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Les annales du FAS

Le site des sympathisants du Front d’Action Stupide pour un quotidien délirant

juin 2007

Fardoche, 30 juin 2007
Enregistré dans :Cool is class war

Hier soir j’ai lu un book. Un épais. Ça faisait des lunes que j’avais lu rien d’autre que des circulaires. Quelques fucking essai là et là et là et là. Frdrke de Gmbrcz. C’était fucking pathétic. Ce qui est le plus joual, c’est que c’était aussi oui seulement une patente, mais aussi deux plongées dans la most swartz des abîmes de contradictions. J’ai retrouvé par l’onanisme mon identité d’intello-rock joyeux avec un stylo intello-pas rock-poseur, idealtype du contestataire quotidien. Le mieux, ç’a été la couverte de mon identité. Car à quoi ça sert d’être si on ne peut pas être quelque chose? J’ai bien d’autre à faire que ça pis pas à peu près. Une culture de salade, rogné à l’université, faut quand même que ça serve à autre chose qu’à se spinner la graine à longeur de week-end. Par procédure, me varloper des gnous SAUVAGES, impressioner (!!!) les filles. Chanteur rock-poseur C’est cool peut-être? Je m’en crisses-tu dans le fond si je veux pas me les cogner les beaux animals, ou si mon moral trouve que je perds trop de temps à me jouer dans les oreilles. Je chante pousser des ghjrtksed avec mon yhjgjhuy sur les gencives. Jean Tam joue Das shproufekenh: «kein splafarouthytivokent, Lowwerouthin Staat - Fotisharunt - kein Gold - meinfurher - amen»

mjack, 27 juin 2007
Enregistré dans :Cool is class war

Hier soir j’ai lu un livre. Un roman. Ça faisait des mois que j’avais lu rien d’autre que des bédés. Quelques pages d’essai ici et là. Ferdydurke de Gombrowicz. C’était fucking drôle. Ce qui est le plus drôle, c’est que c’était aussi non seulement une lecture, mais aussi une plongée dans la plus absurde des abîmes de contradictions. J’ai retrouvé par la pratique mon identité d’intello-rock poseur avec un auteur intello-pas rock-poseur, idealtype du contestataire institutionnel. Le mieux, ç’a étét la redécouverte de mon identité. Car à quoi ça sert d’être si on ne peut pas être quelque chose? Je n’ai rien d’autre à faire que ça. Une culture de malade, pognée à l’université, faut quand même que ça serve à autre chose qu’à se regarder la graine à longeur de journée. Par exemple, me protéger des gens dangereux, impressioner (brièvement) les filles. Intello-rock-poseur C’est cool non? Je m’en crisse tu dans le fond si je peux pas me les pogner les petits animals, ou si mon boss trouve que je perds trop de temps à me jouer dans les cheveux. Je pars pousser des keyframes avec mon ipod sur les oreilles. Jeans Team joue Das Zelt: «kein Gott - kein Staat - keine Arbeit - kein Geld - mein Zuhause - ist die Welt»

Amygdale, 26 juin 2007

Libre ! Enfin libre la belle Paris, sautillant entre les cordons de police comme un oiseau sortant de sa cage, ou comme dit la journaliste (évidemment jalouse) de la BBC : «se déambulant comme sur un catwalk». Exceptée qu’au bout de la piste, il n’y a pas de contraposto et de demi-tour, mais les bras chaleureux de maman…

Comme mon coeur se réjouit ! je trépigne à la vue de cette pétulance si candidement affichée ! Je suis persuadé que dans son appartement humide et froid, Grigori rend grâce à la justice américaine. D’ailleurs, son pays est de plus en plus irrésitiblement tendu vers le glamour, au point de produire de pâles ersatz de Paris, comme Ksenia Sobtchak. Mais parions qu’il ne s’y laissera pas prendre…

mjack, 24 juin 2007
Enregistré dans :Art is evil

Je revenais du bureau et je suis tombé sur une affiche faite d’une boite ou un message etait peint à l’acrylique (probablement par un hippie):
«J’ai rêvé que je construisais des structures pour protéger les flaques d’eau». Je suis revenu le lendemain et elle avait disparu. Le monde des idées est sans limite.

