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Les annales du FAS

Le site des sympathisants du Front d’Action Stupide pour un quotidien délirant

mai 2008

Amygdale, 31 mai 2008
Enregistré dans :Triviale poésie

Sis sur une pierre aux abords du chaudron
Ma tête dardée des rayons du soleil
Tandis que j’épie le trajet d’un moucheron
Comme une idée sur la conscience en éveil

Il s’agit d’une patineuse, ou gerris lacustris
Ce ciseau délicat, qui va tout à sa guise
Effleurant l’onde, comme le prophète de l’église
Taillant des habits aux eaux réfractrices

Miracle! En cette nef de fougères et d’arbustes
Je dégaine un grand ahan, comme un glaive de mon buste
Et la paix m’envahit, comme si j’étais mon bourreau
Et que le conflit se trouva en mon cœur ce fourreau

Songeant alors à une fleur, à sa jolie robe
Je suis léger, et ma main superhydrophobe
Posée sur sa corolle, glisse par effet lotus
D’un vallon à son delta, à cet angle obtus

Ah! Milieux humides! Que mon bras vous protège
Des fâcheux qui vous drainent et vous assiègent
De ces bulldozers, qui vous remblaient de bêtises
Et des condominiums, qui font votre hantise

admin,
Enregistré dans :Bidons et autres contenants

Rassurez-vous tout le monde. Aucun texte n’aura été perdu, et même que la plupart des accents sont encore là sur un backup que je viens juste de trouver. Grâce à Robodrigue, les nouveaux articles datant d’après mars sont retrouvés, sauf ceux d’aujourd’hui. Les commentaires pour ces textes ont malheureusement aussi disparu. les descriptions des catégories sont également sauvées. sauf peut être les accents. Les commentaires pour avant mars sont disponibles. Je vous envoie un fichier texte des articles sauvegardés jusqu’à décembre 2007

je me chargerai de ceux qui font suite

Backup des textes avec accents jusqu’à décembre 2007

(sans les commentaires, qui sont dans un fichier fucked up auquel je travaillerai plus tard)

en revanche, on a un nouvel outil qui nous permettra d’avoir un site plus intéressant pour les visiteurs. Cet outil a aussi une merveilleuse fonction qui permet de faire un backup du site sans fucker les accents! Et une autre qui vous permet de vous inventer une biographie d’auteur. De plus, de petits extraits peuvent être rajoutés à différents endroits: Vous pouvez d’ores et déjà modifier le petit texte en rouge évoquant les catégorires qui déplaisait tant à Mysterious, en éditant la page “À propos du FAS”

Allez y jeter un coup d’oeil quand j’aurai refait vos users… et si je vous oublie, écrivez-moi fas@mjack.net pour en avoir un nouveau.

FAS Vaincra.

Zepoulpe, 30 mai 2008
Enregistré dans :Bidons et autres contenants

Cette expérience de l’autodafé virtuel que nous avons vécue - chacun à sa façon selon que votre cortex est apte ou non à supporter ce genre de changement drastique - nous fera, je crois, tous et toutes grandir un peu.

Aussi, je pense que l’occasion est bien choisie pour se recueillir un brin et songer à tous ces écrits oubliés qui ont glissé dans la bouche d’égoût de l’histoire, à ces lettres d’amour pas assez affranchies, à ces télégrammes chantants victimes d’instinction de voix, à ces messages téléphoniques effacés par erreur, à ces blind-dates que la fille n’était pas comme dans l’annonce, à ces courriels que tu peux pas envoyer parce que ça marche juste pus, à ces romans apocryphes que le gars était en train d’écrire mais a oublié de mettre son nom avant de crever, à ses poèmes sussurés à l’oreille d’une jolie sourde …

Bref, faut prendre tout ça avec un grain de sel !

