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Les annales du FAS

Le site des sympathisants du Front d’Action Stupide pour un quotidien délirant

mai 2007

Robodrigue, 30 mai 2007
Enregistré dans :Art is evil, Intoxicated press

Problem Child Film de Denis Duggan, 1990
La vraie peur de l’Amérique; ses propres enfants comme tyrans! Une image arriérée de l’enfance et dénaturée des parents banlieusards molassons et dégoûtants. L’idée qu’on ne peut rien contre la volonté d’un enfant traverse le cerveau des imbéciles de yuppies qui viennent à avoir peur d’en avoir, et voilà le film d’une génération, la même qui construit des condos sur le plateau comme autant de boutons sur leurs fesses. 3/10

Mysterious, 29 mai 2007

Le Fascicule du FAS, spécial Julia Kristeva est présentement en vente dans le distroboto situé au 2275, rue Holt (Bibliothèque et Archives nationales du Québec). Le Fascicule du FAS, spécial non-apprivoisable et non-domesticable sera disponible sous peu dans le distroboto du Divan orange (4234 rue St-Laurent). Julia Kristeva à la bibliothèque et le non-apprivoisable dans un débit de boisson… FAS vaincra !

… d’ailleurs, paraîtrait qu’on est des artistes émergents.

Mysterious, 28 mai 2007
Enregistré dans :Théorie

Les lecteurs les plus assidus des Annales du FAS savent qu’Herby Stup, le journaliste culturel d’Intoxciated press, est un aventurier de haut niveau. Il s’est déguisé en sommier pour percer les arcanes du Ze Code Da Vinci, il a risqué sa santé mentale en assistant aux expériences les plus abjectes des savants Euj et Nism, il s’est glissé à l’intérieur d’un réacteur nucléaire afin de s’initier aux mystères du Projet Torino, il a traqué Grigori Pelerman et Paris Hilton jusqu’aux dancings les plus sordides de St-Petersbourgh, il a surpris Henri H. et Paul P. en plein ébats sessuels, il a capturé de rarissimes palourdes volantes de la Terre de Baffin, et plus encore.

Les annales du FAS constituent à première vue un magma indescriptible, une accumulation erratique de textes et de sous-textes, un non-lieu où se retrouvent les pires abjections et les plus scintillants moments de beauté. Au sein de cette chose informe qu’est le FAS, Herby Stup fait office de lien, d’épicentre intertextuel, de glu rassembleuse d’inassemblable… Comme le zepoulpe, le «Hé, hé, hé…» ou Euj et Nism, il est un élément structurant du FAS. Mais que sait-on de lui ? Il est intrépide (ça c’est sûr) et aventureux (ce l’est itou). Il a le visage informe (Zepoulpe l’a écrit). C’est un grand voyageur. Il ne recule devant rien. Il a déjà sombré dans la folie (je l’ai écrit). Homme-caméléon, il a un sacré sens du déguisement. Bref, ce n’est pas n’importe qui… Mais, moi qui l’ai croisé il y a peu lors d’un voyage de pêche en Azerbaïdjan, je sais maintenant comment il fait pour supporter cette vie faite de danger et d’incertitude, cette vie d’apatride, sans famille ni amour… Il masque l’insupportable par un sens aigu de l’ironie, une façon élégante (et très fasienne) de se rire du quotidien. J’étais là, sur le quai d’un bateau de pêche au zepoulpe mutant de la mer Caspienne. Il était là, je l’avais reconnu, nonchalamment accoté au bastingage. J’allai vers lui, me présentai : «Bonjour, moi c’est Mysterious» et lui de répliquer : «Mon nom est Bond, Vagabond».

Il ne me dit rien de plus, mais le soleil se coucha sur la mer Caspienne et je sus qu’Herby Stup, cet as du quotidien, serait dorénavant mon héros, mon modèle.

Zepoulpe, 25 mai 2007
Enregistré dans :Art is evil

(Extrait de Comment écrire une pièce de théâtre sans finir par se pendre avec ses lacets par René-Dérisoire Cire)

Chapitre LXXXXV, page 11

(…) Une question que beaucoup d’étudiants me posent lors de mes nombreuses masterclasses, partout à travers le monde, est la suivante : avait-on oui on non raison d’adapter Mon ami Willy pour les planches? Lorsque vient cette question, je la reformule de cette manière : est-ce que la symbolique de la baleine convient à la temporalité de l’acte théâtral?

À ce moment-là, je prends une longue pause, je regarde au loin, j’expire longuement la fumée du Romeo y Julietta que je fume toujours pendant une conférence (surtout si c’est interdit), je replace mes 42 cheveux et je me lance dans une réponse qui, toujours, fascine. Je réponds en fait en deux temps : je dis d’abord que l’acte théâtral, lui-même, n’a pas de temporalité définie puisqu’il consiste précisément en une interrogation du rapport dramatique au temps; puis, je rajoute, comme une suite logique, que « Mon ami Willy » est le parfait exemple d’une consécration véritable de l’espace/création, pied-de-nez à une production théâtrale qui se vautre dans l’exaltation du vide. Suite à quoi, pour que mon auditoire digère la puissance de mes paroles, je fais intervenir un exemple:

« Lorsque nous avons créé « Mon ami Willy » au Théâtre du Nouveau Plateau, situé dans le quartier Ahuntsic, la question de l’espace s’est posée avec insistance. Comment, en effet, rendre à la baleine ce qui appartient à la baleine? Comment, en d’autres mots, baleiner l’imbaleinable? Moi et mes co-concepteurs, nous avons donc dû nous mettre à penser en quatre dimensions et faire une représentation mentale de la baleine sautant de l’eau, tout en songeant à la sécurité des acteurs et aux odeurs. »

« Je ne me rappelle plus très bien qui est arrivé avec l’idée, mais il me semble que c’est moi : je me suis dit pourquoi ne pas représenter Willy en ombres chinoises ? »

Ainsi, lorsque la baleine saute à la fin par-dessus le p’tit gars et que tout le monde comprend qu’enfin, la baleine peut de nouveau baleiner librement, un jeu de lumières étudié projettera sur fond blanc l’ombre gigantesque de l’acteur incarnant Willy.