Aujourd’hui, je me suis posé la question à savoir si il y avait un mot pour décrire ma tendance compulsive à faire des anagrammes. J’espérais trouver quelquechose comme anagramanie. Je me suis aussi demandé si c’était tricher que de rajouter des accents ou encore d’avoir recours à des accronymes (crayons mec!).

Ca fait que j’ai fait une recherche sur google pour anagramme compulsion.
Le premier lien proposé était un site d’aide pour se sortir de la dépendance à la pornographie où c’était écrit quelquepart que “la concupiscence, c’est un anagramme de la conscience qui pue.”, ce qui, sans rien vouloir enlever à la pertinence du site, n’est même pas vrai.

Donc, j’ai pas trouvé. Par contre, j’ai trouvé ceci:
gérontocyclomanie : habitude d’interroger l’interlocuteur sur le comportement sportif de son aieule.
gastéropodoconchyliphagomanie : compulsion à manger les escargots avec leur coquille.

J’imagine que vous avez remarqué? Ben oué : l’osti d’été de marde est teurvenu.

Vous n’aviez pas remarqué?

Tant qu’à mouè, c’est soit, 1) que vous êtes des estis d’aveugles de marde, tellement pognés dans vos estis de problèmes d’aveugle que vous vous fiez même pus su’ votre criss de nez quand vous sentez que la marde a fini de dégeler depuis deux mois, pis que les criss de lilas (ces arbres de fifs pour bourgeois décâlissés) ont même commencé à tellement pourrir que ça sent comme dans’ cave de votre mon’oncle, le vieux ciboire qui fait son propre vin;

Ou soit, 2) que vous êtes des sacrament de schizophrènes dégénérés, même pas capables de sortir de chez vous deux minutes, à part pour aller acheter du manger pour vos 9 chats, toujours en train de frotter votre osti de bol de toilette pour le faire briller pareil comme dans l’annonce même si vous chiez dans des ziplocs depuis 10 ans parce que c’est supposé empêcher les bactéries de vous manger le cul! En passant, p’tite nouvelle les gars : y a pas personne qui vous mangerait le cul, criss de losers-sans-but!

En tous cas, l’été est là viarge, c’t’un osti de fait! Que j’entende pas une criss de météopleureuse de TVA venir me dire que “l’été ça commence juste le 21 juin à 23h32, c’est donc pas encore commencé, même s’il fera tout de même très-très beau demain sur tous nos secteurs Pierre” Criss d’estie de salope pareil, non? Elle vient à tous les jours nous dire jusqu’à combien on peut espérer être heureux le lendemain - genre “il fera beau, profitez-en bien quand vous sortirez du bureau Pierre!” ou “malheureusement il pleuvra sur tous nos secteurs, c’est une journée qu’on doit oublier Pierre ou alors on n’oublie pas le parapluie, hihihi!” - et elle pense pouvoir nous impressionner parce qu’elle est capable d’aller se branler sur internet en regardant Hubert Reeves expliquer pourquoi l’été commence le 21 juin?

No fucking way! Qu’elle aille en enfer se faire enculer 100 fois par le débile volant qui passe sa vie dans le criss d’hélicoptère de TVA à’ marde! J’espère qu’ils vont finir par en acheter un autre criss d’hélicoptère (j’sus sûr qu’ils vont l’appeler TVA-2, estie de gang de sans-avenir), pis qu’y vont filmer le crash du premier avec le deuxième! Comme ça au moins on rirait.

