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Les annales du FAS

Le site des sympathisants du Front d’Action Stupide pour un quotidien délirant

janvier 2008

«Si mon but était seulement de vivre agréablement, pourquoi n’utiliserais-je pas les textes comme s’il s’agissait de mescaline…»
«Le brouillard de Mustafari nous cache autant l’arrière et l’avant que le centre de nous même; tout cela si bien qu’un jour l’occultation en devient le paysage réel et on tire nous-même sur la plug par peur que le brouillard se dissipe.

J’évacue le sang de mons corps non seulement par lâcheté mais aussi par hygiène.»

«Mustafari revient en grandes pompes ce matin, il a l’air hors de lui… peut-être n’aurais-je pas dû prendre de bain.»

Citation de Vander Dénis - L’Homme de Buillion (jamais publié, jamais critiqué, jamais écrit, en fait Vander Dénis n’existe pas)

Mysterious, 22 janvier 2008
Enregistré dans :FAS - Rencontres

Soldat inconnu cherche spectre exhibitionniste pour folies bergères au site de Vimy.

Joseph, 21 janvier 2008
Enregistré dans :Cool is class war

J’écris en regardant vaguement de là où je me trouve, derrière mes lunettes sales. je ne me suis pas encore tellement adapté à ce nouvel environnement de droite -en ce qui à trait à la nouvelle mise en page, voyez- avant c’était écris à gauche et puis maintenant c’est à droite. Il y a aussi plusSE de monde connus sur les photos, il y a Mysterious !!! Pourtant, malgré ces signes évidents de bienvenue, manifestant un conservatisme évident de nos valeurs d’antan et même après avoir fêté et dépassé mon premier anniversaire au sein du FAS, je ne suis pas certain, en fait je suis plutôt convaincu, n’avoir encore jamais écris un seul article essentiel, je dis bien essentiel, à l’essence même du front d’action stupide… Ce témoignage restera poignant de sincérité dans les annales du FAS…

Extrait des Mémoires de moi-même par Julia Kristeva

Tome D, Chapitre XXI

… et je vis la graine, sorte de bouture immonde aux branches hirsutes et turgescentes qui poussait contre mon bas-ventre et tentait d’entrer en moi à la manière de Raoul - ce membre du petit personnel - lorsque, boulevard Haussmann, j’avais entrepris de couler mon ennui au mimosa, un soir de première.

Je me réveillai avec un sérieux mal de tête, couchée dans un abri de fortune (lorsque la fortune fait défaut), allongée contre un homme qui ronflait à la manière d’un Airbus. En me soulevant, je vis dehors l’homme à la tuque marron qui s’était présenté la veille sous le nom de “Chap” et se disait notre foreman, qui nous criait déjà de nous bouger car le temps de repeupler la forêt boréale était depuis longtemps dépassé. Je me levai comme à l’habitude, enlevai mon harnais à trois branches, fis glissai mon strap-on en cuirette, éjectai les boules chinoises dentelées, défis les attaches, rabaissai la jupe qui me couvrait à peine et me fis glisser à travers la moustiquaire que je déchirai d’abord avec mes dents.

À l’extérieur, un paysage lunaire se présentait dans l’environ. Des arbres secs, nains au point où ils firent jaillirent le souvenir de Gaudo - ce Portugais de petite taille dont la pub sur internet vantait non sans raison la magnanimité du Créateur, - des arbres absolument absents, à la replantaison desquels notre travail était voué… Une vision certes roide, mais qui ne manqua pas de me rappeler Philippe Sollers, ce héros de l’arbre implanté, ce génie arboricole désavoué, ce titan lubrique de la reforestation avortée. Sollers aurait été le premier à ne pas se lever devant autant de pression bassement capitaliste. Il aurait peut-être été le seul à vouloir le véritable bien de cette forêt, un bien inaccessible au commun mais en même temps fait pour lui, un bien lointain, rouge, maoïste…

D’autres vagabonds sortaient eux aussi de leur tente, l’air hagard à cause du rye ingurgité hier, mercenaires pleutres venus des quatre coins de l’Amérique pour donner à cette terre ce que les corporations à la philosophie chevrettiste lui ont pris depuis un siècle, à savoir des embryons d’épinette noire. Après un peutitdèje qui ne valait pas celui de chez Ducasse, Chap nous cria de monter dans le camion, au nom du seigneur qu’il nommait sans discontinuer.