À ce moment de la conférence, la question qui est sur toute les lèvres est bien sûr : mais qui avez-vous pris pour jouer le rôle de l’ombre de la baleine ? Et là, je le dis sans fausse modestie, c’est là que tout mon génie est intervenu. Un flash ! Une lumière ! Une illumination ! Un dix-huitième siècle au grand complet s’est déroulé dans ma cervelle ! Et j’ai compris que je venais de trouver la personne idéale pour jouer mon ami Willy en ombres chinoises au théâtre, un grand acteur moderne au profil idoine et ballotant, un interprète digne et proche de la nature… Est-ce qu’on devine?

Michael Moore !

(…)

A quoi reconnaît on le déclin d’une civilisation? À son urgence de faire la guerre? Au trafic aérien dans l’azure qui la surplombe? Aux épaulards pouvant maintenant se confondre dans sa population jusqu’à être mépris pour un obèse parmi tant d’autres? Absurde dites vous? Nous pensons ici à ce loup marin qui s’était fait passé pour un habitant du Wisconsin et qui était devenu gérant d’un Wendy’s en plein centre ville de Los Angeles. Les gens prenaient ses glougloutements pour l’accent incongru du Wisconsin, c’est lors d’un vol à main armée quand il a reçues trois balles dans le flanc gauche que les employés du Wendy’s découvrirent, non sans stupéfaction, la véritable identité de monsieur WhoooooHooooha: un méprisable loup marin dopé de Filet o’ Fishs.

Mais toujours est-il que ce n’est pas à la faune marine prenant activement part à la vie civile que nous reconnaissons le déclin d’une civilisation; même lors de l’âge d’or américain un dauphin était devenu débardeur au port de New York et une anémone la coqueluche des grands boulevards.

Je crois que l’épisode suivant est à méditer; par une réflexion bien personnelle vous verrez ce qui cloche et qui amène à voir les véritables tares qui nous mènerons ver ce que notre descendance appellera “La décadence calumet-pontoise” car Pointe-Calumet est en fait le laboratoire de mes observations et expériences sociales, et comme plusieurs le craignent, ce havre de paix est aussi le nid d’un mal qui s’étendrait sur tout le continent.

Retour en arrière: en 2003-2004 la chaîne de dépanneurs Couche-tard se lance dans une mise en marché agressive de sa nouvelle barbotine à qui elle donne des airs de déglingues, les saveurs sont : Schtroumfs écrasés, caca de père noël, windsheer washer… vous voyez le topo? Ça a fait un beau petit scandale à l’époque, voyez cette sloche était destinée aux enfants en apparence, je crois qu’un autre but a été atteint, celui de soumettre la populace entière; la corruption est telle chez les épiciers que l’on a mis de côté de la morale et on se frotte les mains d’une si bonne affaire.

Mais peut-être que pour vous il s’agit d’une mince affaire qui a sombrée dans l’oubli depuis, après tout à Montréal on en voit à tous les jours des scandales; à Pointe Calumet non! Il faut d’abord comprendre que Pointe Calumet a eu ses cinquante balais en 2005, soulignés par la visite des Respectables à “Pointe”. Cinquante ans c’est jeune (pas pour un alcolo, c’est déjà bien avancé dans l’enfer) et Pointe Calumet a connu plusieurs transformations depuis ses années de station de vacance (Lire le livre Pointe-Calumet Boogie Woogie de Claude Jasmin) ensuite repère des familles squatteuses du compté de Deux Montagne (vivant dans des maisons mobiles, des cabanes à pêche) pour finir cité dortoir se trouvant à la toute fin de la 640, on y vit paisiblement dans de nouveaux développements où l’odeur des égouts est constamment présente (mauvaise prévision des ingénieurs). Toute les étapes de la décrépitude occidentale; et finalement on s’endort dans une maison en agrégat envahie d’une odeur puante pour s’y sentir chez soi.

Quand la sloche est tombée sur ce bordel paroissiale ça a été comme un éveil; au début on en consommait juste en haut de la moyenne provinciale, on en était friands mais pas malade encore. On s’amusait à mélanger les couleurs, le fond de la mienne était mauve et le dessus vert fluorescant, les commis du dep’ étaient rendus experts et pour amuser les enfants, ils dessinaient des motifs dans la barbotine. Mais comme toute la magie qui entourait la sloche s’évanouissait à toutes les fois qu’on entendait le son de la paille tâtant le fond en aspirant de l’air, on devait en racheter une autre; en quelques semaines on a défoncées les statistiques, la consommation de ce petit blède était comparable à celle de l’île de Laval et ça dans un seul Couche-tard! Les parents s’y sont laissés aller aussi, toujours de plus grosses sloches; si les habitants du Lac St Jean se frottent d’avoir inventer la grosse la bière, les Calumet-Pontois, eux, se frottent d’avoir inventer la grosse sloche.

Cette spirale de mépris envers le bon goût, ce cercle vicieux de la gloutonnerie allait donner un retour karmique à cette bonne populace: on ne chicotte pas avec autant de sucre sans en payer le prix. Voyez vous, la raison pour laquelle les Calumet-Pontois aimaient tant la barbotine, c’est que l’ancien épicier de Pointe Calumet était diabétique et n’avait jamais vendu de produit à haut de taux de sucre en 50 ans aux abords du lac des Deux Montagne, l’arrivé impromptue d’un Couche-tard avec ses masses de sucres allait briser en quelques jours l’idylle zéro calorie que l’épicier du village avait construit avec tant de volonté.

Il faut comprendre qu’un Calumet-Pontois se retrouvant dans un Couche-tard nouvellement bâti, avec ses néons, ses couleurs bleues et rouges, sa musak à plein volume, et surtout la distributrice a barbotine tournant toujours dans le même sens quasi hypnotisant pour maintenir uniforme ces mixtures de morts froides et fluorescentes; hé bien pour le Calumet-Pontois c’est comme pour un adolescent montréalais qui est entré chez les putes avec de fausses cartes; son engin lève la tête: Bienvenu à la maison l’ami.

Le bonheur rime avec glucose-fructose-saccharose liquide*.

(la suite à venir)

* type de sucre utilisé pour la production de barbotines.

