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Les annales du FAS

Le site des sympathisants du Front d’Action Stupide pour un quotidien délirant

juin 2008

Poufiasse, 30 juin 2008
Enregistré dans :Triviale poésie
  1. La perte de ta chevette verte
  2. t’alerte, certes!
  3. Mais où la route s’arrête
  4. la rouille des steppes désertes
  5. laisse aux vertes chevettes
  6. un dernier épithète:
    mille neuf-cent quatre-vingt-sept.
bébé astronaute, 27 juin 2008
Enregistré dans :Cool is class war

Depuis que T* est parti planter, je dois être vraiment en manque parce que je me suis surprise l’autre jour à tchèquer les gars en passant devant l’école de mécanique. Malheureusement, je n’y ai pas trouvé mon compte et ce n’est pas rendue devant l’école de théâtre que ça s’est amélioré. Quand aux autres cyclistes, soit qu’ils portent un siège de bébé ou encore des cuissards. Il faut dire qu’en matière de virilité, la plupart des Montréalais ne fait pas le poids à côté de T*.

Amygdale, 24 juin 2008
Enregistré dans :FAS - Rencontres

Article un tant soit peu impertinent cherche un ou plusieurs commentaires pour avoir l’air intéressant en public. Le FAS étant dans sa phase «Alma» (3 articles pour un commentaire), l’article en question est prêt à verser une compensation financière ou autre au commentaire sus-nommé, pour peu que ce dernier évite d’être désobligeant ou diffamatoire devant la visite ou le scan des engins de recherche.

contactez la boîte à commentaires.

Cosmonaute en partance demain matin pour 18 mois dans l’espace recherche jeune fille dans ce bar-ci pour relation rapide avant de partir vers la planète rouge. La jeune fille peut être n’importe quelle fille, mais disons que la jolie rousse qui joue au baby-foot serait grandement appréciée. En outre, la jeune fille en question doit être disponible, peu attachée au mariage ou à quelque manifestation d’engagement que ce soit, porter la jupe ou du moins habiter dans l’environ. Peut aimer le cinéma, la littérature et le patins à roues alignées, mais pas grave si elle pas, tant qu’on.

On demande Pouffiasse, boîte vocale 1245281.

Déjà à l’époque où ce beau grand pays qui nous verra mourir n’était encore qu’immensité, richesses et sauvagerie, on observait chez les premiers européens à fouler ce territoire inconnu les signes précurseurs de l’esprit du FAS :

A highligh of the Beaver Club gatherings was the restaging of le grand voyage. Using that narrow window of opportunity between being uproariously drunk and actually passing out, the Nor’Westers would stumble around until they were seated on the floor, arranged two abreast, pretending they were steering a fast-moving canot du nord. Grasping fire-tongs, pokers, walking sticks, swords annd other likely looking implements as imaginary paddles, they bawled voyageur songs as they stroked ever faster, their eyes glazed, their faces beet-red with exertion. But even make-beleive northern canoes must eventually encounter rapids - and they required a change of tactic. With the false shrewdness of the very drunk, the Nor’Westers would consider the possibilities, then clamber up on the dinner-tables and ride the rapids by “shooting” to the floor astride empty wine casks, bellowing a variation on Indian war whoops that verged on Highland battle cries. By this time it might have been four or five in the morning, and the rented dining-room resembled the field hospital of a vanquished army. The few members still upright would adjourn the meeting and stagger home.

Peter C. Newman, Caesars of the Wilderness

bébé astronaute, 23 juin 2008
Enregistré dans :Actions stupides

Parmi les plus légendaires et embryonnaires actions stupides auxquelles je pris part jadis, d’aucuns se souviendront de ce que l’on appelait à l’époque les “liquéfactions”. Remarquez que dans le choix de leur vocabulaire, les futurs activistes du FAS avaient déjà quelques atomes crochus. Alors que la plupart des autres adolescents de l’école étaient occupés à essayer d’avoir l’air cool, plusieurs amis et moi tâchions systématiquement d’avoir l’air cons.

Parmi nos stratégies de prédilection, les “liquéfactions” consistaient à réunir quelques dizaines de personnes prêtes à s’allonger sur le sol côte à côte, puis de convaincre la première personne au bout de la rangée qu’elle devait rouler sur elle-même par-dessus toutes les personnes alignées et aller choir à l’autre extrémité, geste qui devait être répété à l’infini par chacune des personnes dans la rangée jusqu’à ce que le son de la cloche, la fin du gazon pour l’asphalte ou autre chose d’incongru vienne briser cette chaîne humaine spectaculaire. Alors que graduellement nous nous lassions du caractère trop strict et organisé des “liquéfactions”, cet autre chose se définit rapidement sous l’appellation de “combats d’obèses”, durant lesquels les participants devaient tout simplement se jeter en tas les uns sur les autres jusqu’à épuisement. Vous voyez que déjà, nous n’avions rien à envier aux artistes de performance qui prolifèrent de nos jours comme des drosophiles dans un bol de fruits.