Merci à Mjack, Robodrigue, Rha et Amygdale pour leur travail de récupération inespérée. J’avoue que j’ai perdu un texte (Le cycliste en orbite), mais en y repensant, il n’était pas si bon. Quoique ceux qui l’ont lu pensent sûrement le contraire…

Je passe le balais dans la cuisine et je n’arrive pas à faire décoller de par terre un espèce de vieux bout de fromage moisi, je le gratte du pied gauche, du pied droit, avec un couteau, avec mon doigt, mes ongles, je le gratte avec mes dents, il reste collé, il ne se désagrège même pas, il est plus solide que du bois. Je me met à frotter comme un dingue, je suis obsédé par ce bout de fromage moisi, il est mal odorant, il me fera honte, mes invités croiront que je suis quelqu’un de sale, de très sale, de méchant, de pourris. Du fromage moisi, plein de champignons microscopiques qui grimpent, qui se multiplient, qui se trultiplient, qui se centrultiple même, qui se regroupent et forment une armée de bactéries vicieuses, mangeuses de chaire, avide de cellules fraîches. Les jours passent, l’air s’oxyde, se monoxyde, se cyanurise presque; c’en est effroyable… l’odeur est telle que je fais mes boîtes, encore plus de boîtes, plus et plus et plus de boîtes, j’empoigne ma peluche, mon pyjama, mes 3 brosses à dents, ma collection de lunettes de lecture, mon jeux de parchesi, non pas mon jeux de parchesi, mon jeux de scrabble, non pas le scrabble, le monopoly ? au diable le monopoly, je suis mauvais perdant. un simple jeux de carte, oui j’empoigne un simple jeux de carte, ma perruque colombienne, ma truite de corail domestique, j’ouvre le réfrigérateur, j’y prends mes capsules de thé des bois, mon herbe à poux, dans le placard, mon balais cheval, ma cape du roi, mon chapeau de vicking, je laisse à regret le trident du diable et dans une grande valise à roulette, la poignée movible en moins, je fourre le tout, avec beaucoup de plaisir, mais aussi un peu de douleur… oui car je songe à cet endroit que je quitterai pour toujours… mais au fond qu’est-ce que je raconte, cet endroit sordide, puant, plein de putes, de drogués, de smicards, de cafards, et aussi puant qu’une toilette turque sous le soleil de juillet, je quitte heureux, victorieux, le regard plein d’avenir, enfin libre.

L’autre jour, j’ai fait réparer mon vélo chez Vélo V. - ça fait 12 ans que je l’ai sans me le faire voler, un reccord absolu à Mtl, et je n’ai à peu près jamais mis d’argent dessus. Mon ami T, un terrien à classer dans la catégorie des gentils, m’avait dit « passe en fin de journée, je te mettrai ta guidoline et on parlera ». En arrivant dans sa boutique qui est environ grande comme deux fois le tour de taille de Mysterious, je me retrouve nez-à-nez avec un cycliste dans son milieu naturel. T me le présente «voici F un ami très proche avec qui je fais du vélo». Je me suis demandé c’est quoi diable un ami «très» proche ?

Le F en question est habillé comme une guidoune (le revêtement du guidon), c’est-à-dire dans un lycra super-ajusté aux couleurs subtilement nuancées de jaune serin et de vert lime, entrecoupées de lignes turquoises, mauves, roses et noires. L’ensemble donne au outfit du monsieur un air vachement alpin qui n’est pas sans rappeler Eddy Merckx en danseuse lors du Tour de 69. Il marche comme une cane qui vient de se faire enculer (à cause des pédales à clips), porte une barbe blonde, des cheveux frisés blonds et un sourire qui se veut intrigant mais qui n’est que niais. Il porte bien entendu des cuissards qui laissent entrevoir sa petite graine frette de cycliste.

Quelques fois dans la vie, et malgré des dispositions adéquates (pas faim, pas soif, pas envie, pas de contravention, pas de dent qui bouge, pas de dette avec la pègre, etc.) des gens nous sont immédiatement, au moment même où on les aperçoit, parfaitement et indubitablement antipathiques. Je fais l’hypothèse que c’est une question de phéromones, mais Charles Tisseyre ne retourne plus mes appels depuis l’événement de Noël dernier.

