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Les annales du FAS

Le site des sympathisants du Front d’Action Stupide pour un quotidien délirant

juillet 2008

Zepoulpe, 29 juillet 2008
Enregistré dans :Non classé

(Malgré le lock-out qui sévit toujours à la salle des nouvelles d’IP, la direction a demandé à ses cadres de prendre la place des dégoutants syndiqués qui refusent de comprendre qu’une piasse et demie par page, c’est ben en masse. Le public a le droit d’être informé.)

D’après Intoxicated Press

Une collaboration spéciale de Johnny Scab.

Gloucester (Massachusetts) - Une équipe de chercheurs bien de chez nous est arrivée à une conclusion passablement incroyable hier après-midi, alors qu’on annonçait de la pluie sur tous nos secteurs. Publiés dans le Journal of Unbelievable Medecine, ces résultats remettent vachement en question ce qu’on avait toujours supposé jusqu’à avant-hier matin, soit que la friture n’est pas très bonne pour la santé et qu’elle laisse le majeur luisant. Or, et c’est là que le boa se blesse, selon l’étude conduite de mains de maître par le docteur Robert Geai, directeur du centre de recherche sur les matières grasses de l’université Cambridge et membre depuis 2 ans du gymnase Haltères et Go, situé rue Bellechasse, la graisse de la friture, loin d’être mauvaise pour les artères, le tour de taille et l’apparence de la face après les repas, serait bénéfique pour l’individu. Le spécialiste se base sur une étude réalisée auprès de 85 000 répondants 19 fois sur 20, avec une marge d’erreur de 4 pieds et demi, selon laquelle il appert en premier lieu que la friture goûte très bonne. « En effet, affirme le docteur Geai, les courbes sont sans équivoque, la friture, c’est du bon menoum-menoum. »

Se fondant aussi sur une expérience personnelle difficile due à son patronyme rappelant un oiseau à la sexualité ambigüe, le docteur Geai insiste : « Appelez-moi juste Robert. Donc oui, l’étude démontre aussi que les gens sont absolument incapables de résister à la friture. Par exemple, mes collègues et moi avons fait deep-frieder des trente sous et 80 % des gens les engloutissaient comme s’il s’était s’agit de petites crevettes! Lorsqu’on a fait frire des 1 piasse, le pourcentage montait à plus de 92 % et à 99% avec des deux piasses ! Pour être sûr de notre affaire, on a aussi enrobé de friture des chaises de patio, des capotes usagées, des tracteurs, des rotoculteurs, une réplique en cire d’Idi Amin, un dentier, un rappeur avec son hummer custom, un parachute, une vierge, une can de zepoulpe encore fermée, une pommeau de douche, la perruque de Robert Lepage, une crotte de béluga, un crayon bic et de vieux essuie-glaces; toujours, la plupart des cobayes s’en délectaient. »

En deuxième lieu, les chercheurs soutiennent que la friture, c’est bon pour la peau. « En jammant les pores, les molécules de gras permettent en quelque sorte de dérinecher les molécules du poil, leur permettant d’être plus bien dans leur peau… sans jeu de mots ! affirme le spécialiste en riant gras (c’est son métier). » « Pas plus tard que vendredi passé, je me suis fais un masque d’huile vidangée que j’ai achetée au greaser du coin. Une vraie fontaine de Jouvence pour le visage ! »

Finalement, l’étude démontre que la friture, ça aide la croissance des enfants. En en mangeant quotidiennement, les enfants s’assurent un apport en plus ou moins toutte, ce qui leur garantit une croissance horizontale optimale. Aujourd’hui, avec les glaciers qui fondent et la population qui vieillit, il ne faut pas sous-estimer les dangers pour les enfants trop maigres. Selon Robert, il est recommandé d’inclure des aliments frits dès la tendre enfance : purées frites, lait tempura, croquettes de pablum, etc. Ainsi, les enfants seront aptes à digérer plus rapidement cet aliment sain.

