parades… L’homme est une exception, qui consacre une part non négligeable de son temps à ses relations amoureuses. Favorisés par une réceptivité féminine qui sort de l’ordinaire et par la prodigalité, même relative, des attributs mâles tant que femelles, le comportement humain offre de nombreuses originalités incitatrices.

- Jacques Legrand, Histoires insolites de la reproduction, p. 102, 1991

Une fable tirée de fables-saucisses, un recueil de Laurent Lussier illustré par Ariane Dénommé et publié par la maison rex. Ces écrits renferment l’essence de la catégorie «entomologicae bestiare» : un émerveillement assaisonné d’inquiétude devant l’étrangeté du minuscule.

Sa simple présence réjouit

L’oeil, la lune, les lèvres
de l’ermite, obélisque :
c’est dans un poème. Moustache
lit le soir à la Bibliothèque nationale.
Le chat Moustache.
Une poésie séduisante,
sensuelle et étrange à la fois.
Et Moustache disparaît
dans un réduit secret
grâce à un couloir dissimulé chez lui.
Il se lève et se dit à part soi :
soyons mystérieux.
Mystère = succès.
Des semaines de recherche en vain
jusqu’à ce que Moustache réapparaisse.
Le public est ému,
curieux : où était le chat, Le chat
disparu, revenu. Moustache
sourit incompréhensiblement.
« Je visitais le paramonde », explique-t-il.
Pendant ce temps-là, en Chine,
pendant ce temps-là, au Danemark,
des gens se téléphonent.
Une stratégie de communication qui réussit.
Moustache
exhibe ses bouts de spiritualité, parfois.
On veut être près de lui.
Assis quelque part, Moustache est assailli de questions.
Ou dans une voiturette
quand il traverse
en pleine nuit une foule d�admirateurs.
Sa simple présence réjouit les peuples de tous les pays
qui l’accompagnent
en scandant
son nom à l’unisson.

La littérature ne s’écrit pas que dans les livres. Elle se vit au quotidien et se manifeste dans les endroits les plus improbables. C’est un ami à moi (nous l’appelerons Lulu) qui m’a fait découvrir un auteur à la prose haletante dont les mots fendent la médiocrité du réel avec éclat et arrogance. Cet auteur puise à une source intarissable (l’urbanisme) pour relever le caractère délirant du quotidien et expose ses réflexions à la vue de tous, à même les très démocratiques consultations publiques organisées par la ville. Après avoir lu sa prose, je ferme les yeux, j’oublie l’horreur de la ville qui mange l’homme, de ses artères qui l’étouffent, de ses grattes-ciels qui l’écrasent et je rêve d’un monde brillant des mille éclats d’une boule disco où des oiseaux exotiques chantent par milliers dans nos contrées nordiques, où des chutes d’eau pure coulent à l’année longue, et où tous ont le bonheur de s’alimenter pour pas cher aux rotisseries St-Hubert.

Pour lire cette prose : Vlam !


DÉCIDONS-NOUS VITE!!! et, de grâce, AGISSONS !!!

Rhaa , 18 juin 2007
Enregistré dans : vol de contenus

Des militants du Hamas volent le prix nobel de la paix d’Arafat.
- Jerusalem Post

-
Ouaip, y’a de ces guerres dans le monde.

Une poignée de Fasiens saoulons ont, dans un geste de fumisterie délibéré, omis volontairement de donner le crédit du génie «hé hé hé» à son auteur légitime pour le fascicule spécial interjection soutenue à la tierce…

Joseph le grand, Joseph le diplomate, le sage, ne se laisse pas abattre par cette vile et évidente action stupide. N’est-ce point du FAS dont il s’agit, après tout ? Oui, du FAS en effet…

“When it comes to Iraq, NO ONE suffers more than G.W. & Laura Bush…”

cliquez pour la vidéo
icitte pour la source

Agence France-Presse
Cité du Vatican

Les théologiens du Vatican sont convenus après des mois de travaux que les limbes n’existent pas et que les petits enfants morts sans baptême vont directement au paradis, mettant fin à une tradition multiséculaire qui a tourmenté des générations de mères.

Dans un document adopté avec l’accord du pape Benoît XVI, la commission théologique internationale du Vatican a conclu qu’il existe «des bases théologiques et liturgiques sérieuses pour espérer que lorsqu’ils meurent, les bébés non baptisés sont sauvés».