À l’occasion, il nous arrivait de tenter de déconstruire le monde rigoureusement structuré du sport en déclenchant des parties spontanées de “catch-poulet”, régies par l’unique règle qu’elles devaient se jouer avec un poulet en caoutchouc. Les joueurs devaient tout simplement essayer d’empêcher les autres d’attraper le volatile en s’enfuyant avec. Afin d’éviter l’inévitable, lorsqu’ils étaient assaillis, la plupart s’en sortaient en lançant le poulet au bout de leurs bras dans une direction impromptue et en partant à courir le plus vite possible pour le rattraper avant les autres. Évidemment, il nous arriva à quelques reprises de faire accroc à la règle et de remplacer le gallinacée par un briquet.

Habituellement, ces édifiantes activités étaient ponctuées de séances de “grasso-massage”, où l’on se frottait mutuellement et vigoureusement le gras de bras dans l’espoir d’activer les traces de THC stockées dans nos cellules adipeuses et accessoirement soulager nos corps endoloris.

Bien sûr, nos actions stupides n’étaient pas limitées à la cour d’école. Au prochain épisode, les “lobotomies”, “l’édifice-labyrinthe” et “l’élastique de 50 m de long”.

La face cachée du lunatisme

L’effervescence que connait le FAS ces derniers mois a donné lieu à des discussions d’historiographie sur sa genèse et sa généalogie enracinée dans d’antiques projets. Ces discussions, je l’avoue, m’agacent profondément, puisque pour une foule de raisons bonnes et mauvaises, je n’ai jamais contribué au défunt Nystagmus, la revue où fut cité pour la première fois le FAS et où fut mise à l’épreuve la discipline de produire des textes et d’éditer un fanzine.

Bien sûr, je pourrais me satisfaire de l’étiquette de tard-venu. Et même, ce serai être injuste envers moi-même, puisque j’écris sur les annales du FAS depuis les tous débuts, encore une fois, pour de bonnes et de mauvaises raisons. Et puis, qu’est-ce que cette obsession du fondationalisme? D’où vient cette équation «plus ancien = plus noble = plus d’autorité?» ou «genèse + FAS = nazi»? Abraham a fondé le judaïsme, mais entre vous et moi, c’est seulement avec Moïse que c’est devenu du sérieux.

Il fallait donc une table des lois. Mais, je vous demande, où trouver les lois qui structurent le FAS? Autant faire une coupe bob à la Méduse. Pour avoir droit au chapitre, il me fallait quelque chose de plus aéérien, comme l’air envoûtant du charmeur de serpent, ou un éther originel, dans lequel gravitent les esprits… un esprit, c’est ça! l’esprit des lois! L’esprit du FAS!

Voilà ce que je cherchais. L’origine de l’esprit du FAS. Quelle(s) expérience(s) sont venues infléchir mon quotidien dans le sens d’un combat perpétuel de la stupidité par la stupidité. Pas facile. Il en existe, pour utiliser l’expression du dude avec qui j’ai fait des pochettes aujourd’hui, tout un florilège.

Je peux cependant me remémorer certains moments fort pittoresques de mon secondaire, qui sont sans contredit marquées du sceau de l’action stupide accomplie délibérément. Il y en a une cependant, qui se classe à part, parce qu’elle n’a pas ce caractère commun de simple voyoutage qu’ont les autres.

C’était un midi bien ordinaire, je ne me rappelle plus de la saison. Probablement l’hiver. Comme à chaque midi, nous fuyions plus ou moins la cour d’école et allions nous restaurer dans un des restaurants du mail de S*, le plus grand centre d’achat de toute la région avoisinante. C’était véritablement un gigantesque temple de la consommation et ce l’est toujours, que je sache. Les premières années où j’étudiais au Séminaire, j’étais fasciné par cet endroit, je me battais pour que mes parents m’accordent la permission nécessaire pour pouvoir quitter la cour d’école et m’y rendre. Cependant, invariablement, avec les années, mon regard s’était habitué au rutilant, au clinquant de l’endroit; je dirais même que j’arrivais à voir à travers le vernis les noeuds tordus de cet échafaud du consommateur. Image. Pour poursuivre sur la même image, je dirais que je réalisais que les planches étaient en fait toutes pourries et pire encore, que cette pourriture m’atteignait moi-même: dans cet endroit, je me décomposais.

Je n’étais pas le seul à être parvenu à ce stade gênant. La situation était devenue insupportable. Nous étions pris entre deux options également repoussantes: rester dans la cour d’école ou nous rendre dans ce mail devenu abject. Or, ce devait être l’hiver, puisque la première option n’était par principe pas envisageable. Comment cependant, affronter ce monde puant de musique d’ascenseur, de bijoux pour grands-mères, de boutiques branchées pour ados, de restaurants fast-food, comment, en un mot, garder son quant-à-soi au coeur de toute cette bêtise, sinon en se servant de la force de l’adversaire pour le vaincre?