Zepoulpe, 22 mai 2007
Enregistré dans :Intoxicated press

Par Borg Borygme

Jean-Ursule (nom fictif) a tout du bon père de famille : il est têtu, colérique, alcoolique et engueule régulièrement des outils de jardinage lorsque ceux-ci refusent de démarrer. Cet homme de 42 ans gagne très bien sa vie dans un domaine de pointe : il organise des dégustations de pizza dans les supermarchés et se satisfait des sourires des vieilles dames lorsque celles-ci affirment la bouche pleine que « hmmm… c’est délicieux ! ». Mais Jean-Ursule a un terrible secret dont personne ne se doute, pas même son hygiéniste dentaire à qui pourtant il confie jusqu’au moindres détails de son existence : il est gaucher de naissance.

Depuis qu’il a subi la grande opération, Jean-Ursule croit avoir payé sa dette envers la société et maintenant qu’il a viré à droite, il accepte de se confier à Intoxicated Press pour témoigner de la vie de ses ex-semblables et pour recommander la prudence aux enfants devant une aberration de la nature.

« Les gauchers, nous explique-t-il, sont ces êtres louches qui vivent tapis dans l’ombre, à l’insu de tous, repliés, troglodytes sociaux, engoncés dans leur hypocrisie…. jusqu’au jour où, vlan!, ils révèlent au monde leur immonde nature de gaucher ! » « La main croche, le doigt tordu dans d’affreux mouvements spastiques, le coude écarté pour écrire, l’oeil torve, la bave au coin de la bouche, le nez renifleur, le cheveux gras, les pieds sales : lorsque le gaucher se révèle, il se remarque comme un cul au milieu du visage, affirme l’homme, la honte aux yeux. »

Jean-Ursule est catégorique : c’est à la bibliothèque municipale que les gauchers se sentent le plus à leur aise. En effet, dans une bibliothèque, un environnement plein de murmures de tolérance et de silences d’acceptation, les gauchers se sentent en confiance et arborent leur difformité à la manière d’un trophé, écrivant à grands gestes ce que les gauchers ont l’habitude d’écrire : quelque lettres de menaces à des dames âgées ou quelque plans pour fomenter un vol de poussettes. En ces lieux où leur sécurité est garantie par de grosses bibliothécaires adipeuses aux repousses rugueuses qui sentent fort et qui entendent tout, les gauchers se croient autorisés par Dieu (ou Ses gorgones) à faire fi de leur ignominieuse nature. Ils laissent ainsi libre cours à ce qui caractérise leur nature d’avortons, sous les yeux horrifiés des petits garçons qui tentent de trouver dans le nouvel album “Astérix contre le Crystal Meth” le réconfort nécessaire à la réussite de leur 2e année.

Un autre lieu où le lobby gaucher est ultra-puissant : le sport. On fabrique maintenant des bâtons pour gauchers, des mitaines pour gauchers, des jackstraps pour gauchers. Jean-Ursule, depuis sa tendre enfance où il évoluait comme moustique, voulait jouer à l’aile droite, quitte à patiner de reculons. Mais sans penser aux graves conséquences psychiques, les entraîneurs s’entêtaient à le faire jouer à gauche, confirmant sa difformité aux yeux de la foule qui le huait (en plus qu’il patinait légèrement sur la bottine et comptait régulièrement dans son propre but).

Autre calamité du lobby gaucher : le baseball. « Quand je jouais “vache” au champ gauche, je recevais toujours la balle frappée par les droitiers, plus forts et plus puissants que nous … et c’était terrible, la balle roulait, roulait, roulait, et moi je tombais sur mon cul et les autres riaient de moi et ne voulaient plus que je sois dans leur équipe, explique Jean-Ursule. » « Quand on faisait les équipes, j’étais toujours le dernier choisi et les deux chefs s’obstinaient pour ne pas m’avoir : “On vous le laisse!” “Non, prenez-le!” “On l’a eu la dernière fois!” “On veut pas de maudit gaucher, ça sent mauvais les gauchers!” »

Cette expérience traumatisante a renforcé la volonté de Jean-Ursule de subir la grande opération. Réalisée dans les laboratoires ultramodernes de l’Église de Scientologie, rue Papineau à Montréal, l’opération consiste à “déploguer” les neurones déffectueux du cerveau grâce à la dianétique, une méthode sans douleurs. « En même temps, j’en ai profité : je me suis fait grossir la graine, poser des cheveux neux, refaire le nez, shooter du collagène, et tout ça pour seulement 18 999 $ et la garantie qu’aucun représentant n’ira chez moi. Big deal ! »

Après des années de torture mentale, Jean-Ursule peut enfin espérer une vie normale. Tranquillement, avec le soutien de sa maman et de ses neuf chats, Jean-Ursule affronte ses peurs une après l’autre : il s’est inscrit dans la Ligue mixte de balle-donnée de Nouveau-Rosemont et attend toujours l’appel d’un certain Robert (bénévole) pour savoir c’est où la prochaine game. Dans quelques mois, Jean-Ursule pense qu’il sera prêt à aller à la bibliothèque municipale pour emprunter son livre préféré “Recettes simples du 3e âge - Des mets simples pour éliminer la monotonie dans le boire et le manger”.