Éclairante, bien écrite et somme toute câlissement révolutionnaire, l’étude de Robert s’inscrit dans un grand courant de pensée qui remet en cause les choses prises pour vraies. Intoxicated Press sera là lors de la sortie des prochaines études du Docteur Geai portant sur les méfaits pour la santé de la fréquentation de dauphins, sur les risques attribuables au rire des enfants, au danger du visionnement des fleurs en saison et du potentiel nocif relatif à l’odeur des bébés.

(Encore une fois, l’entrée qui suit constitue une entorse à la catégorie Mourir au Canada, mais comme ce n’est pas la première, je me suis dit que c’était moins grave; c’est la première scrach sur ta Ferrari neuve qui fait de la peine, pas la seconde)

Bar Harbor (Maine) - C’est lorsque je l’ai vu orner les gentes de roues d’un scooter à batteries que j’ai commencé à me poser des questions et à être plus attentif à sa présence. Le vieil homme fonçait sur moi, monté sur son fauteuil électrique, façon batmobile pour olympiques spéciaux, la bouche ouverte, l’oeil déterminé à me rouler dessus à la vitesse d’un météorite venant en sens inverse du trafic. J’ai fait un pas de côté et j’ai pu éviter le bolide de justesse et j’ai vu qu’en plus des roues, on l’avait aussi accroché derrière le dossier du fauteuil, à la manière d’une cape tricolore qui flottait dans l’air mainois (ou mainien, je m’en fous).

Puis, de village en village, sur tous les poteaux et toutes les pelouses; sur les boissons gazeuses, les sacs d’épicerie, les napkins, les verres à vin, les bombonnes de propane, les ustensiles de plastique; sous la semelle de souliers faits en Chine, à l’endos des livres imprimés à Singapour, derrière les voitures japonaises; sous les ponts, sur le bord des routes, sur les pancartes; partout, toujours, il est là, flottant ou non, l’air de s’ennuyer comme un rat mort enfermé dans un vieux mur.

Grâce à sa version portative, les gens peuvent afficher leurs couleurs même en voyage : sur le BBQ de camping, accroché à la voiture, sur le parasol ou le parapluie, sur des jeans, des chaps (!) ou des casques de moto (même si le casque de moto au Maine n’est pas obligatoire, à moins que tu sois vraiiiiiiiment fif), sur les arbres synthétiques que les gens installent près de leur roulotte, sur des t-shirts, des soutiens-gorge et bien sûr sur les colliers des animaux domestiques. Dans sa version je-tiens-dans-la-main, notons les petits sachets de nutrasucre, transformés en vecteur de cohésion sociale par cet ajout étoilé.

Tant de présence et d’unanimité dans le patriotisme est pour moi incompréhensible. Déjà, à la Saint-Jean, un petit malaise me prend d’en voir autant, dansant autour du feu au son de Journée d’Amérique. Mais ici, ce n’est pas leur réunion mais leur répartition qui étonne. Il y a quelque chose d’une mélopée dans ce besoin de répéter ad nauseam cette même enseigne. Est-ce que l’Alzheimer est à ce point répandu que l’on a besoin de scander à tous bout de champ (littéralement) les couleurs de la République? Est-ce que quelqu’un, au département d’État, s’est gouré dans les quantités à commander?

En règle générale, plus les animaux sont grands, peu vulnérables, bien protégés, ou même venimeux, plus ils peuvent s’exposer à de longues parades… L’homme est une exception, qui consacre une part non négligeable de son temps à ses relations amoureuses. Favorisés par une réceptivité féminine qui sort de l’ordinaire et par la prodigalité, même relative, des attributs mâles tant que femelles, le comportement humain offre de nombreuses originalités incitatrices.

- Jacques Legrand, Histoires insolites de la reproduction, p. 102, 1991

Sire D'oneilles, 27 juillet 2008
Enregistré dans :Pratique, Triviale poésie

petit exercice de diction pour analphabètes, en un seul verbe.