Je me rappelle de ce midi-clé ou nous avons trouvé la solution. Comme d’habitude, nous quittions la cour d’école à l’heure du midi. Cette fois cependant, au lieu de partir en bande, nous n’étions que Mysterious et moi. Les raisons qui font que Mysterious se rendait dans ce mail étaient encore plus occultes que les miennes: pour ma part, je tentais de justifier le tout en arguant de la nécessité de manger pour ”vivre”. Mysterious, quant à lui, avait toujours son lunch, fait par sa mère attentionnée. Le chanceux. Quoiqu’il en soit, nous nous rendîmes au restaurant où l’on vendait de la pizza où j’engouffrai ma millième, arrosée de la fameuse «sauce toxique», le tout sous l’oeil quelque peu inquisiteur du Mysterious. Puis, je terminai mon repas et nous partîmes déambuler dans les couloirs du mail, suivant la même trajectoire arbitrairement définie par les secteurs dont nous n’avions pas été bannis pour nos frasques, un gardien sur nos talons, comme toujours.

Quel ennui. Étant ainsi épiés, il ne nous était plus loisible de nous divertir en faisant des tours de carrousel. Impossible également, de nous arrêter sur le divan au E*, pour visionner le blockbuster de l’heure. Nous étions condamnés à errer, de plus en plus conscients des tares de l’endroit, de son carrelage fissuré, de ses poutres de béton armés mises à nues, de ses espaces laissés vacants et bien sûr, de la cohorte de petits vieux plus ou moins zombifiés qui venaient y tuer le temps. Nous ne valions pas mieux qu’eux, d’ailleurs, sinon qu’à tenter de le tuer, nous y sommes parvenus. Le temps est mort, il s’est arrêté, nous nous sommes assis sur le rebord d’une fontaine en plein centre du mail, et alors il s’est s’est mis à se décomposer, en nous, et à entonner son chant de décomposition:

- Pluiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie!!!!

Ainsi retentit la première vocalise de ce processus irréversible

- Whiskyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy!!!

Je ne me souviens plus chez qui le mal a frappé en premier, mais déjà nous nous répondions de vive voix, faisant retentir toute la place de ces cris qui était pour moitié plainte et l’autre résignation, et nous reprenions en choeur:

- Orgiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie!!!

répétant inlassablement ces trois mantras de décomposition. Puis, nous prenions une pause, je me levais pour acheter un grateux, je le gratais, je perdais, et nous reprenions:

- Pluiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie!!!

- Whiskyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy!!!

- Orgiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie!!!

Nous avons répéter l’expérience à deux ou trois reprises la même semaine. Nous avions nommé l’activité la décomposition, ce qui nous donnait à peu près ceci: «eh Mysterious, est-ce qu’on va se décomposer ce midi?» «oh oui, avec joie!», etc.

C’est donc là que je situerais l’une de mes premières expériences d’action stupide, accomplie délibérément pour vaincre la stupidité, poussée à un degré voisin de l’art. Et vous chers fasiens et chères fasiennes, par quelle nécessité êtes-vous devenus promoteurs d’un quotidien délirant? Quelle est en vous la racine, le Ur-FAS?

bébé astronaute, 20 juin 2008
Enregistré dans :Mourir au Canada

À travers les remarquables exploits des aventuriers de la North West Company, qui défièrent courageusement pendant plusieurs décennies le pouvoir et la majesté de la Hudson’s Bay Company dans leur conquête du nouveau continent, le livre relate durant quelques pages les activités hivernales de ces “barons de la fourrure” :

The fur trade was a demanding but highly seasonal entreprise. While the rivers were frozen the Montreal-based nouveaux riches devoted their energies to outdoing one another at lavishly catered sleigh rides, card tournaments, private musical recitals and masked balls. One former winterer shod his favourite horse with silver and galloped through the city’s poorer districts, scattering showers of coins. He also loved riding into particulary fancy restaurants and ordering the animal a full-course meal. It was a comfortable if self-indulgent existence, but like veterans who can never transcend their time in the trenches, the citified Nor’Westers yearned to recapture the wild freedom and excitement of the frontier. Something, anything, to make the adrenalin pump again.