al_hakim, 19 mai 2007
Enregistré dans :Cool is class war

Je suis en permission pour trois jours parce que je bénéficie de cette longue fin de semaine qui m’évite de rester à St-Michel-des-mouches-noires (habituellement, on dort dans des tentes dans un trou pendant deux mois) ou je plante des arbres cet été à l’instar de nombreux autres adeptes fassiens dans le passé (Amygdale, Mysterious et poufiasse entre autres). Il y a plusieurs bonnes et mauvaises raisons qui nous amènent à planter des arbres. Dans mon cas, ce doit être les mauvaises si j’en crois les nombreux surnoms affectueux que j’utilise pour parler de ma job d’été (camp de la mort, goulag, enfer noir – à cause des mouches noires pis que même si c’est supposé être une job dans le bois, c’est des coupes à blanc -…) Là, je me dis que mon attitude est vraiment trop négative pis que si ça continue comme ça, je passerais pas au travers de la saison et que je risque de finir pendu à un tremble solitaire et sans valeur épargné par la coupe. Je me souviens que j’ai en ma possession un gramme de psylo et que lors d’une précédente saison, alors que j’étais encore jeune et naïf, ça avait donné une tournure positive à ma saison. À l’époque, une fois les premières hallucinations tactiles de la première heure passée avec mon sourire béat et la toune «here comme the sun», je me suis mis à me prendre pour Jason pris dans son labyrinthe avec pour seul allié une roulette de flag – c’est une roulette de ruban qu’on utilise pour faire des divisions dans nos terrains quand c’est le Vietnam - et la vague idée d’une jeune femme pour sortir de là. Pis c’est là que c’est intéressant (parce que ce qui suit c’est une action stupide, pis le monde icitte, aime ça les affaires stupides) : j’ai attaché un bout de mon ruban à un arbre dans le fond de mon «land» et je l’ai déroulé tout en sachant très bien que je n’en avais pas assez pour me rendre jusqu’à la sortie (le bord du chemin). J’imagine qu’il y avait quelque chose de poétique là-dedans et ça m’a ému assez pour me faire prendre moins au sérieux l’enfer du planting. Après ça, tout s’est mis à bien aller. Mais maintenant, là, je doute de tout. Je me dis «hum, faire du mush en ville, c’est pas un peu dangereux ça?» Pour atténuer mes appréhensions, je me rappelle que Mjack, qui a déjà tenté l’expérience, m’a déjà dit que tout était ok de ce côté-là et qu’il me recommandait même fortement l’expérience. Je me prépare donc pour mon voyage : j’amène de la musique, un livre (que je sais que je serais absolument incapable de lire, mais bon, ça fait du poids en plus à traîner) et un cahier au cas ou j’aurais des idées. Avant de sortir, j’enfile mes souliers de cuirs brun qui, ont dirait, on été designés expressément pour faire mal au pieds, mais de donner en contrepartie une ivague mpression de dignité. Je gagne des milliers de dollars à peiner comme un diable dans le bois, mais il est hors de question que je dépense mon argent dans des frivolités comme une paire de souliers confortable et que j’aime par exemple. Je sors, commence à marcher et ce qui devait arriver arriva : c’est l’illumination et je sens comme un brouillon d’idée. Je suis tellement excité (ça m’est pas arrivé depuis au moins 6 mois) je m’installe donc sur le premier banc de parc à ma porté et commence à décrire cette étrange impression. Comme défaite, le maudit crayon ne marche pas. Là, je me permets d’insister (des idées j’en ai pas souvent, alors quand ça passe, aussi bien capitaliser), je liche, frotte, fesse le christ de crayon qui veut toujours pas écrire. Je suis presque hystérique et je me mets quand même à écrire en me disant que la pression laissera une marque qui sera au moins lisible. J’abandonne, c’est trop désagréable et, je l’admets, j’ai comme un peu peur que des gens me prennent pour un freak dans un état catatonique qui écrit une quelconque poésie invisible prostrée sur son cahier de notes. Débité, je mets donc mes écouteurs (la musique est trop forte, mais là je suis contrarié et faut que ça fasse mal) je reprend mon chemin de croix en me disant que tous les ingrédients sont réunis pour un bad trip. Je passe devant une église et je commence à penser à la religion et à son symbolisme. En fait surtout au signe de croix. Dans la religion catholique, on insiste souvent sur le principe de la trinité : père-fils-St-Esprit, mais en fait je pense que la croix à 4 bouts illustre mieux ce que c’est. La branche de droite c’est le fils, celle de gauche c’est le St-Esprit et celle du dessus, c’est évidemment le père. Quant à la grosse partie de la croix, celle qui pointe vers le bas, j’imagine que ça doit être nous, le peuple. Je continue de marcher et je croise du regard une autre église (un genre d’église orthodoxe) pis là j’ai d’autres idées pis j’ai l’impression d’être ben ben ben ben ben intelligent. J’en croise une autre (c’est tout ce qui a à Montréal, des églises), celle du Mont-Royal pis je trouve ça drôle parce qu’il y a un mariage et que ça doit être un couple de futurs bourgeois fini si j’en crois tous les signes (le char nuptial, c’est un VUS «Navigator» format limousine, c’est l’une des églises le plus en vue de Montréal et tout le monde qui pose pour la photo sur le perron à l’air ben smatte et ben beau). Je commence l’ascension du Mont-Royal (c’est le seul endroit ou il y a de la «végétation» à Montréal et ça à l’air que le mush c’est un trip qui nécessite du vert) même si je sais que je vais croiser une tonne de Montréalais pendant leur pèlerinage du samedi. Là, je commence à sentir mes souliers qui me bousillent les chevilles et la chaleur dégagée par ce rayonnant soleil de mai m’étouffe. C’est que sans considération aucune pour la température (ni le confort), je suis sorti avec mon veston de laine noir et vêtu d’un épais et lourd jean de coton. Là, j’arrive en haut et j’ai mon bad trip (en d’autres mots, la confrontation avec la réalité), et mon bad trip s’appelle le retour inévitable au planting dans quelques heures. Là, je pense que c’est allé trop loin, que je prends ça ben trop «deep» et que si c’est si dur, c’est uniquement de ma faute : après tout, il s’agit seulement de crisser des arbres dans des trous et je suis pas obligé de me forcer pour en faire un Enfer, la job étant assez fatigante en soi. L’expression «cauchemar gothique» me vient à l’esprit. J’aime ça, mais je sais pas trop ce que ça veut dire, je veux dire, je ne connais pas la définition du Robert de «gothique». Pourtant, je sais c’est quoi une église gothique. Là, je commence à examiner le concept. Ça ne peut pas être seulement laid ni stupide, après tout ces églises renferment les plus beaux vitraux du monde et ses arcs en ogive ont constitué une percée architecturale permettant d’ouvrir de nouvelles perspectives. Ok, debord c’est quoi. Là, je me concentre et je pense «lourdeur». S’il y a ben une caractéristique qu’on peut associer au gothique, c’est bien la lourdeur : les murs sont surchargés de sculptures, les vitraux dépeignent quasiment toute l’histoire de la bible sur un mètre carré et les arches et les poutres partent et sortent de tout partout. Là je creuse un peu et je me dis «mais, pourquoi le gothique c’est aussi lourd, pourquoi on peut bien vouloir faire ressentir cette lourdeur et quel est son sens». La réponse à toutes ces questions ne tarde pas à se présenter : «you suck». Tout dans l’art gothique, tous les détails servent à nous rappeler que Dieu est grand et que nous, la quatrième branche qui pointe vers le bas, on «suck». Peu importe ce qu’on fera de notre vie, les gargouilles nous dévisagerons toujours avec le même air de dégoût. Là, c’est le moment d’introspection, je me rends compte que moi-même je suis pas mal gothique. Je veux dire, même si j’encombre sans cesse ma vie de petits détails, tout est finalement organisé autour d’un seul et même axe. En quatre ans de vie à Montréal, jamais je n’ai vagabondé dans les rues à moins d’avoir un but bien précis à accomplir. Je crois pas non plus m’être jamais arrêté devant un bâtiment pour l’admirer ni même m’être écrasé sur une terrasse pour checké les chics qui passent. Les fichiers sur mon ordinateur sont scrupuleusement organisés et classés dans un dédale de dossiers. Tout est balisé, défini, précis… lourd. Tout ça en fonction d’une finalité qui doit me transcender parce que je ne sais pas pourquoi, là. Même mon écriture est gothique : j’utilise toujours un nombre exagéré de virgules, de parenthèses et de deux-points qui ne sont pas réellement des fioritures, mais plutôt des surajouts qui viennent alourdir mes phrases. Les paragraphes, oublie ça, à quoi ça sert. Finalement, le planting c’est un cauchemar gothique uniquement parce que c’est moi le rêveur. Là, je déprime un peu, parce que même si j’ai pas souvent des idées, j’ai déjà lu des livres et sais qu’à quelque part, le gothique, c’est mal. Soupir. Je suis écœuré et je décide de rentrer chez moi. Je relève la tête et je me rend compte que pour la première fois de ma vie, je suis perdu dans Montréal…

