background

Les annales du FAS

Le site des sympathisants du Front d’Action Stupide pour un quotidien délirant

Pratique :
Actions stupides :

Propositions d’actions stupides, ces activités étant la justification de base de l’existence du FAS

Ensemble de chaises a jardin , 30 août 2008

Bon, je suis un peu deçu que le sexe vende plusse que la bière, mais quand même content de voir que vous avez tous développé une passion pour le handball. Je vous invite maintenant à développer une passion pour Anita Görbicz (quel plomb!) et à m’aider à trouver un endroit pour écouter les finales olympiques.

Comme je disais: je me suis fait embarquer dans le délire olympique et je me disais que ca serait donc une activité culturelle cool d’écouter du handball olympique en buvant de la bière. Les détails sont ici. Go brésil Go!

Au programme: un sport de contact méconnu et mes impressions controversées sur le dopage sportif.

Les finales sont en aprem, le 23 août.

Ci-dessous, une passe au pivot.

Allemagne vs. Montenegro

Robodrigue , 16 juillet 2008
Enregistré dans : Actions stupides, Mourir au Canada

DING DONG, DING DONG

Merde mes œufs, c’est Rigoberta qui sonne

DING DONG, DING DONG

Fuck mon café, je dois aller ouvrir à la grosse folle

DING DONG, DING DONG

Tabouère mes pieds se sont pris dans mes lacets, ça c’est chien!

BADING BADANG, BADING BADANG

J’ai d’abord fait un vol plané, survolant les premières marches de mon escalier qui mène vers la grosse folle de Rigoberta. Mon cœur s’est serré. J’ai une aversion pour les marches des appartements à Montréal, celles qui datent de l’époque de L’eau chaude, l’eau frette. Elles sont recouvertes de tapis fleuris, quasi monochromes, puisqu’il n’y a que du brun en plusieurs teintes. Mes cheveux étaient dressés sur ma tête, j’ai eu la chienne de ma vie parce que ces marches tapissées des motifs de mon dégoût, vous voyez je ne les ai jamais nettoyées en 5 ans de location, elles étaient déjà méprisables à mon arrivée et j’ai réussi à empirer les choses- rentrer à quatre pattes, cigarette écrasées quand j’étais pressé, urine de chat, cadavre de coquerrelles (en fait il fait noir puisque je n’ai jamais changée l’ampoule brûlée depuis des mois, alors mon imagination en a fait un couloir abominable)-.

Mon corps a commencé par s’incliner vers l’avant, et ma gueule se dirigait vers le motif d’une grosse fleur brune qui semble être représentée sous son plus mauvais profil. Mon premier réflexe est d’étendre mes bras et mes jambes en étoile pour agripper les rampes. Malheureusement, comme mon corps était incliné par en avant, juste mes pieds se sont pris sur la rampe. Cette prise des pieds a créé comme un effet de balancier qui a projeté mon crâne directement sur la grosse fleur brune, dans le choque j’ai eu le temps de voir la grosse face de Rigoberta qui me regardait par la fenêtre de la porte, comme elle est laide Rigoberta! Comme j’ai eu le très bon réflexe de tendre mon corps, ma tête a rebondi me projetant dans les airs, Rigoberta aplaudissait de bonheur de l’autre côté de la porte: la fleur brune m’a consenti une seconde tentative pour agripper la rampe avec mes mains; mais cette fois ce sont mes pieds qui étaient trop bas, je me suis donc pris les indexes et les majeurs dans les coudes de la rampe, ce qui qui les a fracturés, mes genoux ont subi le même effet de balancier que mon crane quelques secondes plus tôt, l’onde de choc s’est fait ressentir jusque dans ma colonne vertébrale et a ressorti par ma bouche sous la forme du cri primal de Janov, sans les papas/mamans superficiels et enfantins, un racourci douloureux mais moins ridicule.

Comme j’avais quatre doigts de cassés j’ai lâché la rampe terrorisé par la suite d’évènements et tout ce qui allait s’en suivre; je me suis laissé tomber vers l’avant, atterrissant directement sur mes clavicules qui se fracassèrent dans un grand “CRACK” retentissant. Cette blessure s’ajoutant aux autres que j’ai subies, résultèrent en un état de semi-coma (surtout à cause du premier coup à la tête). Je me compte chanceux d’avoir perdue la conscience à ce moment, ça a servi d’anesthésie générale pour la suite de la chute.

À mon réveil, que j’estime à deux jours plus tard, j’étais toujours dans mon escalier, personne n’avait eu vent de mon accident; en essayant de bouger je me rendis compte que la suite de la chute, dont je n’avais pas été conscient, avait fini d’achever les organes et les os de mon corps qui avaient résisté aux premiers chocs. Je ne voyais pas Rigoberta, c’était tout de même une bonne chose: voir son air d’ahurri m’aurait vraiment déplu, mais cette grosse poufiasse m’aurait-elle abandonné à mon pauvre sort?

Comme parler me faisait très mal j’ai dû apprendre à siffler puisque je n’avais jamais trouvé utile de siffler, je trouvais ridicules les hommes qui prétendaient être comme les oiseaux. Après deux jours de pratique et beaucoup de pleurs, ça faisait mal tout ça, j’ai enfin réussi à pousser un sifflement perceptible qui alerta mon voisin…

Et voilà, 3 mois plus tard je suis de retour dans mon appartement pour reprendre le cours normal de la vie, mais à ma stupéfaction quelqu’un a mangé mes oeufs et bu mon café, la grosse Rigoberta a même laissé son immonde rouge à lèvres mauve sur ma tasse de café.

Déjà à l’époque où ce beau grand pays qui nous verra mourir n’était encore qu’immensité, richesses et sauvagerie, on observait chez les premiers européens à fouler ce territoire inconnu les signes précurseurs de l’esprit du FAS :

A highligh of the Beaver Club gatherings was the restaging of le grand voyage. Using that narrow window of opportunity between being uproariously drunk and actually passing out, the Nor’Westers would stumble around until they were seated on the floor, arranged two abreast, pretending they were steering a fast-moving canot du nord. Grasping fire-tongs, pokers, walking sticks, swords annd other likely looking implements as imaginary paddles, they bawled voyageur songs as they stroked ever faster, their eyes glazed, their faces beet-red with exertion. But even make-beleive northern canoes must eventually encounter rapids - and they required a change of tactic. With the false shrewdness of the very drunk, the Nor’Westers would consider the possibilities, then clamber up on the dinner-tables and ride the rapids by “shooting” to the floor astride empty wine casks, bellowing a variation on Indian war whoops that verged on Highland battle cries. By this time it might have been four or five in the morning, and the rented dining-room resembled the field hospital of a vanquished army. The few members still upright would adjourn the meeting and stagger home.

Peter C. Newman, Caesars of the Wilderness

bébé astronaute , 23 juin 2008
Enregistré dans : Actions stupides

Parmi les plus légendaires et embryonnaires actions stupides auxquelles je pris part jadis, d’aucuns se souviendront de ce que l’on appelait à l’époque les “liquéfactions”. Remarquez que dans le choix de leur vocabulaire, les futurs activistes du FAS avaient déjà quelques atomes crochus. Alors que la plupart des autres adolescents de l’école étaient occupés à essayer d’avoir l’air cool, plusieurs amis et moi tâchions systématiquement d’avoir l’air cons.

Parmi nos stratégies de prédilection, les “liquéfactions” consistaient à réunir quelques dizaines de personnes prêtes à s’allonger sur le sol côte à côte, puis de convaincre la première personne au bout de la rangée qu’elle devait rouler sur elle-même par-dessus toutes les personnes alignées et aller choir à l’autre extrémité, geste qui devait être répété à l’infini par chacune des personnes dans la rangée jusqu’à ce que le son de la cloche, la fin du gazon pour l’asphalte ou autre chose d’incongru vienne briser cette chaîne humaine spectaculaire. Alors que graduellement nous nous lassions du caractère trop strict et organisé des “liquéfactions”, cet autre chose se définit rapidement sous l’appellation de “combats d’obèses”, durant lesquels les participants devaient tout simplement se jeter en tas les uns sur les autres jusqu’à épuisement. Vous voyez que déjà, nous n’avions rien à envier aux artistes de performance qui prolifèrent de nos jours comme des drosophiles dans un bol de fruits.