Un urubu barbu
Chut su’l sue
sous le d’sous
d’bras d’Barbara
tête en bas

T.H.C* et autres critiques grasses

Dis-moi petit pot de leurres.
Quand te dé-petit-pot-de-leurreras-tu?
Je me dépetitpotdeleurrerai tout à l’heure!

*Théories Humanistes Cohérentes

Touche-toi, 24 juillet 2008
Enregistré dans :FAS - Rencontres

“Parasite intempestif cherche cheveu sur la soupe pour vivre à contretemps.”

Mysterious, 17 juillet 2008
Enregistré dans :Manifeste, Théorie

Hier, à l’occasion d’un événement mondain, quelqu’un m’a dit que le FAS était une entreprise de destruction systématique. Cette affirmation m’a interloqué. J’ai beau écrire sur nos annales depuis leurs premiers balbutiements, je n’ai jamais trop compris ce qu’était, en réalité, le FAS. Il s’agit, certes, d’une amibe étendant ses pseudopodes sur le réel et pointant, du bout de ses appendices, les aspects les plus délirants du quotidien, mais à part ça ? S’agit-il vraiment d’une entreprise de destruction systématique ? J’ai disposé sur la table de ma cuisine les huit fascicules du FAS et je les ai parcourus, m’attaquant à l’analyse de la question.

Cool is class war : Saper le coolisme urbain. Le fait d’être cool en ville ou de tenter de l’être est ici franchement mal vécu. Les soirées de poudrés et la vaine quête de l’âme sœur peuvent rendre le quotidien franchement pathétique.

Triviale poésie : Si la poésie c’est souvent poche (particulièrement la poésie de l’intime qui sévit au Québec), la triviale poésie c’est encore plus mauvais quoiqu’elle retrouve parfois, notamment avec Poufiasse, sa pureté originelle. Un genre de cri primal dénué d’expression.

FAS-rencontres : Les mécanismes de la séduction ne cessent de se renouveler. Ils sont ici subvertis.

Les aventures de Julia Kristeva
: Où Julia Kristeva sabote Julia Kristeva dans un processus autoréflexif, voire une invagination sauvage.

Euj et Nism : Ce n’était sans doute pas nécessaire, mais nos deux savants préférés montrent par l’exemple que la science et le futur ça peut être épeurant. Michel Houellebecq, à côté de ça, c’est d’la p’tite bière.

Donc, le FAS est-il une entreprise de destruction systématique ? Sans doute, mais le FAS c’est aussi l’observation d’insectes rares, le rire (hé, hé, hé…) qui sabote les assises du monde pour le rendre habitable, l’exposition du vrai visage du Canada qui donne envie d’y mourir, le caractère explosif des maisons de campagne, des moments de pure émotion qui donnent envie de pleurer. Le FAS, man, c’est toute.

Il faut bien le dire : notre lutte est gagnée d’avance. Le quotidien est délirant. C’est ce qui fait tout son charme. Le FAS, donc, est-il une entreprise de destruction systématique ? Ce n’est pas faux, mais il est surtout le reflet d’un quotidien délirant, un outil de propagande pour André Serouille, un formidable moyen d’évasion pendant ses heures de travail et une façon efficace de passer les journées ensoleillées d’été enfermé dans son bureau à rire tout seul pendant qu’il fait beau. FAS vaincra !

Robodrigue, 16 juillet 2008

DING DONG, DING DONG

Merde mes œufs, c’est Rigoberta qui sonne

DING DONG, DING DONG

Fuck mon café, je dois aller ouvrir à la grosse folle

DING DONG, DING DONG

Tabouère mes pieds se sont pris dans mes lacets, ça c’est chien!