Munis d’un appareillage forestier sommaire - une espèce de grosse cuillère à espresso pleine de terre et une caisse remplie à craquer d’arbrisseaux rikiki - on nous demanda de déambuler sur une terre hostile, à moitié éventrée, parfois humide sous la botte, parfois craquante, pour insérer, à chacun de nos pas incertain, un petit être en terre. Chap nous hurlait de planter, de planter et ensuite de planter avec une voix qui ne manqua pas d’émouvoir mes sous-vêtements. Repliée sur mon moi-même à la manière d’un solipsisme, je me mis au travail avec toute la puissance de mes muscles de maigrichonne. Mon gras de bras battant la mesure, j’adoptai un rythme serein, plantant ici un arbre, là mon regard. Chap me suivait de près puisque j’étais la dernière dans le rang, mais je savais que tout cela n’est question de perspective et ses insultes ne faisaient qu’ajouter à mon excitation sylvicole. Je me remémorai ma Bulgarie natale que j’avais fuie pour trouver l’amour sous les ponts de Paris.

Jour après jour, nous avancions dans cette terre délestée de ses racines, nue et sauvage, qui pleurait devant nous ses larmes de lichens. Mes pieds me faisaient mal, mais j’avançais comme si, au bout de ce parcours dérisoire j’allais y trouver l’un des mes amours : Mao Tse-Toung ou, dans le pire des cas, Philippe Sollers… Même si ma raison, celle grâce à laquelle je savais faire la différence entre les sexes, me criait que tous deux étaient morts il y a longtemps, une partie de moi, crépitante et exaltée sous mes hardes embaumant l’insecticide et le sperme de planteur, aurait voulu les voir là-bas (main dans la main peut-être? ou non : bras dessus bras dessous!), qui m’attendraient et me masseraient les pieds avec courage, récitant Engels en mandarin ou avec l’accent du XVIe arrondissement…

Non, mais qu’est-ce que je raconte? Sollers n’est pas mort : je l’ai fait garder par la voisine du deuxième ! Ces mouches me rendront donc complètement folle… !

Mysterious, 18 janvier 2008
Enregistré dans :FAS - Rencontres

Je me suis créé une page FASbook. Pour un quotidien délirant. En quelques jours, je me suis fait un tas d’amis. Il y a Zepoulpe, Rha, Mjack, Amygdale, Joseph, et plusieurs autres que je ne connais pas, mais il n’y a pas Ensemble de chaises à jardin. Je me suis rapidement initié aux arcanes de ce vaste réseau social. P. vient de confirmer publiquement qu’il va au show super secret du Miskatonic University Big Band. P. est un gars cool. Il sait être là où il faut. Je confirme sans tarder ma présence à cette super soirée, mais je sais que je n’y serai pas : j’ai ce soir là une réunion du Club de Richmond. Amygdale vient de m’attaquer avec un zepoulpe enragé. Il m’a encore battu. J’ai perdu un point. En fouinant, j’ai découvert que Clark Gabel se déguise en princesse pour faire des attouchements à des robots. Il a quant à lui trouvé ma photo sur la page de gens que je ne connais pas. Mon ancienne amie K. est l’amie de B., F. et P. qui sont mes amis, mais pas de Z., G. et W. qui sont aussi mes amis. Joseph m’a envoyé un gros nounours avec de la morve au nez. Je l’ai renvoyé par erreur à tous mes amis. Tiens, G. ne sort plus avec F. J’ai répondu au questionnaire : «Quelle intellectuelle bulgare êtes-vous ?» Je fais parti de trois cent soixante-trois différents groupes d’affinité. Il y a la ville où je suis né, les trois écoles où je suis allé au primaire, l’équipe de hockey dans laquelle j’ai joué une demi-saison, le fan-club d’Euj et Nism, les Adorateurs du Zepoulpe en poudre, les Adorateurs du Zepoulpe en conserve, les amoureux fous de Julia Kristeva, le club de bowling des inapprivoisables, les lecteurs de Clémentines… Je suis un peu fatigué. Mjack vient de signaler aux membres de son réseau social qu’il a mal dormi hier. J. a vu un beau gars la veille dans un bar branché. E. a hâte de nous montrer sa nouvelle coupe de cheveux, ce soir dans un lieu chic. J’ai mis une photo de moi avec un casque de poil puis une moustache à la Fred Chichin, pour faire cool. Amygdale vient encore de m’attaquer avec un zepoulpe enragé. Il m’a battu. J’ai perdu un point. Je suis vraiment très fatigué. Je crois que je vais aller faire un tour sur FAS.Rencontres. L’avez-vous essayé?