En tous cas, l’année passée, j’ai eu beau appelé à’ ville, paraît qu’on peut pus utiliser d’insecticide pentoute! Tu parles d’une astie de belle affaire!! Si vous me permettez (mais anyway je m’en contrecâlisse), je vais dire ce que je pense : c’t’une tabarnaque de RÉ-GLE-MEN-TA-TION DE DÉ-BI-LES PRO-FONDS!!!!! Ils veulent une ville propre, bien entretenue, mais ils sont prêts à laisser la vermine pis les astie de chenilles prendre le dessus! J’suis peut-être prêt à comprendre qu’asteure, on puisse pus laver son driveway avec de l’eau (ben non, maintenant on l’lave pus : on l’époussette!), mais des asticots, baptême! Des larves de mouches-à-marde, des fucking insectes nuisibles!! Pourquoi ils nous font ça? Moé je suis comme vous, criss de gang de sans-succès: j’exige des réponses!

Passe que moé, j’ai un mûrier à protéger, tabarnane! Un mûrier! Pas un esti d’arbre de tapettes comme des pommiers ou des astis de plants de tomates! J’ai-tu l’air d’être une vieille criss d’Italienne à’ r’traite qui désire faire pousser de l’asti de basilique qui sent la noune à l’ombre de son astique d’air de beu de vieille chèvre? C’est exactement ça: pas pentoute.

C’est quoi qu’ils veulent les ostis de la ville? Que je fasse pousser des criss d’émérocales pas-regardables qui fleurissent 22 secondes pendant que tu prends ta douche? Des calvaire de rhododendrons qui poussent même si on les haït à chaque seconde parce qu’y sont lettes pis qu’on leur prouve en kickant dessus une fois de temps en temps? Des saint-crème d’astibes de plantes de losers qui sont toutes contentes même si tous les ostis de chats du quartier pissent dessus 24/7? Quoi d’autres encore? Des fucking roses tant qu’à y être? Des trèfles? Du muguet? De la tourbe criss?????!!!!??? Y pourrait pas mettre le pied dehors une fois de temps en temps, les espèces de pousse-trombones de la ville? Peut-être qu’y en verraient des mûriers, peut-être qu’y comprendraient que c’est des plantes délicates, nobles, belles et qui MEURENT à cause des criss de limaces de tabarnak!

Bon, faut que j’avoue, y va un peu mieux mon mûrier depuis que j’y mets du vinaigre pour tuer les asties de larves de limaces de marde. Mais franchement, je connais personne qui vivrait toute sa vie sur du criss de vinaigre (à part peut-être votre osti d’oncle dégueulasse qui est le seul à boire son criss de vin de marde). Mais à part lui, je vois personne.

L’année passée, j’ai eu quatre mûres. Pas cent quatre, juste QUATRE, criss de blokes! C’t’année, j’espère en avoir pas mal plus. Je me suis fais couper mon B.S. par les smattes à ‘ttawa, supposément parce que j’aurais un mauvais comportement avec les préposés au téléphone. Anyway, j’espère compenser en vendant des casseaux de mûres dans les ventes de garages de mon quartier (ben oui, moé je vends des affaires dans les ventes de garages, pensez-vous vraiment que je suis assez cave pour acheter leurs cochonneries?).

Faique, j’ai jusse une affaire à te dire champion : si tu vois des criss de mûres sales, toutes mangées par les vers dans une vente de garage, t’es mieux d’en acheter mon écoeurant-sans-coeur!

Y a ben des asties d’limites à se faire fourrer par les Américains, viarge!

Mysterious, 20 juin 2007

Mysterious, 20 juin 2007
Enregistré dans :Mourir au Canada, Entomologicae Bestiare

J’aime le lit car c’est le seul endroit où, comme le chat,
je puis faire le mort en respirant tout en étant vivant.

- Arthur Cravan

Elle m’avait fait couler un bain. Depuis combien de jours ne t’es-tu pas lavé ? Je ne lui avais pas répondu ; elle avait claqué la porte en partant. Étendu sur le lit, je me laissais bercer par le rythme de ma respiration. Elle n’allait pas être de retour avant la nuit tombée ; j’allais m’assoupir et somnoler doucement. J’étendis le bras pour tourner au maximum le bouton du calorifère fixé près du lit. L’appareil ronronnait en chauffant. Mon bras pendait le long du matelas. Je rêvais des des tropiques. Elle, elle n’avait cessé de me vanter le Saguenay. Elle y était née et rêvait d’y retourner. Elle y avait ses racines, ses amis, sa famille. C’était arrivé presque par hasard : on lui avait proposé du travail à Chicoutimi, un emploi dans son domaine, une nouvelle entreprise qui devait revaloriser la région, une offre qu’elle ne pouvait refuser. Je l’avais suivie. Par amour, sans doute.