Thoses urges found their outlet in February 1785 with the founding of the Beaver Club, which became the quintessential NWC institution. Nothing like it could have been created by the prosaïc ramrods then in charge of the Hudson’s Bay Company. Despite its astronomical liquor consumption, the Beaver Club was much more than an urban watering hole. Here the Nor’Westers could abandon artificial dignities and re-create those heady times that had given meaning to their lives. Because it was only among their own that such nostalgia was lifted above it’s more mundane level of providing an excuse to get drunk and break furniture, membership in the Beaver Club was limited to fifty-five fur traders who had spent at least one full season in le pays d’en haut. Club rules were simple but rigidly followed. On admission, each new member had a gold medal struck, engraved with his name, initial wintering date and the club motto : “Fortitude in distress.” […] The repasts were convened at prestigious local dining-rooms […] where meals were served on the club’s crested crystal and china with matching silver cutelry. […]

Usually no one was sober enough to keep minutes of the proceedings, but Georges T. Landmann, a visiting British officer, left this description of a typical meeting in his Adventures and Recollections : “In those days we dined at 4 o’clock, and after taking a satisfactory quantity of wine, the married man… retired, leaving about a dozen to drink to their health. We now began in right earnest and true Highland style, and by 4 o’clock in the morning, the whole of us had arrived at such a state of perfection, that we could all sing admirably, we could all drink like fishes and we all thought we could dance on the table without disturbing a single decanter, glass or plate… but on making the experiment we discovered that it was a complete delusion, and ultimately, we broke all the plates, glasses, bottles, etc., and the tables also, and worse than that all the heads and hands of the party received many severe contusion, cuts and scratches… I was afterwards informed that one hundred and twenty bottles of wine had been consumed at our convivial meeting.”

Landmann diary noted the presence of a dozen guests at the gathering, which translated into an incredible ten bottles of wine each - but that tally did not include the large quantities of ale, porter, gin and brandy also drowned on these occasions.

Peter C. Newman, Caesars of the Wilderness

Moi qui pensais que nous avions un quotidien délirant

Amygdale,
Enregistré dans :Cool is class war

C’est le quatrième fois que je me fais virer en trois ans. La première fois, ça m’a fait un choc. Maintenant, une surprise, certes, mais sans plus, avec ce constat: ça tombe pile. J’en avais marre du cimetière. Je veux dire, c’est une belle place, tranquille et tout, mais travailler les soirs de weekends pendant tout l’été, voilà qui me donnait de l’urticaire juste à y penser. Plus d’amis, plus de spectacles, plus de Gonzesse Land. Je sais pas encore pourquoi exactement ils ne veulent plus de moi, j’ai contacté la répartition qui va me rappeler aujourd’hui. Peut-être qu’ils se sont rendu compte que je dormais sur la job. Peut-être qu’ils en avaient marre que je demande des congés à tout bout de champ. Eh! à quoi tu t’attends, boss? J’ai pas juste ça à faire dans la vie, moi, l’éthologie des ratons-laveurs.

Pendant ce temps-là, mon directeur me tourne en dérision dans ses échanges avec les bénévoles de l’école d’été. Ils ont besoin de gens pour concevoir des pochettes destinées aux participants de cette série de conférence; mon directeur m’a référencé à la responsable de l’opération sous l’épithète «grand blond de service». Depuis que je lui ai dit que j’ai sorti un album de rock, il arrête pas de me taquiner. Il me demande si je peux lui «sortir» un chapitre, il dit que la job qu’il m’offre va me servir à payer mon nouveau style de vie de rock star, etc. J’avais d’abord refusé cette job parce que ça me gênait d’être payé pour faire un travail que d’autres font bénévolement.  J’ai mon orgueil de rock star.  Puis, j’ai pensé: «eh rock star, appelle-donc à la répartition pour savoir s’ils t’ont accordé les congés pour les shows». Alors là j’ai appris que oui, et même TOUS les congés que tu veux, mon grand blond.

Finalement, je vais la prendre, la job de pliage de pochettes. Après tout, les pochettes, ça me connait…

TORONTO (INTOXICATED PRESS)- Plusieurs activistes du FAS ont été, par le passé, neutralisés en Ontario. On apprend maintenant qu’une cellule complète du FAS, avec têtes dirigeantes mégalomanes et tout, a été neutralisée par la GRC à l’été 2006, dans LA MÊME DITE ONTARIO. C’est pas Herby Stupp qui le dit, c’est radiocan.

À part quelques status facebook mis à jours par les membres du FAS, rien en vue.

Mysterious, 15 juin 2008
Enregistré dans :Citations et aphorismes

Athanase : La vie est un légume imparfaitement cuit.

La bergère : Quoi?

Athanase : La vie est un aliment que personne n’arrive jamais vraiment à cuire…

Voici une citation que j’ai trouvée dans ma chasse aux Gedankenexperiment:

« La « chose en soi » (qui serait précisément la vérité pure et sans conséquence) reste totalement insaisissable et absolument indigne des efforts dont elle serait l’objet pour celui qui crée un langage. Il désigne seulement les rapports des hommes aux choses, et pour les exprimer il s’aide des métaphores les plus audacieuses. Transposer une excitation nerveuse en une image! Première métaphore. L’image à son tour transformée en un son! Deuxième métaphore. Et chaque fois, saut complet d’une sphère à une autre, tout à fait différente et nouvelle. Imaginons un homme qui soit tout à fait sourd et n’ait jamais perçu de son ou de musique : de même qu’il s’étonne sans doute des figures acoustiques de Chaldni formées sur le sable , découvre leur cause dans la vibration des cordes et jurera alors au vu de cette découverte qu’il ne saurait ignorer désormais ce que les hommes appellent les sons, ainsi en va-t-il pour nous tous en ce qui concerne le langage. Nous croyons posséder quelque savoir des choses elles-mêmes lorsque nous parlons d’arbres, de couleurs, de neige et de fleurs, mais nous ne possédons cependant rien d’autre que des métaphores des choses, et qui ne correspondent absolument pas aux entités originelles.»