À l’occasion, il nous arrivait de tenter de déconstruire le monde rigoureusement structuré du sport en déclenchant des parties spontanées de “catch-poulet”, régies par l’unique règle qu’elles devaient se jouer avec un poulet en caoutchouc. Les joueurs devaient tout simplement essayer d’empêcher les autres d’attraper le volatile en s’enfuyant avec. Afin d’éviter l’inévitable, lorsqu’ils étaient assaillis, la plupart s’en sortaient en lançant le poulet au bout de leurs bras dans une direction impromptue et en partant à courir le plus vite possible pour le rattraper avant les autres. Évidemment, il nous arriva à quelques reprises de faire accroc à la règle et de remplacer le gallinacée par un briquet.

Habituellement, ces édifiantes activités étaient ponctuées de séances de “grasso-massage”, où l’on se frottait mutuellement et vigoureusement le gras de bras dans l’espoir d’activer les traces de THC stockées dans nos cellules adipeuses et accessoirement soulager nos corps endoloris.

Bien sûr, nos actions stupides n’étaient pas limitées à la cour d’école. Au prochain épisode, les “lobotomies”, “l’édifice-labyrinthe” et “l’élastique de 50 m de long”.

La face cachée du lunatisme

L’effervescence que connait le FAS ces derniers mois a donné lieu à des discussions d’historiographie sur sa genèse et sa généalogie enracinée dans d’antiques projets. Ces discussions, je l’avoue, m’agacent profondément, puisque pour une foule de raisons bonnes et mauvaises, je n’ai jamais contribué au défunt Nystagmus, la revue où fut cité pour la première fois le FAS et où fut mise à l’épreuve la discipline de produire des textes et d’éditer un fanzine.

Bien sûr, je pourrais me satisfaire de l’étiquette de tard-venu. Et même, ce serai être injuste envers moi-même, puisque j’écris sur les annales du FAS depuis les tous débuts, encore une fois, pour de bonnes et de mauvaises raisons. Et puis, qu’est-ce que cette obsession du fondationalisme? D’où vient cette équation «plus ancien = plus noble = plus d’autorité?» ou «genèse + FAS = nazi»? Abraham a fondé le judaïsme, mais entre vous et moi, c’est seulement avec Moïse que c’est devenu du sérieux.

Il fallait donc une table des lois. Mais, je vous demande, où trouver les lois qui structurent le FAS? Autant faire une coupe bob à la Méduse. Pour avoir droit au chapitre, il me fallait quelque chose de plus aéérien, comme l’air envoûtant du charmeur de serpent, ou un éther originel, dans lequel gravitent les esprits… un esprit, c’est ça! l’esprit des lois! L’esprit du FAS!

Voilà ce que je cherchais. L’origine de l’esprit du FAS. Quelle(s) expérience(s) sont venues infléchir mon quotidien dans le sens d’un combat perpétuel de la stupidité par la stupidité. Pas facile. Il en existe, pour utiliser l’expression du dude avec qui j’ai fait des pochettes aujourd’hui, tout un florilège.

Je peux cependant me remémorer certains moments fort pittoresques de mon secondaire, qui sont sans contredit marquées du sceau de l’action stupide accomplie délibérément. Il y en a une cependant, qui se classe à part, parce qu’elle n’a pas ce caractère commun de simple voyoutage qu’ont les autres.

C’était un midi bien ordinaire, je ne me rappelle plus de la saison. Probablement l’hiver. Comme à chaque midi, nous fuyions plus ou moins la cour d’école et allions nous restaurer dans un des restaurants du mail de S*, le plus grand centre d’achat de toute la région avoisinante. C’était véritablement un gigantesque temple de la consommation et ce l’est toujours, que je sache. Les premières années où j’étudiais au Séminaire, j’étais fasciné par cet endroit, je me battais pour que mes parents m’accordent la permission nécessaire pour pouvoir quitter la cour d’école et m’y rendre. Cependant, invariablement, avec les années, mon regard s’était habitué au rutilant, au clinquant de l’endroit; je dirais même que j’arrivais à voir à travers le vernis les noeuds tordus de cet échafaud du consommateur. Image. Pour poursuivre sur la même image, je dirais que je réalisais que les planches étaient en fait toutes pourries et pire encore, que cette pourriture m’atteignait moi-même: dans cet endroit, je me décomposais.

Je n’étais pas le seul à être parvenu à ce stade gênant. La situation était devenue insupportable. Nous étions pris entre deux options également repoussantes: rester dans la cour d’école ou nous rendre dans ce mail devenu abject. Or, ce devait être l’hiver, puisque la première option n’était par principe pas envisageable. Comment cependant, affronter ce monde puant de musique d’ascenseur, de bijoux pour grands-mères, de boutiques branchées pour ados, de restaurants fast-food, comment, en un mot, garder son quant-à-soi au coeur de toute cette bêtise, sinon en se servant de la force de l’adversaire pour le vaincre?

Je me rappelle de ce midi-clé ou nous avons trouvé la solution. Comme d’habitude, nous quittions la cour d’école à l’heure du midi. Cette fois cependant, au lieu de partir en bande, nous n’étions que Mysterious et moi. Les raisons qui font que Mysterious se rendait dans ce mail étaient encore plus occultes que les miennes: pour ma part, je tentais de justifier le tout en arguant de la nécessité de manger pour ”vivre”. Mysterious, quant à lui, avait toujours son lunch, fait par sa mère attentionnée. Le chanceux. Quoiqu’il en soit, nous nous rendîmes au restaurant où l’on vendait de la pizza où j’engouffrai ma millième, arrosée de la fameuse «sauce toxique», le tout sous l’oeil quelque peu inquisiteur du Mysterious. Puis, je terminai mon repas et nous partîmes déambuler dans les couloirs du mail, suivant la même trajectoire arbitrairement définie par les secteurs dont nous n’avions pas été bannis pour nos frasques, un gardien sur nos talons, comme toujours.

Quel ennui. Étant ainsi épiés, il ne nous était plus loisible de nous divertir en faisant des tours de carrousel. Impossible également, de nous arrêter sur le divan au E*, pour visionner le blockbuster de l’heure. Nous étions condamnés à errer, de plus en plus conscients des tares de l’endroit, de son carrelage fissuré, de ses poutres de béton armés mises à nues, de ses espaces laissés vacants et bien sûr, de la cohorte de petits vieux plus ou moins zombifiés qui venaient y tuer le temps. Nous ne valions pas mieux qu’eux, d’ailleurs, sinon qu’à tenter de le tuer, nous y sommes parvenus. Le temps est mort, il s’est arrêté, nous nous sommes assis sur le rebord d’une fontaine en plein centre du mail, et alors il s’est s’est mis à se décomposer, en nous, et à entonner son chant de décomposition:

- Pluiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie!!!!

Ainsi retentit la première vocalise de ce processus irréversible

- Whiskyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy!!!

Je ne me souviens plus chez qui le mal a frappé en premier, mais déjà nous nous répondions de vive voix, faisant retentir toute la place de ces cris qui était pour moitié plainte et l’autre résignation, et nous reprenions en choeur:

- Orgiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie!!!

répétant inlassablement ces trois mantras de décomposition. Puis, nous prenions une pause, je me levais pour acheter un grateux, je le gratais, je perdais, et nous reprenions:

- Pluiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie!!!

- Whiskyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy!!!

- Orgiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie!!!

Nous avons répéter l’expérience à deux ou trois reprises la même semaine. Nous avions nommé l’activité la décomposition, ce qui nous donnait à peu près ceci: «eh Mysterious, est-ce qu’on va se décomposer ce midi?» «oh oui, avec joie!», etc.

C’est donc là que je situerais l’une de mes premières expériences d’action stupide, accomplie délibérément pour vaincre la stupidité, poussée à un degré voisin de l’art. Et vous chers fasiens et chères fasiennes, par quelle nécessité êtes-vous devenus promoteurs d’un quotidien délirant? Quelle est en vous la racine, le Ur-FAS?