Aujourd’hui il m’est arrivé une affaire que je comprends pas alors je vais vous en parler au cas où vous pourriez m’éclairer. J’en doute, remarquez, mais dans tous les cas, je crois que ça va me faire du bien d’en parler. Il se peut que mon récit vous semble fastidieux, mais comme je ne sais pas vraiment ce qui a déterminé l’enchaînement des événements, je donne le plus de précisions possible; à vous de juger.

Alors voilà : je suis allé réserver une minivan pour pouvoir monter les ressources humaines et matérielles de Brigitte Bordel à Québec, et comme il faisait froid j’ai mis un bonne laine et une vieille vareuse d’armée appartenant à un ancien coloc. J’ai aussi enfilé, tant qu’à faire, une casquette avec l’insigne d’un porte-avion américain appartenant à mon actuel coloc, puis des ray-ban pour avoir l’air d’un vrai marine… puis j’ai boutonné les poches de côté de la vareuse, parce que je trouve ça plus beau, mais rendu dehors je savais pas où mettre mes mains, ça fait que je les ai croisé derrière mon dos et je m’en suis allé en trottant comme ça.

Je passe devant chez Motta, et j’apperçois une minuscule bonne femme avec les cheveux frisés grisonnants sortir en trombe du magasin. R.A.S., sauf qu’après quelques pas, j’entends « Sir ! sir !» Je comprends qu’on m’adresse la parole, alors je me retourne pour constater que la petite madame est toute cambrée, avec ses poings bien serrés, et elle se met à vitupérer et à me donner de la marde à tour de bras, dans un anglais trop rapide pour que je comprenne tous les détails. Tout ce que j’ai compris, c’est que je devrais avoir honte de la façon dont je me comporte avec les demoiselles, vraiment je suis un monstre, et elle semble rapporter tout ça à la façon dont mes bras sont croisés derrière mon dos, et même, plus précisément, à la façon dont mon pouce est coincé entre mes doigts (voir «Fig sign»). Inutile de dire que je ne savais même pas que ça constituait un signe, je mettais mon pouce comme ça parce que, comme j’ai dit, il faisait froid. Pour en revenir à la bonne femme, elle a terminé son speech (quand même j’ai pas pu résisté à me mettre à lui rire au nez) en me disant «I hate your guts, I hope you burn in hell today».

C’est probablement une histoire que je comprendrai jamais (j’y tiens pas vraiment), mais je pense que ça fait partie d’un quotidien délirant, nos rencontres du troisième type, et je propose qu’on élargisse la catégorie «André Sérouille Flesh of Studies» pour y inclure ce genre de délire, puisque de toute façon tous ces fêlés eux-mêmes se conçoivent certainement comme faisant partie de la même conspiration.

Robodrigue, 16 mai 2007
Enregistré dans :Actions stupides

Ce matin je devais me rendre à une entrevue pour un emploi vraiment super, ô ouais vraiment super! Malheureusement ça faisait belle lurette que je n’avais plus de vêtements, je ne me rappelles plus exactement pourquoi, mais disons que j’ai ma petite idée là-dessus.

Donc en fouillant dans mes boîtes j’ai retrouvé un semblant de vêtement, voyez il s’agit de mon déguisement de superman de l’halloween 92′, donc un uniforme de taille 12 ans. Vous imaginez? Par bonheur si le bon Dieu ne m’a pas grayé de suite dans les idées, il m’a donné du potentiel improvisateur, Sainte Marie mère de Dieu!

Je ne sais pas si j’ai fait bonne impression en entrevue, mais toujours est-il que la coquine d’intervieweuse semblait plutôt curieuse; voyez, elle lorgnait ma culotte rouge vermeille et très moulante, car par bonheur si le bon Dieu ne m’a pas grayé d’un corps svelte et compatible avec les sièges des théâtres, il m’a donné un atout qui m’a tout de même permis d’impressionner les aventureuses ingénues qui avait le courage de me baisser le pantalon, Doux Jésus Fils de Marie priez pour nous!

Toute une histoire, toujours est-il que j’aimerais bien l’avoir cet emploi, ça serait vraiment super, ô ouais vraiment super super!