Je me rappelais la jungle à Tikal : son climat torride, sa végétation luxuriante, les cris des singes hurleurs… J’avais grimpé au sommet d’une pyramide maya ; prétextant la fatigue, elle ne m’avait pas suivi. L’édifice émergeait au-dessus des arbres. J’étais seul. Autour de moi s’étendait une mer de verdure, la jungle à perte de vue. Un soleil de plomb me tapait sur le crâne. Il me semblait que ma chair fumait et que j’avais la tête auréolée de lumière. J’étais petit sous le soleil, mais me sentais immense : il n’y avait que le ciel, la jungle et moi. J’avançai les bras, les tendant vers le soleil, comme pour l’enlacer. La tête levée vers le ciel, je laissai mes yeux se fermer. Le monde était rouge sous mes paupières. Je ne voulais pas être ailleurs. Ce sont des pas sur l’escalier qui me rappelèrent ce que j’étais. Un groupe de touristes grimpait la pyramide. M’avait-on vu ? Je laissai mes bras retomber contre mon tronc. J’avais un peu honte, comme si j’avais été humilié : j’appartenais décidément à l’espèce humaine. Un premier touriste me rejoint au sommet, le pas lourd, le souffle court et le t-shirt imbibé de sueur. Il fut bientôt suivi d’une série d’autres. L’un d’eux tenait un caméscope à la main. Il filmait ses pairs qui riaient fort en prenant la pose devant le paysage. Ils s’entassaient à mes côtés, s’agglutinant, formant une masse bruyante et suante. Un bras frôla le mien. Je me souviens encore du contact de sa peau moite contre la mienne. Ce jour-là, j’eus des envies génocidaires ; aujourd’hui, je ne souhaite que peu de chose, savourer l’inactivité, peut-être.

Elle était partie travailler. J’avais la journée devant moi, mais savais qu’elle allait revenir le soir venu. Elle allait entrer dans l’appartement en emportant avec elle l’air glacé du mois de mars au Saguenay. Nous nous étions rencontrés sur une terrasse à Montréal, rue St-Denis, et étions partis pour l’Amérique latine l’automne venu. Auberges à bas prix, escapades dans la jungle, cocktails sur la plage, plongée sous-marine… Nous ne justifions pas nos actes et passions d’un pays à l’autre comme si chacun était le nôtre. Dis-moi chérie, pourquoi ne sommes-nous pas restés sous le soleil du Paraguay ?

J’avais la journée devant moi, mais elle allait revenir. J’entendais déjà ses reproches : Tu ne sors jamais, si au moins tu te lavais, tu ne portes même plus de sous-vêtement. La chaleur montait dans la pièce et je commençais à suer. Lorsqu’elle allait rentrer du travail, je savais qu’elle allait baisser le chauffage et m’obliger à me lever pour changer les draps du lit. La veille, sa main avait, ce faisant, frôlé mon bras ; notre premier contact physique depuis plusieurs jours, ses doigts froids contre ma peau. J’avais frémi. La dernière fois que j’étais sorti avec elle, nous étions allés au centre-ville de Jonquière. C’était par une nuit glaciale, mais, dans les bars, paraît-il, l’ambiance était chaleureuse. Je me souviens d’avoir aperçu, à travers une fenêtre givrée, une motoneige qui roulait sur la rue principale.