BADING BADANG, BADING BADANG

J’ai d’abord fait un vol plané, survolant les premières marches de mon escalier qui mène vers la grosse folle de Rigoberta. Mon cœur s’est serré. J’ai une aversion pour les marches des appartements à Montréal, celles qui datent de l’époque de L’eau chaude, l’eau frette. Elles sont recouvertes de tapis fleuris, quasi monochromes, puisqu’il n’y a que du brun en plusieurs teintes. Mes cheveux étaient dressés sur ma tête, j’ai eu la chienne de ma vie parce que ces marches tapissées des motifs de mon dégoût, vous voyez je ne les ai jamais nettoyées en 5 ans de location, elles étaient déjà méprisables à mon arrivée et j’ai réussi à empirer les choses- rentrer à quatre pattes, cigarette écrasées quand j’étais pressé, urine de chat, cadavre de coquerrelles (en fait il fait noir puisque je n’ai jamais changée l’ampoule brûlée depuis des mois, alors mon imagination en a fait un couloir abominable)-.

Mon corps a commencé par s’incliner vers l’avant, et ma gueule se dirigait vers le motif d’une grosse fleur brune qui semble être représentée sous son plus mauvais profil. Mon premier réflexe est d’étendre mes bras et mes jambes en étoile pour agripper les rampes. Malheureusement, comme mon corps était incliné par en avant, juste mes pieds se sont pris sur la rampe. Cette prise des pieds a créé comme un effet de balancier qui a projeté mon crâne directement sur la grosse fleur brune, dans le choque j’ai eu le temps de voir la grosse face de Rigoberta qui me regardait par la fenêtre de la porte, comme elle est laide Rigoberta! Comme j’ai eu le très bon réflexe de tendre mon corps, ma tête a rebondi me projetant dans les airs, Rigoberta aplaudissait de bonheur de l’autre côté de la porte: la fleur brune m’a consenti une seconde tentative pour agripper la rampe avec mes mains; mais cette fois ce sont mes pieds qui étaient trop bas, je me suis donc pris les indexes et les majeurs dans les coudes de la rampe, ce qui qui les a fracturés, mes genoux ont subi le même effet de balancier que mon crane quelques secondes plus tôt, l’onde de choc s’est fait ressentir jusque dans ma colonne vertébrale et a ressorti par ma bouche sous la forme du cri primal de Janov, sans les papas/mamans superficiels et enfantins, un racourci douloureux mais moins ridicule.

Comme j’avais quatre doigts de cassés j’ai lâché la rampe terrorisé par la suite d’évènements et tout ce qui allait s’en suivre; je me suis laissé tomber vers l’avant, atterrissant directement sur mes clavicules qui se fracassèrent dans un grand “CRACK” retentissant. Cette blessure s’ajoutant aux autres que j’ai subies, résultèrent en un état de semi-coma (surtout à cause du premier coup à la tête). Je me compte chanceux d’avoir perdue la conscience à ce moment, ça a servi d’anesthésie générale pour la suite de la chute.

À mon réveil, que j’estime à deux jours plus tard, j’étais toujours dans mon escalier, personne n’avait eu vent de mon accident; en essayant de bouger je me rendis compte que la suite de la chute, dont je n’avais pas été conscient, avait fini d’achever les organes et les os de mon corps qui avaient résisté aux premiers chocs. Je ne voyais pas Rigoberta, c’était tout de même une bonne chose: voir son air d’ahurri m’aurait vraiment déplu, mais cette grosse poufiasse m’aurait-elle abandonné à mon pauvre sort?

Comme parler me faisait très mal j’ai dû apprendre à siffler puisque je n’avais jamais trouvé utile de siffler, je trouvais ridicules les hommes qui prétendaient être comme les oiseaux. Après deux jours de pratique et beaucoup de pleurs, ça faisait mal tout ça, j’ai enfin réussi à pousser un sifflement perceptible qui alerta mon voisin…

Et voilà, 3 mois plus tard je suis de retour dans mon appartement pour reprendre le cours normal de la vie, mais à ma stupéfaction quelqu’un a mangé mes oeufs et bu mon café, la grosse Rigoberta a même laissé son immonde rouge à lèvres mauve sur ma tasse de café.

Zepoulpe, 1 juillet 2008
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