F et moi, on regarde T mettre de la guidoline en geignant parce que c’est à peu près aussi plaisant que de mettre une capote à un manchot lors du téléthon enfant-soleil. F regarde mon Cannondale couleur vert-décâlissé en soupirant, l’air de dire «les gens roulent vraiment sur n’importe quoi». Moi je suis bien content que quelqu’un qui s’y connaît fasse cette tâche ingrate.

« Je suis content de pouvoir payer pour ne pas avoir à faire ça, que j’ai dit pour passer le temps.»

« Moi, ça me prend juste 5 minutes faire ça. Les yeux fermés. »

Super, un modeste. Pendant que T répond au téléphone, F, se croyant en droit de me parler, commence alors à me dire ce qu’il fait en termes d’exploits au quotidien (rides de bike jusqu’au Yukon, grosse maison, grosse job, responsabilités, filles accrochées à son palmarès, préparation d’un «Tour de France» en Suisse, etc.) Je l’écoute d’un air distrait (j’ai gardé mes lunettes de soleil), mais il me pompe la rate et j’ai juste hâte d’être ailleurs, sans cet ami proche.

Soudain, il se rend compte qu’il parle tu-seul.

« Bon, assez parlé de moi ! Comment tu trouves mon bike ? C’est un cadre italien que j’ai fait venir directement de… »

Pfff…

Ça, c’était mardi de la semaine passée. Depuis, j’ai vu F à 9 fucking reprises !! Chez Loblaws, à la SAQ, au Else’s, à l’animalerie, au Mont-Royal, au Parc Maisonneuve, chez un ami (qui n’a rien à voir avec lui), sur la rue Duluth ! Toujours, il a sa même criss de face de tarla, son sourire de super-héros à la retraite, une démarche de jument constipée et ses esti de souliers à clips ! Deux fois, il m’a vu sans me reconnaître (évidemment, j’étais dans la foule pendant son monologue) et c’est tant mieux, je pense que je lui aurais swigné mon cadenas en pleine face. Peut-on l’inclure dans le voyage sur Mars Amygdale, pliiiiiize ?

Je le kicke moi-même en orbite.

Je suis assez étonné que le projet de loi sur les enfants non encore nés n’ait pas encore fait l’objet d’un article du LME. J’en profite pour reproduire ici et intégralement, une partie d’un courriel du parti de Jack “I’m honoured to introduce myself/je suis honoré de m’introduire en vous” Layton. Le français de Toronto me fait toujours marrer. Ceci dit, j’y serai, si je ne bosse pas et qu’il ne pleut pas.

> English follows
>
> Rejoignez nous la bannière du NPD pour manifester contre le projet de loi C-484
>
> Manifestation d’opposition au projet de loi C-484 et pour démontrer notre appui à nos député-e-s NPD en envoyant un message clair à Ottawa que nous n’accepterons pas de revenir en arrière!
>
>
> Le 21 novembre 2007, le député conservateur Ken Epp déposait, à la Chambre des communes du Canada, le projet de loi C-484 : Loi sur les enfants non encore nés victimes d’actes criminels. Bien qu’il ait été déposé par un député conservateur, ce projet de loi privé fut préparé par un groupe de députés contre l’avortement, dont des députés libéraux.
>
> Infos : http://contrelec-484.blogspot.com/
>

>
>
> Manifestation dimanche 1er juin
> Rendez-vous à 14h00
> Départ à 14h30 pile
>
> Du coin des rues St-Joseph et St-Laurent à Montréal

Charles Bussières
Organisateur
Nouveau parti démocratique
section québécoise

Activistes du FAS, je compte sur vous pour des idées de pancartes. Vous connaissez l’acronyme.

bébé astronaute, 26 mai 2008
Enregistré dans :Bidons et autres contenants

Fasciens, fasciennes, je crois que nous avons affaire à un imposteur, voire même, un espion. Je crois qu’un des membres du FAS, peut-être déçu d’avoir écoulé moins de fascicules au Rendez-vous des publications parallèles qu’au dernier expozine, a imaginé de toutes pièces ce personnage fraîchement débarqué à Tétreaultville pour détourner vers d’autres blogues les troupes de fasciens épuisés par les soirées passées dans une cave humide à couper, plier et brocher le tout nouveau fascicule du FAS spécial “probable, mais dégage”, exposant leurs plaies béantes à la merci des infections. Moi, je vous dis : soyez vigilents!