Il y a deux ans, je me rendis au Massachusetts, sur les rives de l’Atlantique, à quelques dizaines de kilomètres au nord de Boston, entre les villes d’Ipswich et de Newburyport, là où Lovecraft a situé le port d’Innsmouth. J’y plantai ma tente sur la plage, m’allumai un petit feu – au loin, je voyais s’élever la fumée d’une usine – et m’assis sur le sable. À Boston, j’étais parvenu à acheter un gramme de champignons magiques. Je le mâchouillai en regardant le soleil se coucher et fis passer son goût infect en avalant une première gorgée de Jack Daniel’s

Je voulais voir Innsmouth. L’idée peut paraître saugrenue, mais elle m’obsédait. Assis sur le sable, je me rappelais les derniers mots que celle que j’aimais m’avait crachés au visage au moment de me quitter : « Tu ne crois pas en la vie? Retourne donc dans tes mondes de fiction. » J’avais décidé de suivre son conseil. Une nuit, j’avais rêvé au grand Dagon sortant des eaux, ses écailles reluisant sur son corps titanesque et il m’avait semblé qu’il dégageait quelque chose de plus puissant que la vie. J’avais relu Lovecraft. À Innsmouth, on vouait un culte à Dagon. C’est là qu’il me fallait aller et, pour briser les barrières qu’érigeait ma raison, j’allais employer des substances psychotropes. Peut-être Dagon m’amènerait-il au loin, dans les profondeurs, au fond des abysses où s’élèvent des cités cyclopéennes, des monuments à la gloire de dieux innommables?

Je me réveillai le lendemain, couché sur le sable, avec un terrible mal de tête. Un chien errant avait le museau enfoncé dans mon sac. Une légère bruine m’avait mouillé le corps. Ma chemise collait à ma peau. S’était-il passé quelque chose ? Je ne conservais que le vague souvenir d’une étrange litanie venue des eaux.

J’avais oublié (ou fait mine d’oublier) cette expérience un brin pathétique, mais la lecture du plus récent texte de Bébé Astronaute me l’a rappelée. Un continent de plastique, une vaste étendue de déchets sur la mer, la recouvrant sur des kilomètres… Des flaques de silicone auréolant des amas de polyéthylène et des morceaux de galalithes…Une île de plastique en construction, étouffant poissons et mollusques et se compactant peu à peu pour former une matière solide, une épaisse couche de déchets recouvrant l’océan où il s’avèrera un jour possible de marcher, comme sur une mer des Sargasses solidifiée, s’étendant à perte de vue en ondulant légèrement. Rien à écouter, rien à voir, sauf un vaste territoire de plastique, comme une plaine monotone… Je sus, frappé d’une intuition mystique, que c’était là, dans ce paysage désolé, que le grand Dagon viendrait à moi, déchirant, venu des profondeurs, la couche de plastique recouvrant les eaux pour prendre pied sur ce nouveau continent, bientôt suivi d’une armée d’êtres abominables, prêts à mettre un terme au règne pitoyable de l’espèce humaine… Je cesserai désormais d’utiliser des sacs réutilisables pour faire mon épicerie et pillerai les réserves de sacs de plastique des supermarchés pour les jeter dans l’océan. Il n’y a plus de continents à découvrir. Il faut en créer de nouveaux. Voici le temps venu d’un nouvel exotisme.

Voilà le plan des activistes du FAS : détourner les camions de recyclage vers les dépotoirs, en attendant de terminer le forage d’un tunnel secret menant jusqu’au fleuve, dans lequel seront déversés tous les déchets de plastique de la rive nord. Puis ceux-ci vogueront, emportés par le courant, au large d’Hawaï où, comme nous le savons tous, tous les déchets de plastique du monde se réunissent non pas pour frayer, mais pour former un septième continent. C’est sur cette mer des sargasses inerte, ce Continent de plastique, que les fasciens et fasciennes se donneront rendez-vous pour jeter les bases d’une nouvelle colonie. Patience! Jusqu’à maintenant, on ne peut même y poser le pied, de peur d’être avalé comme par une monstrueuse toile de piscine, mais bientôt, sur cette gigantesque île flottante, où le quotidien sera vraiment délirant, où l’on ne trouvera ni psychiatre ni beurre de pinottes Kraft, où les zepoulpes s’accoupleront avec les sacs d’épicerie, fasciens et fasciennes construiront un grand vaisseau de plastique, dans lequel enfin Amydale prendra place, en route vers Mars, emportant avec lui des milliers de cyclistes en orbite.

Zepoulpe , 14 mai 2008
Enregistré dans : Actions stupides

Lors d’une réunion improvisée avec Mysterious et Mjack lundi dernier, mon esprit tordu a accouché d’idées promotionnelles qui feraient fondre Louise-Josée Saindoux de la boutique TVA :

1) Une ligne de t-shirts et de sous-vêtements FAS
2) Des biscuits chinois aux messages du FAS
3) Des écussons ou des pins FAS
4) Trois ouvrages temporairement intitulés “Le quotidien délirant” tome 1, tome 2 et tome 3 : Le parfait livre pour chier. Bientôt sur vos tablettes.
5) Une ligne de jouets FAS
6) Une ligne de gadgets sexuels FAS
7) Une montgolfière aux couleurs du FAS survolant le Grand Prix 8) Une plate-forme internet interactive et transactionnelle pour acheter les cochonneries FAS en ligne.

Payez maintenant et partez tout de suite après !

FAS vaincra !

mjack , 5 mai 2008
Enregistré dans : Actions stupides, Manifeste

Que les visiteurs du rendez-vous des publications parallèles se le tiennent pour dit: nous sommes prêts. En plus des anciens fascicules, nous aurons un nouveau numéro spécial «Probable, mais dégage.», ainsi qu’une réimpression de l’ancien spécial «hé hé hé…», avec de superbes couvertures sérigraphiées, dans le plus pur esprit révolutionnaire du FAS. Bébé Astronaute et moi les avons sérigraphiées dimanche et lundi, et après une bataille gagnée contre une technologie chimique rébarbative, avons terminé la production. Prochaine étape, l’assemblage communautaire. Tenez vous prêts!

Amygdale , 28 avril 2008
Enregistré dans : Actions stupides, Art is evil
Je croyais que la loi du marché était plus dure que ça.  Ce qu’on gagne à confronter les offres des vendeurs est moins significatif qu’on pourrait le croire.  On m’a fait une offre pour la duplication des cd de Brigitte Bordel et je pensais pouvoir faire baisser les prix en faisant parvenir cette offre à des compétiteurs.  Je me trompais.  Il faut dire que l’offre était déjà significativement meilleure que les prix habituels du marché, puisque j’avais déjà fait affaire avec l’imprimeur pour l’enregistrement de l’album.  La concurrence n’en croyait pas ses yeux dès le départ.  Il y en a quand même qui se sont accrochés et finalement, je suis parvenu à trouver une offre de 60$ moins chère que ce qu’on m’avait proposé au début.

Désolé pour cette introduction un peu trop technique.  Le hic, c’est que j’ai réalisé, en regardant le travail fait par notre graphiste, que la carte arrière (celle qui va à l’arrière du boîtier) qu’il avait prévue était en couleur des deux côtés, tandis que tous les devis que j’avais reçus prévoyaient un côté couleur et l’autre en noir et blanc.  Au départ, je m’étais dit que l’image dans le boîtier, qu’on voit quand on retire le disque, pouvait rester en noir et blanc. Cette information s’est perdue quelque part et cela pose problème.  En effet, cette image est une photo prise de Brigitte Bardot en Harley Davidson.  Comment pourrais-je enlever sa couleur à Brigitte?  Ce serait un affront insupportable.  De toute façon, je sais que mon graphiste a d’autres trucs à faire et je doute qu’il ait envie de s’y remettre.  Alors je dois demander à tout le monde de me refaire une offre en tenant compte de la couleur, ce qui va me coûter 75$ au bas mot.

Le plus drôle dans tout ça, c’est que la photo originale était en noir et blanc.  On peut voir des petits buissons à travers les rayons de la roue avant de la moto qui étaient là au départ et qui sont restés en noir et blanc sur l’image finale… une petite ‘erreur’ qui a son charme.  Peu importe : on en est pas à la première dépense somptuaire pour cette cocotte.

Le FAS aurait tout avantage à envahir purement et simplement les commentaires sur RDS. Anyway, on a déjà des pseudonymes.