L’idée des limbes reflète «une vision trop restrictive du salut», ont-ils tranché.

Ces avis autorisé prend le contre-pied de plusieurs siècles de croyance sur l’existence des limbes («bordure» en latin), un lieu situé entre l’enfer et le paradis où avaient été relégués les bébés morts non baptisés.

Le document de la commission, dont quelques extraits en anglais ont été publiés samedi sur le site de l’agence américaine Catholic News Service (CNS) n’a pas encore été diffusé in-extenso par le Vatican, mais il est prêt depuis plusieurs semaines, a précisé à l’AFP un de ses membres, l’archevêque de Dijon (France) Roland Minnerath.

Dieu est miséricordieux et «veut que tous les enfants soient sauvés», ont estimé les théologiens, réunis sous la présidence du préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, l’Américain William John Levada.

Ils ont cependant souligné que leur avis se fonde «sur une pieuse espérance» plus que sur «une certitude avérée».

En 1984, le cardinal Joseph Ratzinger, devenu pape Benoît XVI, s’était déjà déclaré partisan «à titre personnel» de l’abandon de «l’hypothèse» de l’existence des limbes.

Celle-ci s’est ébauchée au Vème siècle, quand saint Augustin avait tenté de répondre à la quadrature du cercle: puisque l’âme des petits enfants décédés sans baptême n’a pas été lavée du péché originel, ils ne peuvent accéder au paradis. Mais comme ils n’ont encore rien fait de mal, ils n’ont pas leur place en enfer.

Les limbes sont définies au XIIIème siècle, sans emporter l’adhésion de tous, et particulièrement des mères désespérées de perdre un enfant en bas âge sans avoir le réconfort de le savoir au paradis.

Malgré le recul de la mortalité infantile, le sujet reste d’une actualité brûlante pour l’Eglise catholique, confrontée à la pratique de l’avortement et à la baisse constante du nombre de baptêmes d’enfants.

La commission théologique internationale s’était saisie du dossier dans son programme de travail des années 2004-2005.

Mysterious , 25 mars 2007
Enregistré dans : Actions stupides, vol de contenus

Les voies du FAS sont impénétrables et les activistes du FAS reflètent de plusieurs façons l’éclat délirant du quotidien. Ils ne font pas qu’écrire ; ils dansent aussi. La preuve : la performance ici immortalisée d’Amygdale et moi-même au dernier Gala Expozine.

Source : http://www.flickr.com/photos/hasemeister/

Justement, à part moi y’en a t il des vrais anals du Fas ? Ou suis-je encore le seul à m’intéresser à ce genre de choses ?! Ce n’est pas un vain jeu de mot, c’est une question, ma foi, fondamentale pour mon équilibre psychologique. Dernièrement, en effet, un proche de votre dévoué Joseph lui demandait de se positionner sur ses motivations profondes à s’intéresser de près à un sujet aussi peu ragoûtant que la chromoscatologie. L’on me reprochait avec condescendance amusée ne pas avoir dépassé le stade anal…

L’on dit que ce stade se situe vers deux ans quand l’enfant commence à maîtriser ses sphincters et l’anus devient alors une zone érogène sous l’influence de l’exigence de propreté exprimée par les parents. L’anus, zone de passage entre l’intérieur du corps et le monde extérieur est soumis à la volonté de l’enfant qui s’aperçoit qu’il peut empêcher l’expulsion et en retire donc un plaisir de rétention découlant de l’application de sa volonté. Il prend progressivement conscience du soulagement lié au fait de laisser sortir : c’est la découverte du plaisir d’expulsion. Il est fréquent que l’enfant s’intéresse à ses selles et les manipule, les explore ou les exhibe. Le «boudin fécal» stimule la zone érogène et est perçu par l’enfant comme une partie de son corps qu’il perd.

Or, rien à voir avec moi qui m’intéresse plutôt à la chromoscatologie, science qui étudie la couleur des selles, il n’y a d’ailleurs pas vraiment de sites sur le sujet !!!
«CHROMOSCATOLOGIE»

La couleur des selles est liée en majeure partie à notre alimentation. Les végétariens auraient des selles claires alors que les grands consommateurs de viande auraient les selles foncées. C’est l’influence directe de la teneur en sels biliaires.