Robodrigue, 14 mai 2007
Enregistré dans :Triviale poésie

Comme la vision d’un nuage de lait qui se forme dans un café,
d’entre les arbres je vois se défricher ce qui sera la messe de ma trachée

Cabane à sucre, ou plus justement cabane à lipides porcins
Reste à voir si l’érable y foisonne en égale quantité que la graisse du verrat
Pour cela les crêpes frites n’ont en aucun cas les vertus du quinoa
Mais nous en sommes ignorants autant que, de la civilisation, l’est l’Algonquin

Après avoir cherché en vain la céleste cruche de sirop
Celle qui me permettra de rendre comestible cette saline mixture de mort
J’interpelle la serveuse en l’implorant de donner son miel à ce porc
C’est après avoir servies ses crêpes fatales qu’elle m’apporte le pot

Tu rends l’ignoble
Noble
Ô divin sirop d’érable
Tu trouveras toujours place sur ma table

mjack, 13 mai 2007
Enregistré dans :Triviale poésie

Yo
Man
Chill
Out

Fardoche, 11 mai 2007
Enregistré dans :Triviale poésie

Blug blug blug, tes hanches mouillent
l’araignée froide, vipère obscure
sang glacé bing! et patatra!
les étoiles restent et les murmures
sinon ceux et celles qui soufflent
dans ton cortex les corbeaux
use le bec, noir animal
danse cette farandole
règle ton pas
creuse des trous
fait des forages
imagine
la feuille d’impôt
les joints tirés
la peinture sèche
ne sont que glaces envolées
regarde au miroir
le maure qui s’annonce
et on pleure, déjà

Amygdale, 10 mai 2007
Enregistré dans :Triviale poésie

Comme la salamandre dans la marre je glisse
Me gréant ainsi d’une parure d’immondices
Embrassant dans l’ombre fraîche la boue lisse
Je vais droit au fond où s’est tapie l’écrevisse

Je louvoie comme un crapaud entre les nénuphars
Paradant comme lui mes deux grands ronds de fard
« Brebitt ! Brebitt ! » entouré de pétulantes patineuses
Mon estomac pétille comme ces bulles marécageuses

Ah! boue, miasmes et chœur chantant des grenouilles
Portez pour votre coryphée par-delà les quenouilles
Votre chant aphrodisiaque et mes voeux sibyllins
Pour que le crique après la marre redevienne cristallin

Toi mon ami, qui est dyspepsique et las de toi-même
Ne va pas au Rhin, aux bains, pour ton nouveau baptême
Mais tâte une bonne fois, (je le déclare en grande pompe) :
De la caresse algale — du philtre mystérieux de la swompe !

Une fois, je suis allé dans une “levée de fonds” (une arnaque pour les gens qui ont mauvaise conscience). Le lieu était le sous-sol de l’église du Saint-Nom-de-l’enfant-Jésus, sur Saint-Dominique entre St-Joseph et Laurier. La cause était noble : je me souviens plus trop, voyage d’entraide en Afrique sub-saharienne ou nettoyage d’une plage à Sorel. Il y avait un band de blues pas pire et des grillades faites par des Portugais de Ville Saint-Laurent.

Faique c’est ça qui est ça : la soirée progresse, les jupes commencent à lever, les gens dansouillent mollement. Les organisateurs sont contents puisque des alcooliques friqués sont présents en grand nombre et ils peuvent donc espérer réaliser leur projet d’éradication de la punaise en Amérique centrale.

Je regarde le spectacle en pensant à tous ces accords que je ne connais pas sur une guitare lorsque me vient une envie comme on dit “impérieuse” de pisser. Me levant, je me dirige vers une direction (un de mes dadas) en cherchant le signe d’une salle d’eau. N’en trouvant pas, je procède à une analyse de la situation : continue-je-tu ou demande-je-tu mon chemin à un quidam? Comme j’ai lu Nietzsche, je valorise l’autonomie de l’individu et décide d’assumer pleinement mes envies et je continue.

Aviez-vous remarqué que le sous-sol d’une église est souvent situé à proximité d’un lieu de culte?

Je me retrouve donc seul, dans un long corridor sordide (j’ai tourné à droite, puis deux fois à gauche, au hasard). Malheureusement aucune lumière au bout du tunnel, seulement une porte avec écrit “Chapelle” dessus. La poussant, je me retrouve dans ladite et j’aperçois sur ma gauche des confessionaux béants. J’ai toujours voulu dire à un confesseur “Mon père, pardonnez-moi parce que j’ai menti la semaine dernière lorsque je me confessais. J’ai dit à l’autre curé que j’avais menti, mais ce n’était pas vrai”, puis partir et laisser ce pauvre homme à ses ruminations sémanticologiques. Bien que je ne déteste pas à l’occasion mentir à un saint homme, le temps était mal choisi pour lister mes péchés.

Donc, me voilà dans ce lieu qui a connu tant de baillements et de soupirs agacés à chercher l’endroit où je pourrais tordre ma vessie à sec. Les curés vont-ils aux toilettes ? Avec la moyenne d’âge des célébrants de nos jours, ne devraient-ils pas mettre un urinoir à distance de marchette? Me voilà sur l’autel, à fouiller les rideaux (pourquoi mettent-ils toujours des rideaux dans les églises? au cas où les gens commencent à huer pendant la messe et réclamment un vaudeville?)

Soudain, tadam !, une porte dérobée se trouve là, enfouie sous des tentures couleur rouge-sang-du-seigneur-notre-sauveur. Mon envie d’uriner s’accèlère. J’ai d’ailleurs remarqué que l’envie de pisser atteint toujours un paroxysme lorsque tu ouvres une porte (ou pire : lorsque tu essaies de trouver une clé pour ouvrir une porte).

Je pousse la porte et c’est CE moment que le système d’alarme choisit pour se déclencher. Et on ne parle pas ici d’un petit ouain-ouain, genre grand-mère ne veut pas qu’on lui vole ses paparmanes, ô non. On parle ici d’un boucan de tous les enfers (propice?). En plus, une église, quand on parle d’écho, on fait peut-être mieux, mais on doit alors appeller ça une chaîne de montagnes, non? Ce système d’alarme n’a pas été conçu pour avertir de la présence d’un intru : il a été conçu pour neutraliser l’intru ! Ça fait genre HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ! (pause) HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ! Évidemment, à cause de l’écho, la pause n’en n’est pas vraiment une. C’est inhumain, insuportable, inaudible tellement c’est puissant. Tu sens qu’il te faudra faire le deuil de l’ouïe et te rabattre sur un autre sens, le toucher ou le goûter peut-être. Tu songes à Beethoven, à Ginette Reno !

Et j’ai toujours autant envie de pisser !

Donc, je fais comme tout le monde dans ces cas-là, je referme la porte et espère que la sonnerie s’arrêtera. Rien n’y fait ! Je me sauve par où je suis venu, une main sur le bas-ventre, une autre pour protéger mes oreilles. Je m’imagine que je vais passer la nuit en cellule, les pantalons mouillés et malentendant (décodeur requis) ! Je refais le chemin en sens inverse et c’est en tournant à gauche que le miracle se produit : le bruit cesse enfin et mon coeur se remet à battre normalement. Je me retrouve dans le sous-sol de l’église où les participants sont terrorisés, ils se tiennent tous par la main et se sont assis en rond pour pleurer des larmes de sang.