Et pour la plupart (sauf Normand Touche-Seins), ceux-ci décrivent mieux l’âme du partisan que les pseudonymes du réseau de Pierre et Yvon. Quelques exemples :

Miss Koivu
imbattable
Habs4life92
j’ai hâte
la relève
jab44
habsrule !
goducksgo
prolétaire
zesecret
honda98
tour du chapeau
boutchone
fullmoon
ti-fouine
le king des gros

Remarques en vrac :

J’ai de la misère à imaginer Prolétaire et Honda98 ensemble, mais pas de problème à imaginer honda98 avec boutchone, casquettedecôté et cellulaireàlaceinture .
Le king des gros travaille-t-il encore chez Léon, c’est la question qui nous brûle tous les lèvres… Et miss Koivu est clairement un gars… et j’ai hâte est un casseur qui rêve de péter des vitres de chars.

FAS vaincra !

Moi et Virginie - une amie d’enfance - on s’est dit «ben là, ça va faire.» On avait 15 ans et on s’est juré que si un jour cette société de marde, capitaliste et carriériste, n’implosait pas d’elle-même, on allait se la faire sauter la cervelle… Ils allaient voir notre détermination, ces cons.

Donc, après des années (quelques décennies pour être plus précis) d’attente, voilà qu’elle est là la société, pire qu’elle était, rendue au point de non-retour, avec un réchauffement qui ne réchauffe que les autres, avec des prix de l’essence et des pauvres à tous les coins de rue, des politiciens minables pour qui construire une autoroute correspond à un accomplissement personnel, des chanteurs-enfants qui se font abusés, des policiers armés de poivre et des poulets qu’on ne respecte même pas.

L’autre jour, on s’est revu pour la première fois en 22 ans (elle sortait d’une longue relation et moi je sortais du dépanneur) et on s’est dit que le moment est venu de faire un coup d’éclat. De mourir pour des idées. Et de mort rapide, s’il-vous-plait. De mort rapiiiiiiiiiideeeeu. On a pensé au gun, plus direct et vachement plus marketing que les pilules et le pont. Le problème, c’est qu’on n’a pas de permis de port, pas d’argent et qu’on vit dans un pays de fifs avec même pas de guns vendus en pharmacies comme dans les places civilisées.

On s’est alors dit que, comme plan B, seule la corde amène le petit plus, le petit quelque chose, le petit oupmf, qui fait toute la différence entre les gens qui ont quelque chose à affirmer et ceux qui sont juste décrissés par la vie et qui veulent en finir parce qu’il se sont fait voler leur bouteilles de bières vides sur la galerie.

Ce qui fait qu’on prend mon char gris (couleur appropriée à nos humeurs) et on se dirige vers le plus proche Canadien Tire pour y acheter de la corde. On arrive là, presque heureux, en pensant à cette belle aventure qui nous attend dans le garage. On arrive dans la rangée 8 - matériel de jardin - et on s’immobilise devant l’impressionnant éventail de cordage.

Fuck….

Quoi choisir? Quelle corde est vraiment adaptée à nos ambitions médiévales? Y va-t-on avec de la ficelle doublée, de la corde jaune, du fil de nylon, de la corde en chanvre? Et quelle longueur achetée? Faudrait pas qu’on arrive short, mais en même temps, faut surtout pas arriver trop long… Combien investir dans ce projet? Peut-on seulement se permettre d’être chiche lorsque qu’on veut tâter de la postérité?

On demande l’aide d’un commis :

- Pardon, c’est pour une information… C’te corde-là (geste du doigt), c’tu fiable?
- Ça dépend, c’est pour tendre ou pour suspendre?
- Euh… Un peu des deux. L’idée, c’est que ça puisse supporter un bon poids, genre à peu près…heille Virginie, combien tu pèses?
- Environ 120 lbs, pourquoi?
- Ah oui, rien que ça ! J’aurais juré que tu… en tous cas…
- Comment ça “rien que ça”? Va donc chier !
- Non, non, scuse-moi, je disais ça parce… en tous cas… Je te demandais ça, parce que c’est important.
- Dans ce cas-là… en fait, je pèse 130… Mais va chier pareil !

Le commis intervient en stressant sous son badge :

- De toute façon, avec ça ici, c’est correct jusqu’à 500 lbs. Ça conviendrait ?
- Ben là ! 500 lbs !! Va chier toi aussi, tu t’es pas vu !!??
- Écoutez, Madame, moi je ne fais que mon travail…

J’ai repris le contrôle :

- Ok, on la prend. Mais quelle longueur vous nous conseillez?
- Ça dépend, pour être sûr, 30 m ? Avec 30 m, vous pouvez pendre 3 gros monsieurs…

Ça, c’était une blague. Virginie et moi, on a fait semblant de rire de bon coeur. Puis, on est repartis vers les caisses. Il y avait plein de monde blême qui venait acheter leurs décorations de Noël. La plupart avait dans leur mains quelque monstruosités gonflables qui coûtent une petite fortune et qui dégonflent comme la première poupée gonflable achetée sur Ebay.

Mais nous, on est tout excités, le projet prend forme, ça se concrétise.

On arrive à la caisse et le caissier, un jovial qui est heureux d’être content prénommé Fred, nous regarde, sourit parce qu’on est des clients, nous regarde encore, re-sourit parce qu’on est encore là, regarde sa caisse et sourit de nouveau (probablement parce que sa caisse est bien là où elle doit être). Puis, il tend ses mains de positif pour passer notre corde sur le bipper. Genre de gars qui est authentiquement content à chaque fois qu’une transaction interac est acceptée…

Il a des raisons d’être content parce qu’en attendant en ligne pour passer à la caisse, et malgré mes objections et mes insultes, Virginie à eu le temps d’être tentée par deux lighters à BBQ, 60 cassettes VHS vierges, 242 aimants à frigo, 1116 batteries AA, 4440 montres en spécial et 50209 crayons bics…

De plus, grâce aux quelque 11 milliards de magazines édités par 2 compagnies presque distinctes et disposés sur 360 degrés autour de toi quand t’attends pour payer, Virginie est maintenant parfaitement au courante des allées-et-venues de 1114 couples vaguement connus à cause d’une émission de télé. Comme par exemple, elle sait s’ils s’aiment assez pour affronter l’épreuve de l’amour et s’ils ne sont pas prêts à s’engager sur le chemin de la vie à deux… Mais en plus, à la page suivante, elle a appris tout le reste : s’ils veulent aller au dépanneur après être allés au Club vidéo, s’ils mangent épicé tard le soir, s’ils s’épilent la noune en famille, s’ils se gargarisent avec du liquide lave-glaces, s’ils écrivent souvent des lettres en sortant un petit bout de langue à cause de l’effort, s’ils accrochent des miroirs lorsqu’ils font marche arrière, s’ils reniflent leur jackstrap après une grosse game, s’ils se touchent au rayon bricolage chez Jean Coutu, etc.

Toute de la grosse vraie actualité pure.

Fred, le caissier content ne cesse pas de sourire. Il est sur le bord de transformer mes volontés suicidaires et désirs homicidaires… J’ai soudainement envie de lui défoncer le crâne sur sa caisse et de lui faire ravaler son sourire à 2 piasses (Canadien Tire)… Mes yeux injectés lui lancent des menaces, mais il ne se rend compte de rien et continu de vouloir me faire la conversation «Pis, on passe une belle journée, à date?» Virginie essaie de me calmer en me montrant les nouveautés cinéma, mais rien n’y fait.

Je saute par dessus la caisse, empoigne le caissier (qui sourit encore car il aime bien les surprises) et lui dit de fermer sa grande gueule. Virginie lève les bras machinalement. Le gérant continue de gérer, sachant que les assurances couvrent les vols. Les clients blêmissent davantage (parce qu’ils viennent de se rendre compte que c’est la dernière saison de 450 Chemin du Golf en lisant le TV hebdo). Je menace le caissier avec un des lighters à BBQ achetés par Virginie. Et tant qu’à faire, je lui demande d’ouvrir la caisse et de donner le cash (ben oui le vrai, espèce de cave !). C’est quand il me l’a donné que je me suis rendu compte que calvaire, c’est payant un Candien Tire !! 8850 piasses !! On est sorti à reculons, le caissier toujours souriant malgré la menace du crayon bic et du lighter à BBQ. On s’est retourné rendu dehors et on s’est mis à courir, puis à rouler dans mon char le plus vite possible.