Elle allait revenir. Des reproches, encore : Tu n’as plus vingt ans, il faut penser à ton avenir, as-tu consulté les offres d’emploi ? Trouver du travail à Chicoutimi avec un bac en anthropologie : j’allais finir pompiste ou commis de dépanneur. Et puis, avais-je vraiment envie de travailler ? Je n’espérais rien. Je ne m’inquiétais ni de mon avenir ni de ma survie. Étendu dans mon lit aux draps imbibés de sueur, j’étais assis sur la plage sous un soleil brûlant : des poissons scintillaient parmi les vagues, un gros crabe s’était figé à quelques mètres de moi, la sueur perlait sur mon front, je respirais doucement. Pourtant, ce jour-là, je ne parvenais pas tout à fait à me détendre. Chérie, dis-moi, quand retrouverons-nous le soleil des tropiques ? Elle allait revenir et j’anticipais son retour. Peut-être devais-je faire quelques concessions ? De ma chambre, je pouvais voir la porte entrebâillée de la salle de bain. Quelques mètres seulement ; j’envisageai de m’y rendre en rampant. Je m’imaginais à plat ventre sur le plancher grinçant, me prenant pour une tortue de mer, les bras et les jambes allant et venant dans la poussière, puis je me dis que, tout de même, ce n’était pas raisonnable, et je m’assis au bord du lit. Sur le mur, elle avait accroché une photo où nous posions tous les deux sur les rives du lac Atitlan. L’image me semblait factice ; nos dents étaient trop blanches et le ciel trop bleu, mais pourtant, tandis que je nous revoyais tous les deux, posant l’un à côté de l’autre – je dois le reconnaître – elle me manquait un peu. J’avais le goût d’elle, mais sa vie allait à toute allure et je ne savais comment la retenir. Elle courait vers l’avenir alors que je l’aurais bien gardée près de moi. Nous aurions fermé la porte de la chambre, monté le chauffage au maximum et nous serions collés l’un contre l’autre, nos sueurs se mélangeant comme pour former un adhésif : nous nous serions enfermés dans un cocon et aurions hiberné, ensemble, loin du monde. À l’heure qu’il était, elle devait déjà être au travail. Elle appelait des clients, répondait à des courriels, faisait la promotion de son entreprise. Certains jours, elle prenait même sa voiture pour traverser le parc des Laurentides et se rendre jusqu’à Québec y rencontrer des gens d’affaires. L’aller-retour en une journée ; elle me l’avait dit. Elle était fraîche et vive, jeune et dynamique, prête à faire sa vie en société ; je l’avais préférée étendue sur la plage à mes côtés. Je revoyais les lunettes fumées posées sur son nez et les goutelettes de sueur qui reluisaient sur sa peau. Ici elle ne se consacrait qu’à son travail ; elle avait de l’ambition, paraît-il, et n’avait pas de temps à perdre. Moi, je pouvais me contenter de prendre un bain. Après tout, elle ne m’avait rien demandé d’autre. J’hésitais pourtant à le faire. Sur un mur de la pièce, une lézarde s’étirait du plafond vers le plancher. De jour en jour, elle semblait plus longue, mais ce matin-là, je croyais la voir s’allonger, presque imperceptiblement. Je fermai les yeux et pensai à ces insectes qui devaient reposer à l’intérieur du mur, blottis dans la laine minérale. Je les imaginai se réveillant avec le printemps et élargissant la lézarde avec leurs petites pattes pour se glisser dans ma chambre, puis je me dis que c’était peu probable, que ce n’était là qu’une image. Je ris tout bas et me levai. Mon sexe pendouillait entre mes jambes. Je fis quelques pas jusqu’à la porte de la salle de bain que je poussai d’une main en m’appuyant de l’autre sur son cadre. Devant moi, un miroir couvert de buée me renvoya mon image trouble. Cela aussi me fit rire. Il faisait très chaud dans la pièce. L’eau du bain devait être brûlante. Je voyais la vapeur s’en élever ; m’y plonger tout de suite ne serait pas sage. Il s’agissait d’une baignoire à l’ancienne, perchée haut sur pattes, dont l’émail s’écaillait à plusieurs endroits. Sa cuve était creuse, mais peu longue : j’aurais pu m’y plonger tout entier, mais seulement les jambes repliées. On aurait dit un curieux animal. Il me rappela le lit animé de Little Nemo marchant sur ses pattes extensibles. L’air était vaporeux et la chaleur me montait à la tête. Je fis un pas dans la pièce puis me laissai glisser contre le mur ; mes fesses se posèrent sur le carrelage. Si, dans les hauteurs de la salle de bain, l’air était torride, son plancher restait relativement frais. Moi qui avais tant rêvé des tropiques, je m’accomodais alors d’une température plus douce. Je courbai la tête et laissai mes paupières retomber sur mes yeux. Je ne pensais plus trop à prendre un bain, mais me revoyais, semblablement assis, contre un rocher, près d’une lagune du Yucatan, bercé par le clapotis des vagues, avec toi, il n’y avait pas si longtemps. Je sentais le sang couler dans mes veines et m’entendais respirer doucement. J’entrouvris les yeux et mon regard glissa lentement sur le carrelage. Sous la baignoire s’ouvrait un petit univers, un espace à part. Je m’étendis à plat ventre et rampai jusqu’à elle. Sous sa cuve, entre ses pattes, s’étaient accumulés de petits tas de poussière auxquels s’entremêlaient des cheveux. Je les tâtai du bout des doigts ; ils étaient un peu poisseux. Une légère odeur de moisissure me monta au nez, sans me déplaire. Si l’eau du bain devait être brûlante, l’espace qui s’ouvrait sous lui offrait une température plus tempérée. J’y étendis mes deux bras et y posai mes mains à plat, les doigts écartés, semblables à des étoiles de mer. Ma cage thoracique se pressait sur le carrelage à chacune de mes inspirations. J’avais placé mon menton sur le plancher, comme un pillier soutenant ma tête à l’angle de mes deux bras. Les yeux grands ouverts, j’avais devant moi un petit monde que j’explorais du regard. Bientôt, je pus voir des poissons d’argent se glisser entre mes doigts.