Je sais, vous allez dire : “bébé astronaute, vous êtes complètement parano.” Et que je veux toujours semer la bisbille partout.

Mais allez donc me dire, vous qui étiez présents au RVPP, vous qui avez entonné en choeur “Québec j’te chante” en franchissant le pont Pierre-Laporte, vous qui avez découvert un admirateur inconnu se procurant ipso facto une superbe affiche “La liberté et/ou la mort” en plus de la collection complète des sept fascicules du FAS, prétextant qu’au dernier RVPP il n’en avait acheté qu’un seul exemplaire et avait passé le reste de l’année à le regretter ; vous qui plus tard, après d’interminables déambulations, avez retrouvé votre jeunesse en faisant le pogo parmi une foule de jeunes punks en délire qui soulevèrent Mysterious du sol pour le faire voguer au dessus-de leurs têtes ; vous qui avez passé la nuit sur la corde à linge de Joseph et Coco Acto (en fait, sur leur plancher) ; vous qui avez rafraîchi votre corps endolori dans les eaux glaciales du Lac des îles malgré la peur de voir surgir un coyote à cornes des buissons, dites-moi : Comment Sugurukun aurait-il pu savoir que nous nous sommes tous nourris de gummy bears durant notre épique traversée de la 20 (sauf mjack, qui n’aime pas les bonbons), et tenter ainsi un rapprochement innocent avec les activistes du FAS sur les bases d’un amour commun des nounours en gelée? Et surtout, pourquoi?

Touche-toi, 23 mai 2008
Enregistré dans :Cool is class war

Cet après-midi, je suis allée me promener et j’avais rendez-vous plus tard avec un copain pour prendre un breuvage chaud. Je suis donc assise à une table dans un café et j’attends le dit ami qui, comme d’habitude, est horriblement en retard. Je m’en fout, je me tape un bon latté, je lis le journal, il pleut dehors, je suis bien. Tout-à-coup, une femme de petite taille, début trentaine environ, joyeusement enrobée, à la crinière de feu et au maquillage des plus digracieux (genre job de paintbrush), interrompt ma lecture: “Salut, est-ce que tu t’appelles M*?” me dit-elle, tout sourire. Assez étonnée et avec un air assurément perplexe (je n’y comprends rien) je répond : ” Heu, oui ….”, elle me regarde et se présente:” Moi c’est S*…” Je me dis que je n’ai jamais vu cette fille de ma vie. Je dois avoir l’air perdue car elle ajoute: ” Ben tsé, t’es mon blind date…” Totalement prise en débribu je lui répond qu’elle fait erreur, que je ne suis pas la bonne M* et que j’attends un ami. Elle n’a pas trop l’air de me croire mais s’excuse et retourne s’asseoir à sa table, de biais à la mienne. Je retourne à mon journal mais je ne peux m’empêcher de me sentir observée, elle ne m’a décidément pas cru et me fusille du regard. Mon ami qui n’arrive toujours pas n’aide vraiment pas ma cause. J’ai l’air de la date qui, la voyant, n’a pas aimé ce qu’elle a vu et a inventé une histoire pour s’en sortir. Mon ami ne s’est jamais présenté, sa date non plus d’ailleurs et j’ai dû finir mon café sous le regard accusateur d’une inconnue vraisemblablement convaincue que je suis une sale menteuse.

J’ai décidé cette année de m’impliquer dans mon asso universitaire question de vérifier les progrès de la stupidité de ce côté. Je fus déçu à plus d’une reprise de constater que de ce côté ils étaient minimes, voire nuls. En pastichant un philosophe que j’aime bien, je dirais que la stupidité est là, mais qu’elle n’est pas encore parvenue au stade de son auto-conscience. Dans mon département (qui pourtant fait partie de la FAS et relève de la FES ), elle ne sait pas encore que tout émane d’elle.