Comme on avait oublié la corde à la caisse, on s’est dit que nos projets de pendaison en duo battaient de l’aile. Pas grave qu’on s’est dit ! Il serait toujours temps de se pendre quand le cash aura été dépensé ! Fred, le caissier content, a hésité un brin gêné, s’est retourné vers Virginie et lui a crié quelque chose en essayant de couvrir le bruit du moteur qui rugissait dans les virages :

« heille, je voulais te dire que moi je pensais que tu pesais juste 115 lbs… Est-ce que tu joues au Scrabble des fois? »

Pffff….

Cette semaine ça a été la première bordée de neige et on a eu droit à la totale. Presque trois jours de précipitations, dont au moins 24 heures intenses. Moi qui voulait faire l’hiver en vélo, j’ai dû me rendre à l’évidence: c’est une utopie.

J’ai reçu sur Face de bouc une invitation à une bagarre de boules de neige au parc Lafontaine, que j’ai déclinée parce la neige n’était pas tapante. Quand la neige est pas tapante, la boule reste formée jusqu’à ce que ton bras soit en complète extension, puis dès qu’elle quitte la main, elle se désagrège en poussière, en poudre aux yeux, et ça fait des guerres de moumounes.

Mais, pour bien marquer que j’avais quand même gardé mon coeur d’enfant magique, j’ai dit dans ma réponse que j’allais rester chez moi faire un fort. Je vous épargne le récit de l’escalade de propos incendiaires qui s’en est suivi; toujours est-il que je l’ai fait ce fort, avec mon bac de récu, puis j’ai demandé à Zepoulpe de le prendre en photo avec son téléphone portable. Comme toutes ces «photos ordinaires non-appropriées» ont malgré tout, dans mon coeur, un statut artistique, mais surtout qu’elles relatent une action que j’estime - à bon droit me semble-t-il - franchement stupide, j’ai pensé vous en soumettre une petite.

Voici un poème rhapsodique composé par le comité de modification de la charte de l’ADÉPUM 2007-2008 qui sert de pièce explicative à la nouvelle charte. Bien sûr, il a été adressé à tous les étudiants du département de philosophie de l’UdeM. FAS gagne du terrain!
Vive les émotions

Voici 13 émotions basées sur le comportement lunaire lors de déplacement de la légion étrangère:

Joie
Colère
Épanouissement
Béatitude
Excitation
Tristesse
Affliction
Désarroi
Espoir
Auto-détermination du moi
Puissance
Radio-oncologie
Conscience de classe

C.Q.F.D.

Psychiatrie kraft = nazi
hylê/eidos
666

Mysterious , 12 novembre 2007
Enregistré dans : Actions stupides

Un ami me disait hier qu’il avait acquis Le fascicule du FAS spécial non-apprivoisable et non-domesticable au distroboto du Divan orange. Sa blonde aurait ensuite fait le portrait du penseur slovène Slavoj Zizek au dos du fanzine, l’ayant préalablement couvert de liquid paper avant de tracer les traits du philosophe (si je peux me permettre le mot). D’un côté de son exemplaire unique du fanzine, une face de crêpe est croquée par un homme sans morale, de l’autre un homme pense. C’est beau. Et comme Le fascicule du FAS spécial André Serouille comportera de nombreux textes mettant en scène Julia Kristeva, comme il s’agira en quelque sorte d’un split André Serouille/Julia Kristeva, je me dis comme ça qu’on pourrait faire graver des pièces de monnaie à l’effigie d’une part d’André Serouille et de l’autre de Julia Kristeva, l’un étant un peu le prince dirigeant de notre groupe et l’autre le castor. Il devrait, bien sûr, s’agir de cennes noires. Nous vaincrons !

Mysterious , 24 octobre 2007
Enregistré dans : Actions stupides

Moi et Mjack avons terminé hier la réédition du Fasicule du FAS spécial non-apprivoisable et non-domesticable et débuterons sous peu le montage du spécial baleiner l’imbaleinable. Or, il nous est venu hier, l’esprit abruti par la fatigue, la folle idée de monter aussi un spécial André Serouille d’ici Expozine qui se tiendra cette année le 24 et le 25 novembre. Nous n’aurons bientôt plus de vie sociale, négligerons les plaisirs de la chair, et nous consacrerons exclusivement à la propagande subversive du FAS. «C’est pas un peu vain tout ça», me direz-vous, et je vous répliquerai drette dans FAS : «Notre cause est vaine, mais nous lutterons jusqu’à la mort, because FAS is vanity and vanity is sexy puisque le délirant du quotidien est terriblement supérieur à toute histoire, à toute fable, à toute divinité, à toute surréalité.» Et puis, quand même, un spécial André Sérouille illustré par ses célèbres tracts, ça vaut bien quelques nuits d’insomnie…

Nous appelons donc à votre support technique pour le découpage et le brochage des fanzines : tâche harassante, mais tâche accompagnée de bière, moteur incontournable de notre lutte révolutionnaire. La production d’un fascicule du FAS implique l’édition de textes puisés à même nos annales. Chers sympathisants, il faut s’activer, jeter le zepoulpe dans la poêle, libérer l’inapprivoisable, ouvrir les vannes des commentaires, mettre sous presse la prochaine édition d’Intoxicated press, étaler au public vos quotidiens les plus gris, redécouvrir l’animalité primale de nos régions, se pencher vers le minuscule entomologique au risque de recevoir un coup de pied au cul, percer de vos vits l’ontologie de Julia Kristeva, huiler les articulations rouillées du Robodrigue, étaler à la surface du monde le délirant du quotidien… Horde sauvage, horde fasienne, nous vaincrons !

al_hakim , 19 septembre 2007
Enregistré dans : Actions stupides

Vous avez planté des arbres pendant six mois et êtes revenus avec le sentiment d’avoir sauvé le monde tout en éprouvant une étrange sensation de vide dans vos tripes? Vous venez de terminer un vidéoclip artsy et depuis vous vous tournez les pouces? Vous avez assailli les passants de questions sur le sida, la polio, l’existence de Dieu sans jamais pouvoir vous exprimer sur la véritable question : mais où est la p’tite Cédrika?

Dans le fond, nous savons tous grâce à notre grand coeur d’enfant que la jeannette rouquine se trouve probablement au paradis, dans un dépotoir municipal, là où elle pourra assembler des restants de Barbie au plomb avec des G.I. Joe et des Transformer jusqu’à la fin des temps…

Celà dit, avant que la masse se détourne de sa quête mystique estivale, je suggère que nous utilisions la visibilité et de la mobilisation citoyenne autour de la petite Cédrika pour que nous retrouvions les êtres disparus qui nous sont chers. Personnellement, je dois l’avouer, j’ai un petit faible pour Charlie. Oui, chercher ce Kurt Cobain pour enfant dans des mondes fantaisistes fut pour moi un élément fondateur de ma personnalité. Je dois mon flegme à ce héros imperturbable qui affiche toujours son sourire de dadais que ce soit en pleine guerre ou dans l’espace sans combinaison spatiale. Cependant, le trouver dans ma ville ne pourrait que rendre mon quotidien vraiment délirant. Mais maintenant j’y pense et je sais nous avons tous déjà perdu un être cher sans jamais pouvoir combler le vide dans notre immense coeur d’enfant : ti-mine le chat, Elvis Presley, Astro le Robot, Jean-Paul II… Nous savons tous que malgré les apparences, ils ne sont pas morts, mais tenus au silence par un complot international, rien de moins. Pourquoi ne pas profiter du support que constitue les affiches de la petite Cédrika pour nous aider dans nos recherches personnelles?