Rhaa, 18 juin 2007
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Des militants du Hamas volent le prix nobel de la paix d’Arafat.
- Jerusalem Post

-
Ouaip, y’a de ces guerres dans le monde.

Mysterious, 15 juin 2007
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J’ai un ami (nous l’appelerons Y-13) qui est un peu rock star et qui est hors de tout doute un as du quotidien. La preuve : il a su multiplier par deux et en une seule soirée la performance de Mjack avec sa fuck friend faisant fi de fourrer. Qui dit mieux ?

Je vous transmets ici la signature de son plus récent courriel :
« Y-13, le seul homme que vous connaissez assez cool pour se ramener 2 filles a la maison, ne rien faire de sexuel avec elles et tout de même garder un soutien-gorge a leur départ…. »

Bravo

Robodrigue, 13 juin 2007
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The Pacifier

Savant croisement entre les gags du soldat en civil (Rambo) et celle de la vie familiale en banlieue (Cap Fear). Ma théorie des croisements est encore mise en lumière, et le résultat est grandiose.

Un scénario construit en crescendo où le développement des relations entre les personnages atteint un niveau très élevé, un niveau qui sera mis à l’épreuve quand des ninjas nord-coréen mettrons en péril la sécurité de ce groupe d’insoumis (rappelant les personnages du film The Misfit de John Huston).

Un dévoilement à la toute fin de la véritable sensibilité du personnage campé par Vince Diesel. Une réflexion sur l’art de performance, la transformation des névroses dans le personnage feint, le retour des soldats qui ont servis à la guerre, la logique guerrière qui doit être abandonnée.