In Nietzsche, vérité et mensonge au sens extra-moral.

Poufiasse, 11 juin 2008
Enregistré dans :Cool is class war

Quand je sors de chez moi, ou encore que j’arrive, faut vraiment que je fasse gaffe de ne pas me faire avoir par ma voisine qui est assise sur le perron. Disons qu’elle a beaucoup de jasette. D’habitude je suis toujours courtois, sympathique même-mais j’ai un truc. J’accapare toute la conversation tout en gossant avec la serrure et quand ça ouvre, je me pousse vite fait à l’intérieur de mon vaisseau spatial, exemple: Bonjour,cavabienaujourd’huiOufdurejournéeYfaitbeauonestdoncgatéparlatempératurebon

benfautjmeFASàsouperbonjourlà!

Une fois elle m’a eu avec des sucres à la crème. J’ai été quitte pour une bonne demi-heure de conversation triviale. Ce n’est pas qu’elle n’a pas une conversation agréable, mais disons que le fossé générationnel est plus profond que nos échanges.

Aujourd’hui j’ai laissé mes clés au boulot, en plein la journée qu’elle s’est installé un nouveau banc : un doublewhammy conversationnel. J’ai appris que “yé parti vite”, ca ne veut pas dire déménager rapidement. J’ai aussi appris que ma voisine n’était pas une comère et qu’on pouvait lui confier n’importe quoi, elle ne le raconterais même pas à son mari. J’ai eu envie de lui dire que j’étais davantage du genre à raconter nos conversations sur le FAS, mais ça aurait été long à expliquer et je venais d’acheter du poisson qui perdait de sa fraîcheur de minute en minute.

Zepoulpe, 10 juin 2008
Enregistré dans :FAS - Rencontres

Alain prend son pied en faisant ce que tout le monde est incapable de faire : ouvrir les portes d’une voiture qui ne lui appartient pas, prendre le contrôle d’un cellulaire à distance et le faire composer un numéro 1-976, décrocher un contrat avec une boîte de pubs pour la conception d’un spot de céréales (même s’il ne conçoit pas de pubs), fabriquer un bijou en or de 5 kilos, déboulonner les wagons de métro, démonter un moteur de tondeuse et le remonter pour en faire un bateau télécommandé, fabriquer un skate à moteur que les Japonais veulent acheter, etc.

 

Le plus drôle, c’est que personne ne sait vraiment ce qu’Alain fait dans la vie. On m’a déjà dit qu’il était producteur d’événements (et c’est vrai que son téléphone sonne souvent) et aussi qu’il faisait des «gros coups d’argent par ci, par là». La cousine de ma blonde affirme qu’il «vend des affaires», mais elle ne se sait pas quoi. Ses horaires semblent variables, voire atypiques. Ses colocs, invariablement des Français en échange, doivent bien le savoir, mais dès qu’on m’en présente un et que je viens pour lui demander, zooouup, il est reparti en France !

En plus - et je pèse mes mots - il semble que TOUTE la ville connaisse Alain… Des vieux amis du secondaire que j’avais totalement oubliés m’appellent pour me dire qu’ils prennent une bière avec Alain, ma mère connaît Alain, mon médecin connaît Alain, ma soeur connaît Alain et je n’ai même pas de soeur. Les électriciens connaissent Alain, les soudeurs connaissent Alain, les profs de français connaissent Alain, les Colombiens connaissent tous Alain; les ratons-laveurs sous ma galerie s’arrêtent de creuser pour me demander des nouvelles d’Alain, un pompier pris dans un arbre a déjà été sauvé par Alain et la plus petites des plus petites babouchkas m’a dit l’autre jour, en sortant du ventre de sa grande soeur/mère « tu salueras Alain pour moi, c’est un vieux pote ».