Scandale assuré

P.-S. Je suis prêt à payer une récompense de 20$ si jamais quelqu’un retrouve quelque chose

J’ignore pourquoi j’ai poussé ces deux fillettes aux longs cheveux blonds dans le bassin du Parc Lafontaine. Je marchais au bord de l’eau, alors qu’elles donnaient des bouts de pain aux canards qui pataugeaient à leurs pieds. Le soleil brillait fort. Je m’approchais d’elles en marchant dans l’allée d’une démarche athlétique. Leurs cheveux d’or chatoyaient. Elles semblaient seules, fraîches et innocentes, mais leurs parents ne devaient pas être loin : était-ce eux, juste-là, qui mangeaient des crudités assis sur un banc ? J’approchais dans l’allée tandis que les deux fillettes donnaient inlassablement des bouts de pain aux canards qui s’empiffraient, mû par un appétit insatiable. J’arrivai derrière elles. J’étais un quidam parmi tant d’autres ; elles ne virent pas venir, obnubilées qu’elles étaient par ces canards qui se gavaient à leurs pieds. Je les poussai toutes les deux en plaquant d’un même geste une de mes mains dans le dos de chacune, en plein sur la colonne, entre les omoplates et – splash ! – elles tombèrent dans l’eau boueuse, parmi les morceaux de pain et les canards qui s’envolèrent en nasillant de terreur. Je cours rarement, mais, lorsque je cours, je cours très vite (si vite que le ciel devint rouge), et comme on repêcha les deux fillettes en pleurs avant de s’occuper de moi, j’eus le temps de m’enfuir. Il n’y eut que toi, un peu plus loin, assise sur un banc, qui m’aperçus, vers qui je courus et qui me reçus en riant, ma canne, mon oie, ma jolie palmipède… Mais ce matin, alors que tu dors à mes côtés, je me demande encore s’il se peut que tu puisses apprivoiser l’inapprivoisable ?

Mysterious , 17 juillet 2007
Enregistré dans : Actions stupides

ou « Oh oui, chéri, viens (dans ma face) au Ikea. »

Activistes et sympathisant du FAS, nous avons suffisament lambiné. Vous savez comme moi que la théorie ne sert qu’à convaincre ceux qui le sont déjà. Le FAS est-il une entité élitiste qui ne s’adresse qu’à elle-même et quelques privilégiés ? Sans doute. Mais si nous nous efforcons de relever le délirant du quotidien, de façon le plus souvent détournée, par une lente, mais pernicieuse, subversion, le quotidien mérite parfois de recevoir un bon coup de pied dans le cul.

Je ne sais plus qui évoqua l’idée en premier lieu, mais ce fut lors d’une discussion animée entre moi, Poufiasse et Touche-toi. De quoi s’agit-il ? Vous frémissez d’impatience. Cellules d’actions du FAS, activez-vous et organisez des séances de «Surprise, surprise version trash underground».

De quoi s’agit-il exactement. Je laisse vos imaginaires débridés nous suggérer des idées. En attendant, en voici une (médiocre, certes, mais vous savez, moi, l’imagination…) : Thrank Spiroberg (un activiste méconnu du FAS) marche dans un parc lorsqu’il croise une dame du monde qui promène Bijoux, son fidèle caniche. Thrank Spiroberg empoigne soudain le malheureux animal et l’encule. Son propriétaire panique, veut appeler la police, lorsque - soudain - Blog Haute Sphère (un activiste moustachu du FAS) surgit du buisson où il s’était tapi une caméra à la main et s’exclame : « Surprise, surprise ! »

Activistes et sympathisants du FAS, mobilisez-vous : nous vaincrons !

Robodrigue , 16 mai 2007
Enregistré dans : Actions stupides

Ce matin je devais me rendre à une entrevue pour un emploi vraiment super, ô ouais vraiment super! Malheureusement ça faisait belle lurette que je n’avais plus de vêtements, je ne me rappelles plus exactement pourquoi, mais disons que j’ai ma petite idée là-dessus.

Donc en fouillant dans mes boîtes j’ai retrouvé un semblant de vêtement, voyez il s’agit de mon déguisement de superman de l’halloween 92′, donc un uniforme de taille 12 ans. Vous imaginez? Par bonheur si le bon Dieu ne m’a pas grayé de suite dans les idées, il m’a donné du potentiel improvisateur, Sainte Marie mère de Dieu!

Je ne sais pas si j’ai fait bonne impression en entrevue, mais toujours est-il que la coquine d’intervieweuse semblait plutôt curieuse; voyez, elle lorgnait ma culotte rouge vermeille et très moulante, car par bonheur si le bon Dieu ne m’a pas grayé d’un corps svelte et compatible avec les sièges des théâtres, il m’a donné un atout qui m’a tout de même permis d’impressionner les aventureuses ingénues qui avait le courage de me baisser le pantalon, Doux Jésus Fils de Marie priez pour nous!

Toute une histoire, toujours est-il que j’aimerais bien l’avoir cet emploi, ça serait vraiment super, ô ouais vraiment super super!

Une poignée de Fasiens saoulons ont, dans un geste de fumisterie délibéré, omis volontairement de donner le crédit du génie «hé hé hé» à son auteur légitime pour le fascicule spécial interjection soutenue à la tierce…

Joseph le grand, Joseph le diplomate, le sage, ne se laisse pas abattre par cette vile et évidente action stupide. N’est-ce point du FAS dont il s’agit, après tout ? Oui, du FAS en effet…

Samedi matin, rendez-vous à la place Desjardins où nous devions louer un char. J’y retrouve Mjack et Vincent C., auteur de l’incontournable fanzine Clémentine. Le magazine de la jeune fille choc-toxique. La carte de crédit (même les activistes du FAS peuvent avoir des cartes de crédit) de Mjack étant démagnétisé et moi et Vincent n’ayant pas de permis de conduire (je suis plutôt du type ballade à la plage que course éffrénée sur l’autoroute), on refuse de nous louer un véhicule. Pas grave, j’appelle Amygdale, il enfourche sa bécane, et il vient louer la bagnole pour nous. Vroum. En route pour Québec. Vincent n’a dormi que trois heures et empeste encore l’alcool. Moi et Mjack ne sommes pas non plus dans des conditions très enviables. Peu importe : FAS vaincra !

À Québec, nous nous retrouvons dans un sous-sol d’église froid et humide, le genre de lieu que j’affectionne. Beaucoup moins de gens y passent qu’à Expozine, mais ils prennent davantage le temps de nous parler. Bizarrement, le FAS semble connu à Québec. C’est sûrement le résultat du travail de propagande de Xanthippe. Le café (infecte) coûte 0.25 $, la bière 2.00 $. Nous en profitons. Un énergumène nous demande si nous sommes un groupe fasciste ou encore une secte. Je réponds : « une secte ». Nous vendons nos fanzines comme de petits pâtés au zepoulpe. Joseph se joint à nous. Nous sommes un collectif d’action. Le FAS s’active. Assis à nos côtés, Vincent C. tient des propos inconvenants à son public cible, qui semble apprécier. La sensualité débridée de sa prose se conjugue à l’intellectualisme abyssal du FAS. Nos fascicules politiques et ses magazines pour jeunes filles émettent ensemble une puissante aura subversive.

La salle se vide peu à peu. Nous nous retrouvons bientôt avec pour seule compagnie des représentants de la Conspiration dépressionniste. Il reste un baril de bière à vider. Nous nous mettons au travail, mais il nous faut de l’aide. Nous allons dans la rue, entrons dans les bars et invitons le moindre quidam à venir s’abreuver gratuitement dans le sous-sol de l’Église. Et nous voici bientôt en compagnie d’adolescentes du new-jersey, d’étudiants en agro-économie, de jeunes exaltés qui s’abreuvent de mes paroles comme si j’étais le représentant d’une certaine élite littéraire (ce qui me  laisse quelque peu sceptique, mais me touche un peu aussi :  j’suis un sensible)… Tout ce beau monde titube joyeusement. Personne ne comprend trop ce qu’il fait là. L’ambiance est joyeusement chaotique. J’ai besoin d’air. Je m’écarte, m’enfonce dans de sombres couloirs, visite l’église en titubant et suis le point de faire (encore) une crise mystique quand un sournois « hé, hé, hé… » s’élève en moi et me ramène à l’ordre : je retourne à mes activités de propagande. Nous nous retrouvons finalement à dormir à même le plancher de la cuisine de Joseph. La vie à la dure, sans concessions. Nous voici aujourd’hui les cernes comme des scalpels et le corps endolori. Notre lutte est vaine et notre cause insensée, mais pourtant : « hé, hé, hé… »

Robodrigue , 28 avril 2007

Toujours à l’affût, le pas sûr et l’oeil ouvert marche votre humble Robodrigue. Peu de gens portent autant attention que lui aux actions stupides, voyant même la stupidité où d’autres voient le géni! Son intérêt pour les activités des hommes l’a porté à plusieurs commentaires qui ont, pour la plupart, été mal interprétés; le faisant ainsi passé pour androdrigue condescendant.