Finalement, je suis allé pisser dans la ruelle (où j’aurais dû aller dès le départ). Puis, je compris que ce n’était pas moi qui a déclenché le système d’alarme, mais un autre fêtard égaré qui a ouvert une (vraie) porte défendue.

Lorsque la police, les curés, les organisateurs, les gars du band de blues, les Portugais, les voisins en jaquette, les pompiers et les chiens errants lui ont demandé en tapant méchamment du pied ce qu’il faisait si loin dans les quartiers interdits du presbytère, il a levé les épaules et a dit d’un air nonchalant :

“J’avais envie de pisser un coup. J’cherchais les chiottes.”

AHHhhhh…..
cet aprèm au boulot, je vous le jure, j’étais en train de chercher les dernières dépêches de la grand-messe annuelle de mon industrie.

mais je ne peux m’empêcher de cliquer le lien pas rapport dans les résultats, juste parce que ça mentionnait le air guitar et le Japon. Deux synapses se sont fait la bise et toc…

argl…
je crois que je vais laisser tomber cet engouement momentanné pour la guitar. ça peut dégénérer.

Une poignée de Fasiens saoulons ont, dans un geste de fumisterie délibéré, omis volontairement de donner le crédit du génie «hé hé hé» à son auteur légitime pour le fascicule spécial interjection soutenue à la tierce…

Joseph le grand, Joseph le diplomate, le sage, ne se laisse pas abattre par cette vile et évidente action stupide. N’est-ce point du FAS dont il s’agit, après tout ? Oui, du FAS en effet…

Samedi matin, rendez-vous à la place Desjardins où nous devions louer un char. J’y retrouve Mjack et Vincent C., auteur de l’incontournable fanzine Clémentine. Le magazine de la jeune fille choc-toxique. La carte de crédit (même les activistes du FAS peuvent avoir des cartes de crédit) de Mjack étant démagnétisé et moi et Vincent n’ayant pas de permis de conduire (je suis plutôt du type ballade à la plage que course éffrénée sur l’autoroute), on refuse de nous louer un véhicule. Pas grave, j’appelle Amygdale, il enfourche sa bécane, et il vient louer la bagnole pour nous. Vroum. En route pour Québec. Vincent n’a dormi que trois heures et empeste encore l’alcool. Moi et Mjack ne sommes pas non plus dans des conditions très enviables. Peu importe : FAS vaincra !

À Québec, nous nous retrouvons dans un sous-sol d’église froid et humide, le genre de lieu que j’affectionne. Beaucoup moins de gens y passent qu’à Expozine, mais ils prennent davantage le temps de nous parler. Bizarrement, le FAS semble connu à Québec. C’est sûrement le résultat du travail de propagande de Xanthippe. Le café (infecte) coûte 0.25 $, la bière 2.00 $. Nous en profitons. Un énergumène nous demande si nous sommes un groupe fasciste ou encore une secte. Je réponds : « une secte ». Nous vendons nos fanzines comme de petits pâtés au zepoulpe. Joseph se joint à nous. Nous sommes un collectif d’action. Le FAS s’active. Assis à nos côtés, Vincent C. tient des propos inconvenants à son public cible, qui semble apprécier. La sensualité débridée de sa prose se conjugue à l’intellectualisme abyssal du FAS. Nos fascicules politiques et ses magazines pour jeunes filles émettent ensemble une puissante aura subversive.

La salle se vide peu à peu. Nous nous retrouvons bientôt avec pour seule compagnie des représentants de la Conspiration dépressionniste. Il reste un baril de bière à vider. Nous nous mettons au travail, mais il nous faut de l’aide. Nous allons dans la rue, entrons dans les bars et invitons le moindre quidam à venir s’abreuver gratuitement dans le sous-sol de l’Église. Et nous voici bientôt en compagnie d’adolescentes du new-jersey, d’étudiants en agro-économie, de jeunes exaltés qui s’abreuvent de mes paroles comme si j’étais le représentant d’une certaine élite littéraire (ce qui me  laisse quelque peu sceptique, mais me touche un peu aussi :  j’suis un sensible)… Tout ce beau monde titube joyeusement. Personne ne comprend trop ce qu’il fait là. L’ambiance est joyeusement chaotique. J’ai besoin d’air. Je m’écarte, m’enfonce dans de sombres couloirs, visite l’église en titubant et suis le point de faire (encore) une crise mystique quand un sournois « hé, hé, hé… » s’élève en moi et me ramène à l’ordre : je retourne à mes activités de propagande. Nous nous retrouvons finalement à dormir à même le plancher de la cuisine de Joseph. La vie à la dure, sans concessions. Nous voici aujourd’hui les cernes comme des scalpels et le corps endolori. Notre lutte est vaine et notre cause insensée, mais pourtant : « hé, hé, hé… »

Jeune artiste en vogue recherche femme artiste aimant ses oeuvres (à lui) pour séduction qui ne mène nulle part. Bien de sa personne, type hippie épilée aimant l’épeautre, la jeune femme devra prétendre être cochonne, mais sans l’être au moment d’enlever ses verres de contact. L’abstinente devra en outre être dans un constant rapport de séduction avec les autres hommes de sexe opposé et mimer la fellation avec la bouche.

Rhaa, 3 mai 2007
Enregistré dans :Bidons et autres contenants

tiré des commentaires de “Tatons Québec”.

le fas est invité le soir du 5 mai au show de Jacques Bref au bal du lézard…du vieux rock, les racines
pour info: www.levetajupe.info

- Kim Virgule

Ne suis-je point la plus belle ?

Un bon gros big mac c’est toujours bon…

Zepoulpe, 1 mai 2007
Enregistré dans :Intoxicated press

Une grande enquête d’Herby Stup, correspondant acculturel d’Intoxicated Press

1er de 4 articles

Milan (Québec) - Qu’ont en commun Elizabeth Taylor, Lolo Ferrari, Sigourney Weaver et Bruce Willis, à part les infections à levures? Réponse : ils ont tous, à un moment ou à un autre, possédé un Yorkshire nommé Puppy !