Facebook a bien entendu été créé à la demande d’Alain et est conçu à partir d’une photographie de son agenda. Alain a plus d’amis que Denis Coderre et Philippe Schnobb réunis. Les créateurs de FB appellent Alain avant de faire un changement à leur profil. Si tu invites Alain à quoi que ce soit, tu gagnes automatiquement 22000 armés, trois z et six o, 1 million de chips au poker, toutes tes games d’échecs, tu signes automatiquement toutes les pétitions et tu deviens ami avec tout le monde. Kim-Jung ill a demandé d’être ami avec Alain pour des raison géostratégiques. Obama a gagné parce qu’Alain a mentionné son nom dans un message texte, une fois. Quand tu cherches quelque chose sur Google, le système demande d’abord à Alain son avis. L’entrepôt d’E-bay, c’est le garde-robe d’Alain (et il reste de la place en masse). Alain a un député qui ne représente que lui à Ottawa et à Québec; oui, Alain est officiellement une circonscription.

Alain = André Sérouille + santé mentale + vie sociale

Rhaa, 9 juin 2008
Enregistré dans :FAS - Rencontres

Ensemble de chaises a jardin, 7 juin 2008
Enregistré dans :Non classé

Mysterious, Sens caché - 2 - Épiphanie du sens, toile éclairée, 78 000$

Ensemble de chaises a jardin,

mode fassienne

Intoxicated press

De fructueuses négociations on abouti sur un accord historique entre le Front d’Action Stupide, Le Laboratoire de Métaphysique Expérimentale, et le philosophe marathonien Amygdale Lecteur.
L’association de ces trois acteur devrait permettre un renouvellement sans précédent de la recherche dans ce champ d’étude méconnu qu’est la métaphysique expérimentale, en permettant au Laboratoire de poursuivre la matérialisation de nouvelles gedankenexperiment dans des conditions encore jamais atteintes: Le vide interplanétaire.

Très-beau et très-exquis hameau sis
Au coude d’un fleuve hyperboréen
Le soir compte ses âmes aussi
Car dans ses fonds dédaléens

Une jeune ondine, ou un blondin
De passion anodine, de jeux mondains
Y coule à pic, à se débattre
Dans un lit noir où l’on ne va point s’ébattre

On tente en vain de les rescaper
Pour en faire des effigies priapées
Dans le fleuve Amour, toutefois
L’on ne se baigne jamais deux fois

Faisant irruption dans cette contrée
Je vis sur la rive une dame accroupie
Et il me fût impossible de contrer
Ma bête fauve jusqu’alors assoupie

Dame ! Voyez que ma toison
N’a rien à envier à celle du bison
Ardente et chaude est ma force
Comme la flamme hirsute de mon torse

Mais la dame se détourna de son sigisbée
Alors y complaire, je dus incontinent entonner
Ce refrain :

« Je suis le roi du toc
Et mes poèmes
Sont des reines de village »

Mysterious, Manque d’inspiration -1- Sens caché, bison sur toile, 2008, $5000.

Rhaa,
Enregistré dans :Non classé

Pour ceuses qui n’étaient pas encore au fait; je suis père et ce depuis bientôt neuf ans.

J’ai, derrière la carvate, presqu’une décennie de tranches de vie d’un cute-isme à faire crouler toutes les matantes de la province sous leur empathie maternelle, de souvenirs inoubliables, de leçons capitales sur la vie et sa soeur, d’un amour réellement inconditionnel, d’un sentiment d’appartenance et d’accomplisment absolu etc… etc… Bref d’expériences que jamais je n’échangerais pour vos dizaines de trips de backpackers sur les 99% de cette petite planète qui me sont étrangés, vos milles-et-une histoires de brosses dans le fin fond du jura scandinave, de rock n’ roll à Phnom Pehn, de fesses multitcolores et de coeurs saignants que je n’ai jamais réellement compris d’aileurs.

bon, ou voulais-je en venir avec ce préambule à la guimauve ? le titre, ouais: le titre.

C’est un garçon. Un gars. Comme moi, avec une bite, des couilles et tout et tout.  Le terrain connu, quoi.

Putain que je l’ai échappé belle.

Me considérant comme un des pires sociopathes que je connaisse (je fais des efforts herculéens, vous pouvez pas savoir) , vaguement misogynemais surtout mal léché et mal baisé; je ne vois pas trop comment j’aurais pu toffer neuf ans à essayer de faire d’une enfant une Femme dans ce monde de meeeeeeerde.

J’ai lu l’entrefilet sur cyberpowercorp.ca sans trop me soucier. On ne s’étonne pas trop de voir le blogue des mamans s’offusquer d’un tel site. )n se dit qu’elles sont tombées dans le didon du panneau canulard de la farce à claquettes.

Jusqu’à ce que fiston, qui convoitait l’Internet par dessus mon épaule, s’exclame: ” -Pfeu! Tu joues au même jeu que les filles à l’école. C’est plaaaaate! Je vais terminer mon Amos d’Aragon numéro 218, appelle-moi quand le souper est prêt.

- Ti-c… monde de meeeeeeeeerde…”

http://www.ma-bimbo.com/

(suite…)

Mysterious, 5 juin 2008

Cool is class war?