M’enfin bref, je me devais d’assister hier à une réunion départementale dans le cadre de mes fonctions (cela va sans dire). Le plus clair du temps alloué à cette rencontre (2 h 30) fut consacré à l’examen rigoureux d’une tragédie qui a secoué récemment le département. Contrairement aux années précédentes, le département est passé sous le seuil critique des 40 % d’obtention de subventions du CRSH dans le groupe 24 (et une seule dans le groupe 1), et ce, même si l’UdeM fait partie du G-10. Si tout va bien par contre du côté du FQRSD, c’est que les subventions sont moindres et le processus d’appel plus efficace. Pour expliquer cette disgrâce soudaine du département, pourtant l’un des plus gros et des plus réputés pour la recherche, les uns penchaient pour une théorie du complot alors que les autres suggéraient plutôt que chacun fasse son auto-critique. Le seul qui semblait aussi pénétré que moi par la gravité de ces enjeux c’était le prof d’études classiques assis à côté de moi.

Après 1 h 30 de débats passionnés et passionnants sur la question, je me suis rendu compte que je devais renoncer à essayer de dessiner l’étoile à 5 branches parfaites. Je me suis dit que c’était fini cette quête de l’Idée d’étoile à 5 branches. Je me suis mis à improviser : je décidai de me lancer dans une série d’étoiles aux formes disproportionnées pour voir si je n’accédai pas à une forme réelle supérieure à l’Idée. Une demi-heure plus tard, j’étais déjà las et je partis dans une tout autre direction : les bonhommes sourires. J’en dessinai en lui donnant une personnalité « hippie », un autre avec une personnalité « rock à bill ». Au bout d’un moment, je me retourne vers le prof à ma droite et je remarque qu’il est lui même en train de griffonner quelque chose et c’est… un bonhomme sourire en costume traditionnel grec qui fume la pipe.

Soit dit en passant, c’est le seul prof à avoir obtenu sa bourse du CRSH.

Anarcho-primitivism is an anarchist critique of the origins and progress of civilization. According to anarcho-primitivism, the shift from hunter-gatherer to agricultural subsistence gave rise to social stratification, coercion, and alienation. Anarcho-primitivists advocate a return to non-”civilized” ways of life through deindustrialisation, abolition of division of labour or specialization, and abandonment of technology. There are other non-anarchist forms of primitivism, and not all primitivists point to the same phenomenon as the source of modern, civilized problems.

Many traditional anarchists reject the critique of civilization, many even deny that anarcho-primitivism has anything to do with anarchism, while some, such as Wolfi Landstreicher, endorse the critique but do not consider themselves anarcho-primitivists. Anarcho-primitivists are often distinguished by their focus on the praxis of achieving a feral state of being through “rewilding“.

la suite sur wikipedia

Fasciens, fasciennes, qu’est-ce qu’un Lebensraum? Quel est l’espace minimal dont nous ayons besoin pour ne pas se marcher soi-même sur les pieds? C’est une question d’espace, pensent certains. Pour ma part, je crois que la simple étendue cartésienne ne suffit pas: il faut ce que je nommerais un espace subjectif, celui que dessine l’arborescence des possibilités de mouvement d’un individu. Que me vaut les plaines du Serengeti, si je suis atteint de parésie? Au contraire mes doigts, dans leur incessante cavalcade de dactylo, parcourent quotidiennement de plus grandes distances que mes souliers. Mais il y a plus : les insanités que je profère alors dépassent le champ de mon modeste appartement, ce qui offre à mon cerveau l’exutoire dont il a besoin. C’est pourquoi on a toujours plus d’espace chez soi, car il s’y trouve une foule de stations d’activité où notre amplitude de mouvement atteint sa plénitude dans leurs espaces fractionnaires. De même: au bout de la chaîne de montage, ce n’est pas un boulet, mais le monde, que tu vois.
Donc : demain (jeudi), nous rééditons le spécial : héhéhé, pour la plus grande joie des petits et des grands. Venez donc vous trancher les métacarpes et vous brocher les adductor pollicis en notre compagnie, on va se la péter.

