Vous avez remarqué que mes contributions au FAS se sont espacées. C’est pas ma faute, facebook et sa notion de «status» sont parvenus à canaliser tout mes désirs de m’exprimer dans une petite phrase rapide à écrire, sans avoir à fournir les efforts qui normalement m’auraient demandé de lutter avec mon habituelle paresse.
En plus est survenu un autre problème: je deviens de plus en plus cool. J’ai comme de plus en plus de nouveaux amis et j’ai de moins en moins peur du monde. comme si j’avais plus autant besoin de me battre pour me sortir de ma condition. Dans des cas pareils, écrire des cool is class war devient comme une forme de vantardise.
Et pour couronner le tout j’ai fini par prendre conscience de ce que signifiait vraiment le principe des blogues. comme je ne me tiens pas sur des sites, j’avais jamais vraiment consulté des vrais blogues, ceux dans lesquels du monde pas rapport parlent de leur vie et de comment c’est pas juste parce qu’ils sont pognés pour fourrer avec du monde moins hot qu’eux. C’est gênant, et c’est même encore plus gênant parce que c’est le contenu exact d’un cool is class war et que c’est médiocre.
Mes valeurs morales sont toutes mélangées.
«Certes, mais nous gagnerons en satisfaction et en fierté quand les gens viendront voir nos vaches», nuance Nicolas Lépine. …
Vous avez planté des arbres pendant six mois et êtes revenus avec le sentiment d’avoir sauvé le monde tout en éprouvant une étrange sensation de vide dans vos tripes? Vous venez de terminer un vidéoclip artsy et depuis vous vous tournez les pouces? Vous avez assailli les passants de questions sur le sida, la polio, l’existence de Dieu sans jamais pouvoir vous exprimer sur la véritable question : mais où est la p’tite Cédrika?
Dans le fond, nous savons tous grâce à notre grand coeur d’enfant que la jeannette rouquine se trouve probablement au paradis, dans un dépotoir municipal, là où elle pourra assembler des restants de Barbie au plomb avec des G.I. Joe et des Transformer jusqu’à la fin des temps…
Celà dit, avant que la masse se détourne de sa quête mystique estivale, je suggère que nous utilisions la visibilité et de la mobilisation citoyenne autour de la petite Cédrika pour que nous retrouvions les êtres disparus qui nous sont chers. Personnellement, je dois l’avouer, j’ai un petit faible pour Charlie. Oui, chercher ce Kurt Cobain pour enfant dans des mondes fantaisistes fut pour moi un élément fondateur de ma personnalité. Je dois mon flegme à ce héros imperturbable qui affiche toujours son sourire de dadais que ce soit en pleine guerre ou dans l’espace sans combinaison spatiale. Cependant, le trouver dans ma ville ne pourrait que rendre mon quotidien vraiment délirant. Mais maintenant j’y pense et je sais nous avons tous déjà perdu un être cher sans jamais pouvoir combler le vide dans notre immense coeur d’enfant : ti-mine le chat, Elvis Presley, Astro le Robot, Jean-Paul II… Nous savons tous que malgré les apparences, ils ne sont pas morts, mais tenus au silence par un complot international, rien de moins. Pourquoi ne pas profiter du support que constitue les affiches de la petite Cédrika pour nous aider dans nos recherches personnelles?
Scandale assuré
P.-S. Je suis prêt à payer une récompense de 20$ si jamais quelqu’un retrouve quelque chose
J’ignore pourquoi j’ai poussé ces deux fillettes aux longs cheveux blonds dans le bassin du Parc Lafontaine. Je marchais au bord de l’eau, alors qu’elles donnaient des bouts de pain aux canards qui pataugeaient à leurs pieds. Le soleil brillait fort. Je m’approchais d’elles en marchant dans l’allée d’une démarche athlétique. Leurs cheveux d’or chatoyaient. Elles semblaient seules, fraîches et innocentes, mais leurs parents ne devaient pas être loin : était-ce eux, juste-là, qui mangeaient des crudités assis sur un banc ? J’approchais dans l’allée tandis que les deux fillettes donnaient inlassablement des bouts de pain aux canards qui s’empiffraient, mû par un appétit insatiable. J’arrivai derrière elles. J’étais un quidam parmi tant d’autres ; elles ne virent pas venir, obnubilées qu’elles étaient par ces canards qui se gavaient à leurs pieds. Je les poussai toutes les deux en plaquant d’un même geste une de mes mains dans le dos de chacune, en plein sur la colonne, entre les omoplates et – splash ! – elles tombèrent dans l’eau boueuse, parmi les morceaux de pain et les canards qui s’envolèrent en nasillant de terreur. Je cours rarement, mais, lorsque je cours, je cours très vite (si vite que le ciel devint rouge), et comme on repêcha les deux fillettes en pleurs avant de s’occuper de moi, j’eus le temps de m’enfuir. Il n’y eut que toi, un peu plus loin, assise sur un banc, qui m’aperçus, vers qui je courus et qui me reçus en riant, ma canne, mon oie, ma jolie palmipède… Mais ce matin, alors que tu dors à mes côtés, je me demande encore s’il se peut que tu puisses apprivoiser l’inapprivoisable ?
Amygdale, 9 septembre 2007
Enregistré dans :Mourir au Canada, Préparation au voyage vers mars
Comme la catégorie projetée des exploits sportifs destinés à demeurer dans l’ombre n’a jamais été crée, je crois que courrir un marathon peut bien valoir pour un préparatif en vue d’un voyage sur Mars, du moins en un sens. Quant à (pleurer et) mourrir au Canada, ça a bien failli m’arriver. Vous serez sans doute fiers de votre Amygdale, qui s’est clenché le marathon de Montréal en 3:53:42.6. Enough said.