Hier, j’ai été happé par la ville et n’ai pu écrire mon article quotidien sur le FAS. J’ai été faible, je sais, et, pour compenser, j’ai erré sous la pluie, buvant des bières, ici et là et en diverses compagnies, dans l’espoir qu’il m’arrive quelque chose que je puisse raconter sous la forme d’un cool is class war, mais en vain. La fin de la soirée m’a toutefois amené à vivre une expérience inquiétante qu’il me faut vous relater.

Scissiparité

Je suis rentré chez moi vers 2h00 AM, trempé par la pluie et légèrement ivre. C’est toujours dans ces moments-là que me vient l’envie de faire de la soupe. J’aime cuisiner la nuit. J’ai donc sorti patates, céleris, tomates, persil… et commencé à couper. Mon couteau coupe bien. Rhaa (un jeune homme plein de qualités) est passé l’autre jour chez moi et l’a aiguisé. Je coupais à toute allure en fredonnant des chansons de marins :

C’est de la faute aux fayots
Si on est mal sur les bateaux
Ah fayots fayots fayots
Tu nous fais gonfler la peau
Pas moyen de les digérer
Les petits pois
En France il faut espérer
Qu’on finira d’en bouffer
Des sales fayots

Mais – malheur ! – débordant d’enthousiasme et coupant comme un déchaîné, je confondis mon doigt avec une carotte. Argl! Il ne fut pas qu’entaillé ; il fut sectionné. J’hurlai de douleur, mais la terreur vint bientôt chasser ma souffrance. Le moignon de mon doigt cicatrisait à une vitesse stupéfiante et mon doigt, détaché de mon corps, s’animait, comme s’il pouvait vivre indépendamment de moi. Il grouillait sur la table et, à sa base, là où le couteau avait tranché, quelque chose poussait. Je vis bientôt apparaître deux jambes minuscules à l’extrémité du doigt, qui se mit à danser, puis, continuant de croître et de se métamorphoser, il prit peu à peu l’apparence d’un petit être de quelques dizaines de centimètres de haut, d’un nain malicieux imitant en tout point mon apparence : mon nez, mes yeux, ma bouche, mes splendides cheveux de bataille, mes mains, mes bras et mes jambes… Je redoutais d’être confronté à moi-même, mais, surtout, je me demandais comment ce double de moi avait pu prendre vie à partir de mon doigt mort. De nos jours, les jeunes s’émancipent tôt. La crise d’adolescence a souvent lieu dès la pré-maternelle. Mon double miniature me fixa dans les yeux et me dit : « Mysterious, je ne veux pas partager ton quotidien et je ne crois pas que tu sois un modèle à suivre. Je m’éduquerai seul, loin de toi et des hommes. J’irai vivre sur le continent de plastique. » et il partit.

J’allai donc me coucher et, avant de m’endormir, me vint, claire comme une larme au coin de ton œil, l’explication de ces événements. Je me rappelai ce qui devait être à leur source, une expérience passée qui avait peut-être fait de moi un être mutant, que l’on peut découper, mais qui s’autoregénère, une entité peut-être immortelle, à la fois belle et redoutable : imaginons que l’on me découpe en mille morceaux et que le monde soit envahi par mille Mysterious ! Bref, je me rappelai : les lombrics frits dans l’huile.

Recette

C’était il y a quelques années. Nous faisions la fête sous un pont. Il pleuvait à siau. Des vers de terre sortaient du sol par dizaine pour ne pas mourir noyés. Ils s’allongeaient sur une terre maculée de fiente de pigeons et imbibée d’huile à moteur, de litres de bière, de pisse d’ivrogne et, sans doute, du sang des générations de jeunes marginaux qui s’étaient battus sous ce pont pour conserver le contrôle de ce lieu magique. Je ne sais pu qui eut l’idée, mais nous décidâmes de manger ces vers de terre. On se disait que la consommation de lombrics était un excellent moyen de mettre un terme à la faim dans le monde. On en trouvait partout. Ils étaient longs, ils étaient doux. Nous allâmes donc chez l’affreux Lapine, coupâmes les extrémités des vers, en retirâmes grossièrement la terre qu’ils contenaient et les jetâmes dans une poêle, avec de l’huile et un peu d’ail, et nous les mangeâmes. C’était croustillant, un peu comme des chips avec quelques grains de terre dedans. Mais ces lombrics étaient nés et avaient grandi dans une terre souillée. Les consommer avait fait de moi un homme nouveau. C’est difficile à dire, mais je dois l’assumer : je suis lombric-man.