Amygdale, 4 janvier 2008
Enregistré dans :Cool is class war

Hier je suis débarqué à Berri pour me rendre au gym

de l’UQAM. Il fallait que je reprenne mon entraînement,

après deux semaines de léthargie pure et de débauche

systématique. Or, l’UQAM, d’ordinaire véritable passoire,

est pour les fêtes entièrement barricadée: je dois donc

passer par le couloir menant sur Maisonneuve. D’habitude,

il y a cette éternelle babouchka en chaise roulante

qui vous regarde à peine de son regard à moitié amer, à

moitié ahuri. Mais elle est pas là, elle doit se payer un

massage de pieds avec sa cagnotte de Noël. À la place, il y

a un type qui joue du violoncelle. Ça tue le violoncelle.

Moi, ça m’arrache des pensées sur la fin du monde, et

c’est d’autant plus vrai que ces musiciens de métro on le

don de jouer l’accord pathétique jusqu’à la corde, comme

s’ils étaient chaque seconde au seuil de l’existence, ces

bâtards. Le tout ajouté à la résonnance caverneuse du

couloir, on a l’impression d’être soi-même la dernière

goutte de sang dans l’aorte du Grand Léviathan.

Je sors et je me retrouve au coin St-Denis/Maisonneuve,

flanqué d’un mendiant pour le compte du journal

Ittinéraire et d’un autre à son propre compte : ils se

rabattent mutuellement la clientèle rébarbative l’un sur

l’autre. Pour peu, ils feraient comme les représentants de

Rogers, soit la technique du triangle équilatéral: un gars

de chaque côté en goulot d’étranglement, et si tu réussi

à te faufiler entre les deux, tu tombes direct sur la fille


blonde à gros seins qui te propose ses bébelles gratis. La

navigation urbaine, toute une affaire.

Bref, ce coin-là est comme vampirisé par le froid, vitrifié

dans une période de l’année où seuls ceux qui sont

obligés de travailler existent. L’UQAM vue de l’extérieur.

Le pavillon de design : « le design rend-il heureux? Si oui,

combien de temps? » Puis le CLSC, avec deux ou trois

junkies qui fument des clopes. Je pense à cette fille, S.,

qui à Noël m’a dit, complètement poudrée et la larme

à l’oeil, qu’elle avait pas l’argent pour payer son loyer

et allait être obligée de faire la rue. Tu parles. Enfin, le

pavillon des sports, ça sent la sueur à plein nez, mais on

est comme chez soi ici (je suis un habitué). Je me change

et file au gym, où je retrouve des visages familiers. Deux

minutes plus tard, je suis content de forcer sur une barre

en écoutant of Montreal.

mjack, 1 janvier 2008
Enregistré dans :Cool is class war
À propos de mon vidéoclip d’art “Magique”, que j’avais réalisé pour we are wolves, j’ai trouvé ce commentaire sur youtube:

n5anche5(4 days ago)
i really like this band and have seen them live before, but this video has canada council written all over it.

si seulement c’était le cas…