Une grande leçon de cinéma.

mjack, 12 juin 2007

«Si je télégraphiais à Saint-Loup, ce n’est pas qu’il me restât des doutes sur l’identité de la personne, et que la jeune fille vue et celle dont il m’avait parlé fussent encore distinctes pour moi. Je ne doutais pas qu’elles n’en fissent qu’une seule. Mais dans mon impatience d’attendre le surlendemain, il m’était doux, c’était pour moi comme un pouvoir secret sur elle, de recevoir une dépèche la concernant, pleine de détails. Au télégraphe, tout en rédigeant ma dépèche avec l’animation de l’homme qu’échauffe l’espérance, je remarquai combien j’étais moinsd désarmé maintenant que dans mon enfance et vis-à-vis Mlle d’Éporcheville que de Gilberte. À partir du momment où j’avais pris seulement la peine d’écrire ma dépêche, l’employé n’avait plus qu’à la prendre, les réseaux les plus rapides de communication électriques à la tranmettre à l’étendue de la France et de la Méditérannée, et tout le passé noceur de Robert allait être appliqué à identifier la personne que je venais de rencontrer»

Joseph, 11 juin 2007
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Joseph, 8 juin 2007
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Je cherche un druide sur le FAS, j’ai l’intestin grelle, le foie et l’estomac intoxiqués, mon haleine est acidulée, j’ai une hémoroïde douloureuse et je suis dans une forme physique pitoyable. Je ne bois plus, je ne baise plus, je bois des potions de plantes et je m’asperge d’huiles thérapeutiques aux vertues encore latentes…

L’un d’entre vous pourrait-il me soigner ? Rien ne sert de me parler de chromoscato, j’ai fait une promesse à la Poufiasse à ce sujet…

Amygdale,
Enregistré dans :Bidons et autres contenants

Grigori Perellman a refusé la médaille Fields et les million de dollars de l’institut Clay ; Paris Hilton refuse d’être à charge du contribuable américain et sort de prison. Je n’arrête pas de me dire : ils partagent les mêmes valeurs, ils sont faits l’un pour l’autre, alors, qu’est-ce qui les rend aveugle à leur destinée ?

Mais c’est bien connu, parfois la vérité nous passe sous le nez tous les jours sans qu’on l’aperçoive. En me rendant à l’UQAM l’autre jour, j’ai réalisé que cette institution n’avait pas été conçu, au point de vue architectural, pour étudier, mais bel et bien pour jouer à James Bond. Vous remarquerez le dédale de couloirs, d’escaliers dérobés ; les étages et les balcons, des fenêtres partout et même de grandes baies vitrées qui explosent quand on se sert d’un bazooka, c’est proprement stupéfiant, il y a une embuscade potentielle à chaque pas.

Pis… hum… mon quotidien est pas mal délirant en tout cas.

Mysterious, 7 juin 2007
Enregistré dans :Citations et aphorismes

Il y a des matins où, dans le métro bondé, on attrape un « journal » qui traîne dans la poussière et on lit, en grinçant des dents…

Le métro titre : « Vers des services essentiels plus forts ». On veut limiter le droit à la grève. Enfin une bonne nouvelle ! On va revenir aux bonnes vieilles grèves illégales et (qui sait ?) retrouver le plaisir de la dynamite.

Il est un produit merveilleux,
Expérimenté par la science,
Et qui pour nous les miséreux
Fera naître l’indépendance

En page 08 du même périodique on apprend que la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) « réclame la révision en profondeur de la politique de contrôle des loyers ».

Si tu veux être heureux
Pends ton propriétaire

Voilà de quoi étayer les thèses de nos frères-ennemis de La Consdep…

À quand un Fascicule du FAS spécial « anarchie » ou « révolution » ? J’imagine déjà quelques articles : « Le jour où j’ai raté ma révolution » (Rhâ), « Comment construire une bombe avec sa maison de campagne ? » (Zepoulpe), « J’ai dragué pendant mai 68 » (Mjack), « Kaboom/Taratata/Grrrr » (Poufiasse) « Comment apprêter une mouette faisandée pour un groupe de révolutionnaires affamés ? » (Coco Acto) « Géopolitique du pavé » (Amygdale), etc.

Oh oui, chéri, ne comprends-tu pas
Que je ne suis anarchiste que le temps d’un tango ?
FAS vaincra !