Les variations de couleur se trouvant dans nos selles traduisent donc les variations de notre alimentation ! Hyper intéressant ! Je suis tout à fait attentif aux signes aisément accessibles que nous envoie notre organisme au quotidien ! Sympathisant du FAS, soyez attentifs aux signes qui ne trompent pas !

Certains aliments contenant des pigments stables comme la betterave, par exemple, peuvent même colorer directement nos selles ! Vous l’aviez bien sûr remarqué ! Non ? Quelle conception fascinante que de pouvoir retrouver ci et là les couleurs familières des aliments dégustés avec joie, défigurés en un art abstrait aux couleurs parfois vives et folles !

Mais mais mais… En cas d’obstruction des voies qui conduisent la bile du foie vers l’intestin, ces pigments passent dans le sang… Les selles sont alors très claires et la peau devient jaune. Cela s’appelle une jaunisse, Calisse !

Sachez, chers sympathisants, qu’une simple accélération du transit intestinal peut éclaircir significativement les selles, sans qu’il n’y ait pour autant de maladie des voies biliaires.

Des indices précis sur l’état de santé :

La présence de sang digéré dans les selles (saignement de l’estomac ou de l’intestin grêle) provoque des selles noires et très nauséabondes appelées maelena. Il ne s’agit pas de selles foncées, mais de selles vraiment noires.

Un saignement dans la partie terminale du côlon peut donner des selles rouges.

Certaines infections, notamment parasitaires, peuvent donner des selles vertes ou verdâtres…

Et je passe sur l’odeur ou le côté glaireux, solide, en petites billes, massif, liquide de l’étron, qui est encore autre chose !!!

Comme vous l’aurez compris, la chromoscatologie est une science complexe ! Une science, oui une vraie science !

Et je cite «Il n’existe pas de chromoscatologue, mais à mon avis, il y aurait un marché»… Ah, j’avais mal lu osti, je croyais avoir lu il n’existe pas de «chromoscatalogue», un genre de recueil des maladies par les couleurs du boudin fécal (ha ha ha, boudin fécal, maudits français que vous êtes drôles !), maudite marde, justement, il va falloir que je l’invente ce chromoscatalogue !

Hier un coup publicitaire a suscité tout un émoi aux États.

En gros, une chaîne de télé a payé un paquet de petites boîtes de marketing pour faire la promotion d’une nouvelle émission. Le coup consistait à placer quelque centaines d’affichettes illuminées (avec un design très lite-brite) dispersées un peu partout dans le paysage urbain amaricain.

C’est à Boston que les trucs se sont corsés; les autoritées policières ayant été alertées par un quidam un peu schizo qui croyait y voir de dangeureuses bombes.

Quelques heures plus tard, deux bozos d’une boîte de marketing de Boston furent arrêtés manu militari et jetés en prison. La chaîne télé a payé leur caution et un avocat, qui s’est empressé de leur conseiller de ne dire mot sur la situation.
yhst-37025177803217_1936_128375.gif

Confrontés à la bête médiatique de ce monde post nine-eleven, ils ont fait honneur au FAS en ne discutant que de coupes de cheveux à la seventies…

damned yippies!

http://wbztv.com/video/?id=28369@wbz.dayport.com

Sylvius Albinus, manquant trébucher, atterrit dans la tente de recrutement sur ses deux genoux. Le légionnaire-recruteur regarda le nouvel arrivant comme s’il s’était s’agit d’une bête de somme égarée dans sa tente. D’abord mitigé sur ce qu’il fallait penser de ce long corps, tordu et gauche qui se dépliait devant lui, Alctus Justinus - légionnaire-recruteur depuis plus longtemps qu’il ne faut - remarqua que le jeune homme avait les yeux vairons et de longs cils soyeux, ce qui accentuait son air niais. Tout de même, il semblait posséder une bonne mâchoire et des dents solides, signes d’une saine constitution et d’un tempérament frondeur. Si ses vêtements avaient l’air faits d’un bon tissu et ses cheveux étaient placés comme un jeune de bonne famille, ses manières par contre puaient la maladresse et la peur. Avant même d’avoir entendu son nom, le vieux recruteur Justinus décida qu’il s’agissait là d’un parfait candidat pour aller mourir en stoppant l’ennemi carthaginois dans sa folle entreprise.

Après avoir salué, Sylvius Albinus dit :

- Je vvvooudrrais m’eeennnnnnrrroler.

- D’accord. Qu’est-ce qui vous amène dans la légion?

- C’eesssttt poouuuurrrr…

- Pour servir Rome?