Détrompez-vous! Il y ait une race d’hommes pour qui Robodrigue n’a qu’admiration et envie, il s’agit des athlètes de l’ombre! L’origine même du sport vient de ces gaillards prêts à faire face avec brio aux défis du quotidien, allant à les provoquer eux-mêmes jusqu’à la surenchère.

Quand on pense aux athlètes olympiques, nous voyons des coureurs en maillot, des skieurs à lunettes ou des judokas au regard assassins. Ils sautent, glissent, patinent, skient, projettent, frappent, tirent sur réception, se déhanchent, suent, pleurent, saignent et tombent! Mais dans quel but? Celui de se dépasser soit même? Celui de récolter des médailles? Ou encore de se faire valoir aux yeux de papa et maman?

Vous voyez, ces clowns du dépassement se donnent en spectacle à la télévision et dans les stades parce qu’ils ont été zombifiés! Ils ont perdus l’habileté de penser et on dénaturé l’exploit du quotidien jusqu’à le rendre hors contexte. Quelqu’un peut m’expliquer pourquoi on courre sur cent mètres contre ses ennemis si ces derniers ne sont pas armés de haches et on menacés de vous tuer? Pourquoi on fait du ski pour tirer sur des cibles si la concrétisation de cet entraînement n’est pas de tuer l’ennemi sur le champ de bataille? Non il n’y a aucune réponse qui tienne! Toutes ces activités sont hors contexte point à la ligne. (Voilà)

Alors que pendant ce temps les athlètes de l’ombre continuent sans relâche à remettre en contexte l’héroïsme, sans s’entraîner, et avec créativité, ils redonnent toute sa fraîcheur à l’acte sportif.

Voyez le cas le plus récent auquel j’ai assisté en encouragent le héro de mes “hip hip hip hourra!”: Je marchais sur Mont-Royal, avec les disposition de la première ligne du premier paragraphe de ce texte, un automobile s’est arrêté à la lumière rouge du coin sud-est d’une jonction dont je tairai le nom, en diagonal exacte du Super club Vidéotron répertoire situé, lui, à l’angle nord ouest. Vous conviendrez que c’est le genre de situation où ne s’alerte de rien, où on reste pénard et accomplissons notre besogne (dans ce cas-ci marcher) sans se plaindre, mais pas Robodrigue. Les yeux rivés sur cette suspecte Honda Accord, votre humble androdrigue sentait l’évènement poindre à l’horizon.

Tout s’est passé tellement vite! L’homme du côté passager à ouvert la porte d’un coup sec et en est sortie en bondissant laissant le contenant de deux litres de Pepsi (qu’il avait sur les cuisses) rouler sur le trottoir dans une explosion de Doritos qui ont volés dans les airs, quel spectacle mes amis! Le regard décidé il parti comme une flèche en traversant le carrefour sans se soucier des automobiles qui arrivaient du nord. Alors qu’il entrait dans le Super Club Vidéotron il sortie une vidéocassette (objet archaïque soit mais ces hommes viennent d’un autre époque) qu’il balança sur le comptoir en retenant la porte avec son pied gauche. La commis lui cria “la cassette est pas rembobinée, c’est des frais ça monsieur!” mais sa voix était déjà étouffée par la porte refermé car l’athlète avait déjà repris le trajet inverse pour retourner à l’auto avant que la lumière de devienne verte.

En arrivant devant l’auto il se courba, sans s’arrêter, tendit une main pour reprendre sa bouteille de boisson gazeuse, tandis que de l’autre main il ouvrait la portière côté passager. Il entra dans l’auto au même moment où la lumière tombait verte! Jamais il n’a douter, jamais il n’a hésité contrairement à Josée Chouinard, mais lui ne cherche pas les médailles, le lendemain de cet évènement il est rentré au travail, n’en n’a pas souffler mot à personne et s’est afférer à ce que son travail soit impeccable, prêt à mettre sa santé en jeu si une occasion se présentait de créer l’acte héroïque, se moquant ainsi des athlètes au courage sans objet!

mjack , 26 avril 2007
Enregistré dans : Actions stupides, Manifeste

Le spécial hé, hé, hé… est terminé, il n’y a plus qu’à l’assembler. Contrairement à d’habitude il n’est pas divisé en catégories tirées du blogues mais bien en deux parties: Spécial hé, hé, hé… un rhizome qui regroupe des articles tirés de différentes catégories reliées par différentes idées les fixant; Entrer dans une maison au hasard et ouvrir le robinet pour innonder la ville, une bd; et Triviale poésie, recueil de poèmes. Il sera beau. Venez l’assembler dimanche chez moi.

xanthippe , 23 avril 2007
Enregistré dans : Actions stupides

Chroniques de la stupidité en Région
no 3 : Passer à l’action: représenter le peuple

Voici déjà plusieurs mois, voir des années que je suis en mission en Région. Du fond de mon exil, le souvenir de la métropole s’embrume, je perd mes derniers repères. Je tente à tout prix de me rappeler l’odeur de l’entrée du métro Papineau à 1h12, mais je n’y arrive plus, et les larmes montent en moi. Au départ j’étais partie à l’aventure en Région, jeune naïve, pensant que j’en ferai le tour assez vite et que je reviendrai manger des bagels St-Viateur d’ici peu, mais voilà que le temps passe et que je n’ai même pas commencé à entrevoir le début de la fin du tour de la question.

Je crois que je suis prise du syndrôme de Stockholm. J’aime de plus en plus celui qui me tient en cage. Comment pourrais-je désormais laisser mon IGA local dont je connais maintenant les moindres racoins ? Comment penser ne plus visiter mon Irving ? Les mois passant l’objet d’étude a perdu de sa distance pour rattraper la chercheuse. La stupidité en Région n’est-elle pas finalement en moi-même ? Est-ce simplement un effet de mirroir ou me suis fait phagocyter ?

Manifeste apogée de mon intégration: je porte aujoud’hui en mon sien l’enfant d’un X. Oui, il naîtra criant « Liberté», poing levé, prêt au combat.

Puis, récemment je me suis dit que j’étais finalement peut-être la mieux placée pour représenter le peuple dans les plus hautes instances décisionnelles du pays. Pourquoi ne pas me servir de mon impressionnante expérience d’intégration réussie pour être un symbole. Trop habitué à leur quotidien, les indigènes locaux ne sentent plus la flamme, ne voient plus ce qui les distingue. Moi, nouvellement assimilée, je sais !

Alors me voilà lancée dans la grande aventure d’une campagne électorale, dans la circonscription où je réside en Chaudière-Appalaches. Ne reculant devant rien, je décidai de rendre concret le A de FAS.

Première étape: ammasser 100 signatures de citoyens qui acceptent ma candidature dans leur circonscription. Jusque là, étape facile. Ne me connaissant pas, tout le monde acceptait de signer sans poser de question, se disant que de toutes façons je n’avais aucune chance. Ah ! Ils ne se doutaient pas de la véritable machine électorale qu’ils avaient devant eux ! L’histoire leur montrerait qu’ils avaient tort.

Deuxième étape: la première réunion au Bureau du directeur des élections en compagnie de 6 autres candidates, ou plutôt en compagnie des directeurs de campagne des 2 principales candidates, de la secrétaire-épouse et génitrice du troisième et des fantômes des autres. Qu’est-ce que je fous là moi déjà ? Je n’ai ni équipe de bénévoles, ni agente de relation de presse, ni directeur de campagne, ni petites machines électroniques qui sonnent pour dire aux autres que j’ai plein de rendez-vous, etc… On me remet 2 boîtes pleines de formulaires inutiles en 4 exemplaires, de listes électorales des résidents permaments en établissements pour retraités semi-autonomes, etc… Ça y est, ils vont réussir à m’avoir, je me sens inférieure, sans aucune chance de vaincre. Qui est le plus stupide d’entre nous ? Eux ? Non c’est moi ! FAS vaincra ! Je continue !