Amygdale, 6 juin 2007
Enregistré dans :Art is evil

Un interview avec une porn-star chrétienne.

http://www.opiummagazine.com/entry.asp?PageID=1168

Zepoulpe,
Enregistré dans :Triviale poésie

1.
Ville, reine de pluie
Repiquant le venin
endormi dans le train

2.
Plotte, noune, dick, gueraine
Poisson dans un sac
rentre et sort

3.
Fée t’es sur mon pied
Te kicke dans’ face
Avec mon dentier

4.
Changeant sa couche
L’enfant riant me demande
“Fred, est que c’est ça la vie?”

Poufiasse, 5 juin 2007
Enregistré dans :Citations et aphorismes

Je ne courrai pas voir rectum en show.

-Mysterious

mjack, 4 juin 2007
Enregistré dans :Cool is class war

Depuis longtemps je n’avais pas eu une vraie fin de semaine. Une fin de semaine avec la bonne combinaison d’activités et de temps à perdre. Ce qui est super c’est que tout ce temps je me suis senti quand même pas mal au dessus de mon shit. En fait ça a commencé depuis la réalisation du vidéo de We Are Wolves il y a deux semaines. C’est comme si depuis ce temps là plein de monde me parle. Pas de jokes, c’est vraiment cool. Bon. On ne se niaisera pas personne, c’était un spectacle de We Are Wolves alors presque tous ceux que j’avais filmés étaient là. C’était de la triche, au fond. Mais c’était un super bon spectacle, la plupart des tounes avaient un nouveau son. La scénographie était vraiment cool, surtout quand A* a fait son numéro d’Andien conceptuel sur la toune Magique. Mais même s’il y avait pas eu de spectacle j’aurais été content pareil juste pour me faire dire par R* — vous savez surement qui c’est, c’est D* — qu’elle aimait ce que je faisais (avouant qu’elle se basait sur la manière dont elle m’avait vu réaliser le clip) et aussi que A* avait été super impressionné par les décors et tout. C’était trop cool. si j’avais été une fille j’aurais été toute mouillée. Je pensais: man t’es en train de sucker les compliments t’es ridicule. Mais en même temps c’était trop le fun, alors je prenais ma face de kid et je répétais que j’étais vraiment content qu’elle me dise ça parce que je la trouvais tellement cool. Et effectivement j’y repense et c’était complètement ridicule. Aussi il y avait Clark Gabeul, et encore G*, mon ennemi préféré. Celui avec qui M* voulait coucher pendant qu’elle était ma fuck friend qui fourre pas. Comme elle parlait si bien et qu’elle retournait tout ce qu’elle racontait pour que je me puisse plus d’en savoir plus sans pouvoir me permettre de poser la moindre question, j’ai jamais su si elle couchait avec ou si finalement elle avait du se contenter de le sucer. Vous le connaissez surement, le gars est pareil comme J* mais en un peu plus grand, plus foncé des cheveux et un peu plus vieux, et il se tient au mêmes places. Je devrais pas vous raconter ça parce qu’il se tient avec tout le monde, et c’est probablement votre ami à vous aussi. Anyway. Je l’hais pareil. J’ai plus aucune raison maintenant, mais je peux pas m’en empêcher. Je crois qu’il le sait, parce que toute la soirée il m’envoyait des sourires narquois et il entrait dans ma bulle et se frottait sur moi en dansant avec une fille, qui s’appelle M* je crois. C’est drôle parce que cette M* c’est le même casting que M* mais en plus petite encore, avec des plus grand yeux de petit animal encore. D’ailleurs elle la connaît et elle l’aime pas. Elle l’a dit une fois. Bref c’était malade parce que non seulement j’étais à un show, mais en plus j’étais au théâtre. Pour le reste de la fin de semaine, c’était bien aussi.

Amygdale, 2 juin 2007
Enregistré dans :Citations et aphorismes

Propos oraculaires (disons) recueillis sur la rue aujourd’hui. Un jeune homme à une jeune femme : «… tu connais la théorie selon laquelle, ce qui cause notre désarroi et fait que nous sommes déprimés et tout, c’est qu’il y a des âmes extra-terrestres en nous.»