Vendredi j’avais besoin de voir du monde. J’appelle C*, qui se fait aussi appeller M*, Je lui demande s’il croit se rendre à une soirée où un de nos amis mettra de la musique post-exotique. Peut-être, qu’est-ce que tu fais?. J’sais pas… Tu viens souper? J’ai invité T*. Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas vu, et, je le répète, j’avais envie de voir du monde.

Souper: pizzas, crudités, chorizo, vinho verde, bière, on parle de n’importe quoi. J’ai le goût de voir V*, qui va mettre la musique. Venez Vous? C* cède aux demandes de son amoureuse, qui aimerait rester avec lui ce soir. Je pars donc avec T*, deux sur un vélo de Saint-Dominique coin Dante à Rachel coin Saint-Laurent.

Sur place, on aurait du s’en douter puisque la soirée avait lieu au divan orange, déception. La musique post-exotique que j’attendais est remplacée par un genre de groupe manouche avec des chansons jazz, entrecoupée de musique post-exotique à l’entracte. Mais je suis là, je parle à quelques personnes. Je ne peux supporter longtemps l’ambiance, et T* m’offre de fumer un pétard.

Je ne fume plus mais j’ai le goût de changer d’activité. On se rend chez T*. Petit joint. Il comment son appartement: Il est comme un vaisseau spatial, je ne peux pas vraiment me rendre nulle part, sauf dans la cuisine, qui me donne l’impression d’être dans le cockpit. En effet, les seules fenêtres s’y trouvent. Il y a quelques semaines je me suis retrouvé à tourner en rond dans mon appartement, et je bénissais la fin de l’hiver en allant prendre marche sur marche. L’effet du joint sur celui qui ne fume plus se fait sentir et me rappelle pourquoi j’avais arrêté. je commence à angoisser solide. Genre claustrophobe. Comment Amygdale peut il vraiment s’imaginer qu’il passerait des mois et des mois dans une si petite cabine pour se rendre sur une planète ou il n’y a même pas d’air? C’est vrai que l’appartement de T* est un vaisseau spatial. Je sais pas pourquoi, mais je marche maintenant de long en large… heureusement T* a trouvé quelque part une imitation de foyer qui vient ancrer un coin de la pièce à une sorte de réalité, mais je n’en peut rapidement plus et je m’esquive

dans ma tête, la boucle se boucle. Il faut que je trouve un boulot avant l’hiver sinon je vais mourrir étouffé dans mon petit appartement sans la rue et les parcs ou aller prendre des marches, sans le boulot pour te fournir une caverne différente ou aller t’enfermer. J’arrive à reculons chez moi, mets mon vélo sur la galerie, j’entre et m’arrête dans le salon, regarde un peu autour… c’est grand chez moi, je peux me calmer je crois.

Ensemble de chaises a jardin, 18 mai 2008
Enregistré dans :Art is evil
Pouppy p2
Amygdale, 16 mai 2008
Enregistré dans :Manifeste

Voici donc le résultat d’une soirée de dur labeur, le spécial «probable, mais dégage».  Il s’agit d’un numéro de style «oeuvre de maturité», puisqu’il aborde des thèmes d’une profondeur insondable : le dévenir spatial de l’humanité, la présence de l’animalité mystique qui clapit autour de nous et la mort géopolitique.  Depuis ces abysses, là où se tapit le Zepoulpe, nous nous sommes maintenons dans une attitude certes hautaine, voire méprisante, mais au demeurant fort hygiénique, celle du «probable, mais dégage».

Le fascicule sera présenté à Québec, le 24 mai prochain, dans le cadre des Rendez-vous des Publications Parallèles.  À Montréal, faites vibrer les tentacules de votre propre réseau d’infiltration afin de vous le procurer, ou venez assister au lancement du premier album de Brigitte Bordel, le 14 juin au Zoobizarre : il y en aura.

Pendant ce temps, je reçois un appel qui me confirment que les spécial Julia Kristeva et le non apprivoisable et le non domesticable sont entrés aux Archives Nationales.  Le ver est dans la pomme.  Nous vaincrons!