Troisième étape, les différents débats: tous plus merveilleux les uns que les autres. On assiste à un cirque incroyable. L’agent de liaison de la ministre pressentie pour la Région fait des esclandres parce que Mme Z ne prend pas de glaçons dans son verre d’eau, l’autre madame Y tente de faire le plus de sourires individualisés à la seconde parce qu’elle sait que chaque sourire = un vote. Et le candidat X ( il est lui-même un X, mais qui roule en Mercedes ) répète ad nauseam qu’il sait relever des défis, qu’on peut lui faire confiance, pour prendre les dossiers de front…

De plus ma campagne fut ponctuée de visites enrichissantes dans des cafétéria d’hôpital pour aller rencontrer la classe moyenne, de téléphones haineux de la part de concitoyens chaleureux, de conférences de presse sérieuses, etc…

Finalement, dans le dernier droit, sentant l’herbe me glisser sous les pieds, voyant les sondages et me rendant compte que le FAS avaient toujours plus de forces dans l’ombre que dans la lumière, je décidai d’appeler mes centaines de militants à se rallier au candidat local de l’ADQ ( Monsieur X, je-sais-relever-des-défis) qui dans le fond représenterait le FAS bien mieux que personne à l’Assemblée nationale.

Résultat: triomphe de Monsieur X à plus de 41 % des voix ! Et grâce à qui ? À nous ! Soyons fiers, nous avons triomphé !

Nous sommes la franc-maçonnerie du 21e siècle, une société secrète sous-terraine qui contrôle tout…

Fardoche , 20 avril 2007
Enregistré dans : Actions stupides

Idée pour une nouvelle catégorie: la Fatwa du FAS

Me semble que ca sonne ben. Il est temps de trancher catégoriquement, de mettre ses culottes, de châtier les mécréants. Le FAS, comme un phare flamboyant, doit éclairer les brebis, et comme un berger les mener paître, où l’herbe leur sera salutaire, Amen. Il est temps de dicter la loi, aussi stupide soit-elle. FAS vaincra!

xanthippe , 18 avril 2007
Enregistré dans : Actions stupides

Bonjour, ah ! quelles excellente idée un Spécial Région. Je me sens enfin parfaitement inclue dans votre groupe ! Pour vous témoignee ma reconnaissance pour une si grande idée, je vous réenvois un vieux texte sur la stupidité en Région, et je me mets à l’instant à la rédaction du compte-rendu de ma plus grande action stupide jamais effectuée: me présenter comme candidate aux dernières élections provinciales dans une circoncription de Chaudière-Appalaches. Hein, après ça on dira que les membres du FAS ne passe jamais à l’action !

J’offre donc les droits de mon histoire troublante en toute exclusivité au FAS, parce qu’après réflexion, c’est le meilleur endroit où ça peut aller. Cela constituera la 3e chronique de la stupidité en région. en attendant, je vous réenvoois la première, qui date d’assez longtemps. La deuxième tombera dans l’oubli.

Chronique de la stupidité en région.

Lointaine sympathisante du FAS depuis longtemps, je me permets aujourd’hui de sauter dans votre eau trouble afin de palier à une lacune immensément gravissime et impardonnable dont vous êtes responsables : en proie à un métropolocentrisme aberrant et fort commun, vous semblez oublier, tous autant que vous êtes, que la stupidité est aussi EN RÉGION.

En effet, c’est là qu’on peut la trouver à son état brut, c’est là qu’elle ne peut se cacher derrière du café équitable, des brunchs végétaliens-crudivores, des guêtres de danseuses en laine tricotées 3 couleurs et des films de Ken Loach. En région, la stupidité est tout simplement ce qu’elle est.

C’est pourquoi j’ai cru bon vous servir d’envoyée spéciale au cœur de la stupidité quotidienne.

Je tenterai, au fil des chroniques, de mettre en lumière différentes situations qui dévoilent l’infinie stupidité des banlieues nord-américaines. En espérant que cela puisse vous servir à recentrer vos champs d’action et ainsi à maximiser l’efficacité de vos démarches.

FAS vaincra,
Xanthippe

Chronique no 1 : Le transport en commun en Région.

Lorsqu’il existe, le transport en commun en Région est tout sauf commun. En effet, si vous prenez l’autobus en dehors des heures de pointe, vous aurez la joie d’être seule ou de partager l’espace avec une gentille vieille dame qui passe ses journées à discuter avec le chauffeur. Passant une fois l’heure, de 7 à 19h du lundi au samedi, vous devrez marcher 25 minutes pour vous rendre à l’arrêt le près. Si comme moi vous devez emprunter deux réseaux différents pour vous rendre à bon port, vous devrez acheter deux billets, le premier à 3.10$ et le second à 2.50 $ chacun, ce qui fait 11.20$ pour un aller-retour. La passe mensuelle dans ces conditions vous en coûtera seulement un peu plus de 98$. Mais, si vous avez la chance de vivre une grève, on vous remboursera 4.25$ pour le mois en question.

Dans ces conditions comment résister aux alléchantes publicités pour les Toyoto Écho 2005 qu’arborent les arrêts d’autobus? Vous pourrez y lire :
« Grève pas grève, à 5.55$ par jour, au lieu de prendre le Bus, viens prendre ton Écho! »

Mysterious , 25 mars 2007
Enregistré dans : Actions stupides, vol de contenus

Les voies du FAS sont impénétrables et les activistes du FAS reflètent de plusieurs façons l’éclat délirant du quotidien. Ils ne font pas qu’écrire ; ils dansent aussi. La preuve : la performance ici immortalisée d’Amygdale et moi-même au dernier Gala Expozine.

Source : http://www.flickr.com/photos/hasemeister/

Joseph , 16 mars 2007
Enregistré dans : Actions stupides, le best-seller

Chers amis,
Je suis en grève et comme je n’ai rien à faire, j’ai eu la mauvaise idée de commencer une histoire de type «action western» pour nous tous… Et alors, si le coeur vous en dit, je vous encourage à lui trouver un développement et peut-être même une conclusion… Ce pourrait aussi être une nouvelle catégorie dans le FAS, ça se nommerait «moral des troupes» ou un truc du genre. Ce deviendrait une catégorie de type passe-temps pour sympathisants du FAS, un peu comme des mots croisés mais en plus interactif! Au pire ce serait pour moi et ça se nommerait «charité chrétienne pour Joseph», un nom qui sonne bien, il me semble… Bref, je prendrais mon pied à songer une fin plausible sur les histoires incroyables de Mysterious, les propos impossibles du Zepoulpe ou l’ardeur naturelle de la belle Poufiasse… Ainsi qu’à tout autre sympathisant me faisant l’honneur de créer une histoire à cette intention… Il pourrait y avoir des sous-catégories : eau de rose, amour dans le purin, meurtre dans le lointain… etc…
L’HISTOIRE…
Un homme de type long, peau mate et moustache, descend d’une voiture. Il dépose pied-à-terre, sa botte de cow-boy le précède, elle fait «click» sur le sol. Il ajuste son chapeau vers l’ouest, enlève ses verres fumés, tout cela en regardant vers le ciel; visage en contre-jour. Le soleil est si fort que ses yeux brillent tout de même d’un éclat de lumière et sa peau, noyée de sueur chaude, est celle d’un vieillard. Il prend de sa poche un petit objet filiforme et l’ouvre sans même enlever les yeux de son point de mire. Il extrait biensûr l’antenne avec ses dents, toujours le regard mauvais fixé vers le lointain. Après avoir pianoté un numéro sur le clavier, l’homme souffle d’une voix rauque le temps de percevoir un signal. Un court instant passe, pendant lequel un oiseau fait une crotte sur le capot de la voiture. Une musique braillarde à la mode retentit soudainement dans le silence du désert, c’est alors que l’on entend l’homme dire à une inconnue au bout du fil «Vous dansiez petite fille ? Passez-moi votre mère et que ça saute!» Très rapidement, une femme prend possession de l’appareil, on la devine sensuelle par sa voix suave, elle demande «des nouvelles»…
«Je l’ai trouvé, l’enfant de putain, je l’ai!» dit le cow-boy.
«Va à sa rencontre et demande lui des explications, je vais attendre que tu me rappelles pour envoyer l’argent.»