Amygdale,
Enregistré dans :Triviale poésie

Comme maintes baies séchées
Les bleues, au creux de ma main
Sont entre toutes mes préférées;
C’est pourquoi j’en prend huit chaque matin

Puis, réconcilié avec le mobilier
Devenu chat, nature animalière
Je sors, et va comme l’écolier
Faire dans les rues l’école buissonnière

Je caresse les arbustes, j’épie les bosquets
Je fais mon Liban de cette haie de cèdres
Mes jardins suspendus de ce joli bouquet
Et tout mon quartier devient un polyèdre

Gemme aux milles aspects
Dé roulant sur ses faces
Grand Œil de l’insecte
Temple de Samothrace

Prenant soudain conscience
Des tyrannies de la faim
Pour satisfaire ma panse
Je dois stopper en train

Comme par bonheur,
Se trouve là une beignerie,
Aussitôt, j’entre en sueur
Lupus dans une bergerie

M’approchant du comptoir,
Sachant pourtant que j’ai tors,
Je fonde tous mes espoirs
Sur la pensée d’un mol tore

Combien de choix! Combien de saveurs!
Je ne puis un instant mon appétit différer
Qu’aux baies l’on me gâte, par faveur!
Je demande les bleues, mes préférées

Zepoulpe,
Enregistré dans :Entomologicae Bestiare

C’est incroyable !

Mon mûrier se porte à merveille !!! Pour honorer cette beauté si difficile à atteindre, j’ai décidé de me comporter décemment. La ville m’a d’ailleurs envoyé un message assez clair : “Monsieur, si vous ne cessez pas d’être aussi désagréable avec nos préposés, et si vos lettres continuent de contenir un nombre aussi impressionant de jurons, nous devrons imposer des sanctions.”

J’avoue, j’ai pris peur, mais je me suis aussitôt calmé. Il faut dire que mon mûrier est simplement magnifique ! Plein de fleurs et d’une vie que je n’aurais jamais imaginée…. Les insectes sont presque tous partis, sauf ces magnifiques vers de terre qui sont si doux au toucher…

La ville m’a averti que si je continuais à vouloir mettre des pesticides dans mon jardin, elle entreprendrait des actions. Je n’ai pas vraiment écouté ce que le huissier - un homme de petite taille qui parlait plus fort qu’à l’accoutumée - me disait. Mais j’ai tout de suite réalisé l’absurdité de ma démarche.

À l’époque j’étais en colère et je ne saisissais pas la diversité des sentiments qui m’habitaient. En fait, j’ai toujours beaucoup aimé la ville où je vis et mes voisins sont mes amis. Les mots si durs que j’ai utilisés n’étaient que les reflets d’un être qui ne voulait pas grandir, d’une personne qui était socialement et humainement en retard sur les autres, d’un être qui refusait de voir ses propres faiblesses et qui fabulait celles des autres. Mais grâce au Docteur Choubadaoui, j’ai compris que j’étais à cette époque un être frustré, solitaire et misogyne…

Ça fait maintenant presque que six mois que je prends malgré moi ces délicieuses pilules bleues. Je suis maintenant un être épanoui qui se satisfait de peu. En fait, depuis que les gens de l’hôpital me permettent de manger des trucs durs, je me sens vraiment pleinement satisfait et je ne cesse de me répéter que “Je mange du dur” !!!

Maintenant, enfin, ma vie fait du sens !

Mysterious, 4 juin 2008

J’ai un chat dans la gorge ; il n’est pas dégriffé. Je tousse et je crache en vain : impossible de l’expulser. Il fait ses griffes sur les parois de mon larynx. Ses miaulements résonnent dans mes poumons. Ce n’est pas très agréable.

J’ai consulté un vétérinaire. Il existe des sirops qui pourraient m’aider à déloger l’indésirable matou. Pris à raison d’une cuillerée à soupe aux quatre heures, ils devraient lentement faire fondre ses poils et sa chair afin que je parvienne à l’expulser hors de mes voies respiratoires, mais voilà qui suscite chez moi des questions d’ordre moral : éliminer le chat pour sauver ma gorge ou vivre tant bien que mal en symbiose avec lui, qui ne demande qu’à fuir, qui se demande bien ce qu’il fait là, mais qui ne parvient pas à sortir ? Pourrais-je l’apprivoiser à grands coups de verres de lait afin qu’il se mette à ronronner, suivant le rythme des battements de mon coeur, plutôt que de continuer à lacérer mes voies respiratoires ? J’hésite. Je respire mal et mange difficilement. Des miaous sortent de ma bouche quand j’essaie de parler renouvellement de la gauche ou triviale poésie. Ça ne fait pas sérieux. Dois-je me sacrifier pour sauver ce matou ? Ou puis-je éviter le sacrifice pour retrouver, grâce à lui, ma vraie nature sauvage, rugir comme le tigre, pisser dans les coins, être fauve ? Ce matin, au réveil, j’ai trouvé la queue d’une souris à côté du lit. Je me suis léché les lèvres, j’ai remué l’oreille et je me suis étiré, avant de commencer ma journée.

bébé astronaute,
Enregistré dans :FAS - Rencontres, Manifeste

Veuve des bois cherche orignal pour barbecue

bébé astronaute,
Enregistré dans :Art is evil, Mourir au Canada