- Euh… ouii, mais c’est ausssi pouuurrrr ne pass épouuusser Marrrrriaaaana qqqquii est ttrop ggggrande et bbbbien laide.

- Je vois. Avez-vous quelque bagage?

- Tooouuutt ce que jjjjj’ai est ceci, dit Sylvius Albinus en montrant sa robe.

Le légionnaire-recruteur expliqua à l’arrivant qu’il devait se présenter à la caserne de la grand’place dans l’heure pour recevoir ses instructions.

- C’est tout? demanda Sylvius Albinus sans presque bégayer. Pas d’examen de maniement du gladium ou de lancer du pugio? Pas de course? Pas de concours éqqqqquestre ?

- Non. C’est fini tout cela. La légion a besoin d’hommes, de beaucoup d’hommes. C’est tout. D’ailleurs, des chevaux, la légion n’en a plus. Toutes les bêtes de la région ont été réquisitionnées par Sempronius. Vous rejoindrez probablement le IIIe manipule, celui formé de volontaires romains. Si vous avez de la chance, on ne vous mettra pas avec les Grecs ! Allez, dégagez maintenant!

En sortant de la tente, Sylvius Albinus constata pour la première fois que le soleil était déjà haut dans le ciel. Une légère brume de chaleur s’élevait du sol et brouillait le regard. Les bêtes, mules et bétail, peinaient sous le poids de leur faix. Sylvius Albinus, avant sa rencontre avec le recruteur, était si nerveux à l’idée qu’on teste ses capacités physiques (capacités qu’il n’avait pas) qu’il n’avait rien vu de cette foule et de la langueur qui y régnait.

Le long de la voie, des commerces vaguement ouverts offraient marchandises diverses et animaux en captivité. Au loin, un nuage de poussière approchait. Sylvius Albinus se tassa sur le côté pour laisser passer des cavaliers en armure. Puisqu’ils avançaient au petit trot, Sylvius eut tout le temps voulu pour observer les chevaux et frissonner et trembloter et claquer des dents et fermer les yeux. Sylvius avait une peur bleue, verte et jaune des chevaux! Leur odeur lui donnait la nausée. Leurs dents le faisaient faire des cauchemars. Leur démarche le révoltait. Leur longue queue l’épouvantait. Leur hénissement le faisait littéralement pisser sous sa robe… Il détestait ces animaux maudits! Et il vivait à une époque où on n’avait d’yeux que pour eux. Tout était prétexte à se hisser sur ces sombres bêtes : les guerres, les voyages, les semailles, les affaires, les travaux… Certains nobles en usaient même pour le plaisir!!

La fille Mariana, sa promise, était effectivemment très grande et plus laide encore. Les traits de son visage disgracieux rappelaient ceux du mulet ou de l’ânesse. Il y avait dans son oeil bêtise et lourdeur. Ses cheveux plats et secs cernaient son crâne comme le lierre cerne une vieille souche. Et son père qui voulait absolument la marier au cadet de la famille Albinus ! Tout avait été dit lorsque Vigor Albinus, le père de Sylvius, avait acquis la certitude en se renseignant à droite et gauche sur la famille vénitienne nouvellement arrivée, que la jeune fille possèdait terres et richesses. Homme prosaïque, Vigor avait aussitôt aquiescé lorsque la jeune fille, par l’intermédiaire de son père, avait déclaré son amour pour le grand et maladroit Sylvius. À choisir entre le risque du combat (et de ces horribles chevaux aux côtés desquels on se rend à la mort) et le risque de devoir passer sa vie - et sa nuit de noce! - aux côtés de la grande Mariana au visage de jument, l’engagement s’imposait!  Aussi Sylvius Albinus s’était décidé pour l’aventure de la légion.

Le terrible Hannibal Barca, l’ennemi carthaginois venu du désert, avait récemment franchit les Alpes, depuis l’Espagne et la Gaule. On disait de son armée qu’elle comptait plus de 60 000 hommes, 15 000 cavaliers (beurk!) et plus de 50 éléphants. En se rendant à son point de ralliement, Sylvius Albinus se demanda à quoi pouvait ressembler un éléphant. Était-ce un gros cheval? En franchissant les portes du fort, Sylvius Albinus sentit que sa destinée venait de prendre un nouveau tournant. Il oublia Mariana quelques secondes et s’avança vers les baraquements….

À suivre…