Poufiasse, 15 mai 2008
Enregistré dans :Mourir au Canada

MEGAPUSSI

Zepoulpe, 14 mai 2008
Enregistré dans :Actions stupides

Lors d’une réunion improvisée avec Mysterious et Mjack lundi dernier, mon esprit tordu a accouché d’idées promotionnelles qui feraient fondre Louise-Josée Saindoux de la boutique TVA :

1) Une ligne de t-shirts et de sous-vêtements FAS
2) Des biscuits chinois aux messages du FAS
3) Des écussons ou des pins FAS
4) Trois ouvrages temporairement intitulés “Le quotidien délirant” tome 1, tome 2 et tome 3 : Le parfait livre pour chier. Bientôt sur vos tablettes.
5) Une ligne de jouets FAS
6) Une ligne de gadgets sexuels FAS
7) Une montgolfière aux couleurs du FAS survolant le Grand Prix 8) Une plate-forme internet interactive et transactionnelle pour acheter les cochonneries FAS en ligne.

Payez maintenant et partez tout de suite après !

FAS vaincra !

admin, 12 mai 2008
Enregistré dans :Bidons et autres contenants

…patrie du breakdance.

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faut m’excuser. j’ai vaguement dormi 4 heures la nuit derniere.

je recommence a poster sur le fas. tranquilos..

probablement au menu de la semaine prochaine, un article édifiant; Cool is Class War: “Lavaloise esseulée et cucurbitacées. De la disposition adéquate des godemiches improvisés.”

Demain (jeudi) se tiendra dans mon sous-sol une session intensive de découpage, d’assemblage et de brochage du nouveau fascicule du FAS, le spécial : probable, mais dégage, juste à temps pour le rendez-vous des publications parallèles, qui se tiendra à Québec le samedi 24 mai prochain. Tant qu’à faire, faisons : nous allons également rééditer le succulent spécial : héhéhé, désormais épuisé. Un geste collectif fort s’impose, car pour mettre en marche cette véritable chaîne de montage, il nous faut des bras, des doigts et des gosiers, afin de boire la bière nécessaire à la climatisation de ce sweat shop miniature. Venez nous prêter main forte, ce sera une soirée très lumpen !

Mysterious, 9 mai 2008
Enregistré dans :Art is evil

Incroyable, mais vrai. Hier, un homme m’a dit : « J’ai acheté les sept fascicules du FAS. Je les ai lus. » Chers activistes du FAS, nous avons au moins un lecteur. Il semble qu’il s’agisse d’un être de sexe masculin (je n’ai pas vérifié), dans la trentaine. Il porte des lunettes. Il mange et il boit. La nuit, il rêve qu’il est Nism dans son laboratoire et qu’il boit du jus de zepoulpe dans une éprouvette. Le FAS le contamine. Il sabote ses relations sentimentales dans le but d’être triste comme dans un cool is class war. Il ne peut plus se passer du FAS, mais le FAS lui gâche la vie. FAS vaincra!

Pouppy partouze par M. Clémentine
mjack, 5 mai 2008
Enregistré dans :Actions stupides, Manifeste

Que les visiteurs du rendez-vous des publications parallèles se le tiennent pour dit: nous sommes prêts. En plus des anciens fascicules, nous aurons un nouveau numéro spécial «Probable, mais dégage.», ainsi qu’une réimpression de l’ancien spécial «hé hé hé…», avec de superbes couvertures sérigraphiées, dans le plus pur esprit révolutionnaire du FAS. Bébé Astronaute et moi les avons sérigraphiées dimanche et lundi, et après une bataille gagnée contre une technologie chimique rébarbative, avons terminé la production. Prochaine étape, l’assemblage communautaire. Tenez vous prêts!

Poufiasse, 2 mai 2008
Enregistré dans :Citations et aphorismes

L’acide lactique peut être comparé au poisson de la bouillabaisse.

-Albert Callis in COMPRENDRE LE MUSCLE POUR PRATIQUER LE SPORT.