La noblesse dans les petites choses
Les animaux de nos stars préférées nous fascinent, et à juste titre : chez les multimillionaires, le chien le plus ridicule acquiert noblesse et prestige. Le Yorkshire par exemple est insupportable pour l’homme ordinaire qui voit en lui un avatar monstrueux, une sorte de confetti à quatre pattes, un insecte domestique, un bibelot, une décoration, ou à la limite une boucle d’oreille fantaisiste. Qui n’a pas un jour pensé que si on embrasse un Yorkhire, il se transformera en dragqueen ? Or, dans une villa de star, lorsqu’il dérape en gémissant sur un plancher de marbre rose ou se cogne contre les porcelaines Ming, ce petit être nous rappelle pourquoi Dieu l’a mis sur cette terre : pour nous rappeler qu’il est juste et bon que le chien ne se vende pas à la livre.

Le poil soyeux grâce à des soins attentifs, la griffe parfaitement taillée, le survêtement assorti à ses mitaines, l’oeil rassasié par tant de gâteries protéinées : le fidèle compagnon des habitants de Baieveurlé hille n’a plus grand’chose à voir avec le sale cabot bâtard trouvé le long d’un rang qui réclamme en grognant le reste de votre baloney.

Les lézards de l’aristocratie
Qu’ont en commun Monica Selles, Weird Al Jancovic, Carmen Electra et le Roi Beaudoin de Belgique, à part le même amant? Réponse : il se sont tous liés d’amitié avec un iguane répondant au nom de Zanzibar vivant à Central Park ! Le reptile, normalement furtif en présence de la plèbe, se révèle fort loquace face aux grands de ce monde. Tous ont voulu l’adopter, mais rien n’y faisait : Zanzibar restait inacessible et intraitable. Charlie Chaplin, ce protagoniste moustachu dans des films qui bougent vite a, lui aussi, contribuer à redonner un certain lustre à ce reptile apathique et malpropre en léguant à une fondation ses 8 lézards : Ping, Pung, Pong, Pang, Paf, Pal, Pas et Germaine. On prête d’ailleurs à Beaudoin, le monarque belge une fois, d’avoir tenté de matcher Zanzibar et Germaine ! Ce qui montre que même dans la faune urbaine des grands, une romance peut se nouer !

Le chat sans peau de Joël Legendre
C’est à Milan que l’équipe d’Intoxicated Press au grand complet attend patiemment l’arrivée de Joel Legendre en buvant ses deux cafés. Cette vedette montante de la scène des variétés québécoises présente présentement son nouveau one-man show intitulé Mes bouffées d’air pur au Cabaret de la Place des Arts. Ce spectacle sombre, sinistre et vachement thrash, est le récit des expériences de junkie de l’artiste et de toutes ces années passées à lutter contre l’enfer de la drogue.

“Quand j’ai fini d’écrire le show, j’ai vraiment pensé que j’étais un ostie de fucké. J’ai décidé d’entamer une psychanalyse et rapidement je me suis rendu compte que je n’avais jamais pris de drogue de toute ma vie ! J’ai même jamais fumé un joint pour la simple et bonne raison que personne voulait m’en donner !!! affirme le jeune père en riant de bon coeur”. “Lors de ma démarche, j’ai aussi réalisé que, finalement, j’avais eu une enfance heureuse remplie d’animaux de compagnie qui sentaient fort.”

Avec la paternité, Joël Legendre a compris que le but dans la vie n’est pas tant de fournir un environnement sain à son enfant que de posséder un animal rare et cher pour flasher à la tévé et dans les soirées mondaines. Selon la démarche entreprise à la Maison Portage où l’artiste s’est désintoxiqué d’une bouffe indienne un peu trop épicée, Legendre s’est procuré un chat sans peau qu’il a baptisé Éléonore en l’honneur de son grand-père, un homme qui n’avait pas de poil lui non plus (surtout à la fin).

“Éléonore, c’est toute ma vie. Lorsque j’arrive à la maison, il vient me frotter la cheville. Personne avant ne m’avait jamais frotté la cheville, affirme le danseur/comédien/animateur/pèredefamille/vedettedesviellesdames en réprimant un sanglot”.

Dans le deuxième article de cette série : Herby Stup s’entretient avec l’homme qui peinture les couleuvres de Madonna et avec le canard de Garou.

Aujourd’hui j’ai ingurgité un bocal entier de Skittles et de Starbust et je me suis retrouvé les dents complètement déchaussées. Et puis, je me suis mis à angoisser, seul devant mon ordinateur. Je sentais le sang affluer dans mes yeux. Je percevais nettement les palpitations de mon coeur, et il me semblait pouvoir lire les pensées de la vieille bossue à la fenêtre en face de chez moi. Nul doute : j’avais atteint un niveau supérieur de conscience. D’un trot souple et amorti, une joggeuse parût consécutivement dans les deux careaux de ma fenêtre. Elle se mouvait.

De tout cela, rien ne vous semble sortir de façon notable de l’ordinaire (je le sais). Mais vous doutez-vous seulement de ce qui se passa par la suite ? Le téléphone retentit. Je me ruai au salon et décrochai le combiné. Une voix apparentée à celle de la fonction «lecture audio» dans Adobe Reader m’annonça qu’une escouade de bonniches débarquait dans mon quartier pour épousseter tous mes meubles et nettoyer tous mes tapis. J’acquiessai, mais la machine demeura stoïque, se sentant peut-être piégée. Ce silence me fit craindre le pire. Je scrutai la pièce pour constater sur-le-champ l’apparition d’un cadavre sur le divan. Un cadavre comme ça, non-sollicité.

Je me réfugiai dans ma chambre, saluant au passage le scarabée que j’ai eu le bon goût de laisser s’établir sous ma biblothèque. Mais il ne me répondit point. Il était mort lui aussi ! C’est alors que j’ai tout compris, car dans ma fenêtre, passant par les careaux en sens inverse de la joggeuse, ze killer camembert fit lentement son apparition. Englué dans le vasistas de la façon la plus salace, il se trémoussait là, sous mes yeux, ayant l’air de se délecter de ses forfaits. Avait-il également trépassé la joggeuse ? Et moi dans tout cela, qu’étais-je, sinon un témoin muet des sombres méfaits du Killer Camembert ?  Alaitons m’incarcérer avec le produit laitier ?