Zepoulpe, 08/01/2007 [Bidons et autres contenants]

(Extrait d’un enregistrement audio, découvert en background de l’entrevue qu’accordait Denis Coderre à un journaliste lors du récent congrès du Parti Libéral du Canada, entrevue lors de laquelle Denis Coderre - ou D.C. comme dans Washington D.C. - avoua en exclusivité à TVA son attachement pour le Canada, de même que son goût pour l’équité, la transparence et la nation québécoise. L’enregistrement, une fois filtré et nettoyé des propos de D.C. et du journaliste, laisse entendre un dialogue entre Julia Kristeva, la célèbre intellectuelle qui joue à l’aile gauche, et de Philippe Sollers, un écrivain raté. Grâce à l’hélicoptère TVA et au talent de Herbé Stup, l’envoyé hyper-spécial d’Intoxicated Press en matière de showbiz, les paroles mais aussi les pensées de Mme Kristeva ont pu être captées et elle sont retranscrites ici.)

- C’est amusant de voir que la branche maoïste du PLC m’a si vite accueillie, se délectant probablement à l’avance de mes idées et de mes révoltes qui sont autant d’autels sur lesquels s’incliner pour préparer la suite du monde…

J’étais assise à l’avant d’un groupe que j’imaginais nombreux, bien que jamais je me serais retournée pour vérifier. Sur l’invitation, le sigle PLC m’avait alarmée : qu’est-ce t’il, me suis-je alors demandé? La branche prolétarienne du Parti de Libération du Canada? Ou peut-être sont-ce les Jeunesses marxistes-léninistes qui viennent combattre jusqu’en Nouvelle-France? Mais alors pourquoi PLC? Serait-ce pour faire diversion et diriger les flics dans la mauvaise direction? Philippe Sollers était à mes côtés, jubilant devant cette profusion de rouge, la couleur qui, de mai ‘68 à la Longue Marche est, avec le blanc, le bleu, le vert, le pourpre, le noir, le magenta, le cyan, l’ocre et le vermeille, la seule véritable couleur du peuple. Philippe referma son petit livre - rouge lui aussi - en soupirant. Il se retourna vers moi et dit à la manière d’une question :

- …soleil voix lumière écho des lumières soleil coeur lumière rouleau des lumières…?

- Mmmm… Tu disais mon Philou? Je suis désolée, j’ai été distraite par la présence charismatique de ce Monsieur là-bas, attend que je vois son auto-collant… ah ! il s’appelle Denis Coderre. Ne trouves-tu pas qu’il est bel homme ?

- … moi dessous dessous moi maintenant toujours plus dessous par-dessous toujours plus dérobé plus caché de plus en plus replié discret…

- Oui, il est définitivement bien mis. Et remarque son assurance ! Il prédit les résultats avec tant de confiance ! Mais pourquoi n’arrête-t-il pas d’utiliser ce mot russe Natieff ou Gnatieff ? Le stalinisme se serait-il propagé jusqu’ici ? Harot sur le baudet ! Jamais ! Ces satanés stalinistes vont encore une fois tout gâcher, et cette fois-ci en Amérique, terre de la justice immanente. Merde.

- discret plutt pluttttttt pluttttttttttttttttttttt plutttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttt …

- Je ne te le fais pas dire Phi-Phi ! Et qui est ce petit Trosky imberbe là-bas avec son chien ? Il n’a définitivement pas l’élégance de ce Monsieur Coderre. Mon dieu qu’il est bien planté, une charpente comme celle-là m’a toujours remuée… Il me fait de l’effet, y a pas photo…Et à toi So-So? Dis, tu voudrais pas qu’on l’invite à venir s’éclater avec nous à l’hôtel? On pourrait jouer à ce jeu érotique, tu sais, celui que nous a conseillé Dominique de la Barise-Duchenonceault-Feuilly-Ribouldingue, comment s’appelait? Ah oui, le Scrabbeulle ! On pourrait ensuite jouer aux rebus ou à Fais-moi un dessin ? Ça serait vachement chaud, mon Li-Lippe, crois-en ta grosse Bulgare !

- …état rebus état de rebus repus pus pue ppppppppp bbbbbbbbu …

- Oh, il regarde par ici… Attend que je lui montre mon auto-collant pour lui prouver que je suis une vraie militante. D’ailleurs, j’ai écrite MILITANTE sur mon auto-collant. Il comprendra, je pense. Il m’a l’air d’un homme brillant. Une vraie tête pensante de la nouvelle gauche. Sûrement pas un autre de ces politiciens bon-enfants qui se croient entraîneur d’une équipe de pee-wee. Non, de la vraie pièce d’homme qui se sait maître de lui-même. Un mec à valeurs, quoi. Merde, cesse de parler Phi-Phi, tu le feras fuir avec tes phrases sordides ! Un homme comme lui, avec une femme comme moi… Nous pourrions débattre de choses abstraites, comme de la circonférence de son gland, ou de trucs plus terre-à-terre, comme le spectre d’une sortie de la post-modernité à travers un projet transnational fondé sur l’humiliation des travailleurs et sur les nouveaux cyber-pouvoirs. Ce serait merveilleux ! Crois-tu qu’il aime jouer aux dames? Crois-tu qu’il croit en la révolution par le travail ? Sûrement, vu ses bras puissants. Un peu mous, mais qu’à cela ne tienne !

- … punie punaise pute potage porridge plekanec …

- … Bon, allez, viens Philippe, on se lance, on le fait. Ce Monsieur Coderre sera mien ou ne sera plus ! Allez grand dadais, cesse donc de chercher une rime pour ton nouveau tube, y a rien qui rime avec embrun ! Change de titre viarge ! Bon, avant d’aller lui parler, tu m’amènes aux toilettes, tous ces militants de la gauche révolutionaire réunis dans un même lieu, ça m’a donné envie de ch…

(fin de l’enregistrement)

Commentaires:

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire