J’étais tanné d’être toujours fatigué pour rien au travail. Je rentrais à peine que je me couchais mais rien à faire. Chaque matin j’aurais passé la journée à dormir. J’ai essayé de me reposer pendant deux mois. Sans résultat.
Je crois que le problème, c’est juste que je suis toujours fatigué. J’ai voulu tenter l’expérience de sortir tous les soirs, question de pouvoir comparer. C’tait correct. j’étais aussi fatigué, mais au moins j’avais passé une semaine moins plate. Et chaque soir a été pas trop pire intéressant. J’avais au moins le sentiment d’avoir l’énergie pour vivre.
Maintenant je regarde la semaine qui arrive avec appréhension. je me suis trouvé un spectacle lundi, une soirée assez moyenne mercredi, et une soirée samedi. Mais les autres jours? qu’est ce que je vais bien pouvoir faire?
On est juste samedi après midi avec rien d’autre à faire que mon ménage et je me sens déjà comme un hamster. Imagine ce que ça va être jeudi soir…
D’après Intoxicated Press
Un reportage de Borg Borygme, chef de stylo à la salle des nouvelles d’Intoxicated Press
L’effet d’une bombe
“Je suis révolté !” “On se moque de nous !” “Toujours en train de fourrer le pauvre monde !” “C’est scandaleux !” “J’ai envie de vomir !” “Ça s’peut-tu?” “Ben voyons donc !” “Hein !!?” “Pas vrai?” “Grouloumsjsikss!”
C’est par ces propos durs et incorrects politiquement que ce sont exprimés les citoyens au sortir de leur maison ce matin. La nouvelle a pris la population par surprise. “J’m’y attendais vraiment pas” a déclaré le député de l’endroit, lui-même éberlué.
On parle ici encore de l’effet d’une bombe.
Tout cet émoi est venu des récentes déclarations du Ministre des courses, des jeux, du sport amateur et du statut de la femme, déclarations qui semblent confirmer la véracité d’un rapport rendu public plus tôt cette semaine. Ce rapport confidentiel révèlait, on s’en rappelle, ce que bien des paranoïaques craignaient depuis longtemps, à savoir que personne n’a jamais gagné à la loto ! Le rapport confidentiel, qui faisait ansi écho aux troublantes conclusions de la commission d’enquête publiées plus tôt cette semaine, affirmait aussi que les soit-disants gagnants du loto seraient en réalité des acteurs grassement payés par Loto-Québec.
Révélations contreversées
Si l’on en croit les conclusions de cette commission d’enquête, rendues publiques suite à la parution un peu plus tôt cette semaine du Livre noir de Loto-Québec, les familles heureuses prises en photo leur billet gagnant à la main, les collègues de travail posant ensemble pour la dernière fois, le monsieur moustachu à l’air un peu louche qui sourit en faisant le signe de la victoire, et toutes les autres vedettes de pages couvertures du Jounal de Mourial seraient en fait des comédiens de talent, membres de l’Union des Artistes, qui auraient fait semblant d’avoir gagné.
” Je me dit outré, mais je suis en réalité offusqué. Et vous savez, les Québécois ont une excellente mémoire … et se souviendront de cette giffle lors des prochaines élections. En fait, lorsque je dis que je suis offusqué, c’est plutôt de colère dont il s’agit, une colère d’un coeur qui saigne et qui geint, à la manière d’un grand cri poussé d’une même voix par une nation fière de ce qu’elle est…” a souligné Pierre Curzi, ancien président de l’UDA et futur big shot du PQ.
Les dirigeants de Loto-Québec dans l’eau chaude
Les dirigeants de Loto-Québec ont systématiquement raccroché lorsqu’on a tenté de les joindre, arguant que “ça s’peut-tu d’appeler le monde à c’t’heure-là?”. Un communiqué émis par la société d’État - qui reprenait les termes d’une dépêche de la Presse Canadienne parue plus tôt cette semaine - a toutefois indiqué que, contrairement à ce qui a été dit, les dirigeants de Loto-Québec ne trouvent pas que l’eau est trop chaude, et même qu’elle est “très bonne une fois saucé”.
Suite incertaine
Les journalistes se sont évidemment lancés à la poursuite de la célèbre famille Lavigueur pour tenter d’obtenir ses commentaires mais en vain : les Lavigeur auraient déménagé. Si toute cette histoire s’avère, la population est en droit de se demander ce qui a bien pu motiver Loto-Québec à embaucher ces acteurs-là, et avec l’argent des contribuables. Était-ce pour leur beauté? Était-ce pour leur talent? La question est restée lettre morte à cause d’un problème d’affranchissement insuffisant.
“Je me dit en beau fusil, mais en réalité toute mon âme est tendue comme la corde de l’arc vers la recheche de la vérité dans cette affaire.” a conclu le député Curzi en réprimant un rot généré par le pain à l’ail d’un énième souper spaghetti.
Je pensais à ça en frottant mon hummer, faudrait pas que le Parti Vert et Québec Solidaire prennent trop vite la décision de leur nouveau nom en cas d’alliance : VOTEZ VERTS SOLIDAIRES, VOTEZ POUR LE VÉRITABLE TRANSFERT !
Si vous avez un rendez-vous galant ce soir, soir d’élections, vous pouvez l’utiliser et faire croire à l’être convoité(e) qu’elle est de vous.
C’est ça le FAS et, en passant, il vaincra.
Les voies du FAS sont impénétrables et les activistes du FAS reflètent de plusieurs façons l’éclat délirant du quotidien. Ils ne font pas qu’écrire ; ils dansent aussi. La preuve : la performance ici immortalisée d’Amygdale et moi-même au dernier Gala Expozine.
Source : http://www.flickr.com/photos/hasemeister/
Aujourd’hui, amis sympathisants du FAS, c’est l’anniversaire de notre très cher COCO ACTO !
Nous passerons son âge sous silence, (pour l’occasion, j’ai biensûr accepté de lui fournir un peu d’alcool !) pour nous concentrer sur un espace d’amour libre et sans tabou, nous permettant de dire et de faire des gentillesses multiples à ce beau COCO toute la journée!!!
Ne soyez pas vache, dite lui que vous l’aimez ! Je vais donner l’exemple : JE T’AIME COCO ACTO !
” You think your children are special…well they’re not! I know YOU think they are, but I’m telling you, THEY’RE NOT.
Do you know that for one ovum, 200 millions spermatozoides fight to impregnate it? 200 millions!
This morning I just wiped an entire civilization off my chest with a grey sock. I’M SPECIAL!
-Bill Hicks, outlaw comic
UN VOTE POUR L’ADQ, C’EST AUSSI UN VOTE POUR UN CHUM DU GUITARISTE D’ELTON JOHN
Lac-à-l’épaule (Beauce) -Mario Dumont était de passage dans la région de la PME pour présenter aux médias sa nouvelle machine à transformer les B.S. en énergie propre et renouvelab’ Cette nouvelle machine se veut une amélioration de la très contestée machine à transformer les B.S. en pétrole qu’il avait présentée en 2003. Le populaire chef de l’ADQ a déclaré vouloir faire peau-neuve à l’occasion du dévoilement de son nouveau prototype, baptisé Le MARIONNATEUR.Réagissant aux critiques des journalistes, le chef a démenti que sa machine coûtait cher:
On a rajouté des amortisseurs qui vont nous permettre d’amortir les coûts en neuf mois! Les Québécoises et Québécois m’ont dit que l’ancien modèle était impopulaire et si il y une chose dont le Québec n’a pas besoin, c’est de l’impopularité!. L’autre machine fonctionnait avec des zassistés-sociaux pi personne aime ici aime nous voir essayer de ressembler à l’Alberta. La nouvelle machine est ben plus accomodante! A fonctionne juste avec des associaux pi des B.-S. C’est sûr qu’yen a des mozusse pour demander: ” Combien quessé que ca va coûter de fonctionnaires pour runner ta machine.” La réponse est assez évidente: Arien pantoute, on l’a écrit sur notre feuille. On est le Parti de l’Autonomie alors on présente évidemment une machine qui fonctionne toute seule. Je suis prêt à donner 100 piastre à tous les Québécois qui me prouvent le contraire!
Le charismatique politicien de carrière a par la suite été mis dans l’embarras quand un confrère l’a questionné sur la qualité de son équipe. Il a d’abord affirmé être lui-même équipé pour veiller tard. Cependant, Monsieur Dumont n’affichait pas la même assurance quand on lui a demandé de nommer les candidats de son parti qui étaient ministrables. Après une scéance de patinage en règle où il a tenu bon de préciser qu’il était lui-même le premier ministrable sur la liste, le député sortant de Rivière-du-loop a finalement accepté de dresser une ébauche d’un éventuel exécutif adéquiste, que nous reproduisons ici:
Ministre de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine:
TAPAGEUR (ARGENTEUIL): le bruiteur, caractérisé par son klaxon de bicyclette
Ministère de l’Agriculture des Pêcheries et de l’Alimentation
CAMÉRIO (VAUDREUIL) : le caméraman, répondant par un oui ou un non en bougeant sa caméra, et qui a une peur bleue des vaches.
Whip
TÉLÉCINO (UNGAVA): le réalisateur qui passe des films d’animation
Ministre de la Sécurité publique
LE GÉNÉRAL Garde-à-vous (GOUIN): un client de l’auberge au discours incompréhensible
Ministre de la Justice:
GUSTAVE (CHOMEDEY): le valet
Ministre sport de l’Éducation et des loisirs:
LE PROFESSEUR Barbe-en-zinc (GATINEAU)
Ministre de la Culture et des Communications:
CLAIRMONT DE LA CROIZETIÈRE (BOURGET): Il a travaillé au service des guitaristes de Elton John et compte parmi ses clients et connaissances les musiciens du groupe britannique Yes. Il fut également le luthier exclusif de Bobby Hacher(…) Trois topos télévisés traitent de sa carrière de maitre-luthier.
Ministre de la Santé et des Services Sociaux (SS)
BIS REPEDIDA (TAILLON) : [modifié, certifié, vacciné, immunisé… ]
ministrable
Ici, le porte-parole adéquiste en matière de santé fait le salut au chef, ou alors tente-t-il
d’attrapper un poulet?
-30-
Un reportage de Paula Zone, envoyée muy especial del FAS en las regiones de los partidos.
D’après Intocicated Press,
Lavable-sur-le-blanc (Estrie) - Mario Dumont - un homme politique qui garde son autobus de campagne sur la voie de droite - a pris la parole aujourd’hui pour se porter à la défense des acteurs qui incarnent les électro-ménagers dans les pubs où on prête une voix aux appareils pour qu’ils vantent la fraîcheur des vêtements ou la puissance de telle marque de savon à vaisselle. Lors d’une conférence de presse, M. Dumont a rappelé son engagement pour la culture :
“Pour nous, à l’ADQ, la culture c’est d’abord permettre aux gens ordinaires de se procurer des électroménagers de qualité. C’est pourquoi le parti a décidé de débloquer des fonds de plusieurs dollars pour la croissance de ce métier qui permet à des acteurs talentueux d’incarner les voix des appareils domestiques dans les pubs. Il y clairement pénurie de main-d’oeuvre dans ce domaine. Un gouvernement de l’ADQ investira massivement pour permettre aux acteurs talentueux de perséverer dans leur carrière et de continuer à incarner des électroménagers bon marché, accessibles à la classe moyenne qui est tellement surtaxée. De plus, un gouvernement de l’ADQ amendera le code du travail pour reconnaître les compétences des nouveaux arrivants, leur permettant de travailler ici dans un domaine de pointe. En plus, quoi de plus drôle qu’un lave-vaisselle avec l’accent arabe je vous le demande ?”
Le chef de l’Action Dérogative du Québec s’est déclaré en faveur des toutes les annonces où on fait parler des objets - pas seulement celles où les appareils sont blancs et francophones. “À la maison, nous, ça nous fait tellement rire” a rappelé M.Dumont en passant une main paternelle dans les cheveux de ses seize enfants. “Il me semble que l’État pourrait s’impliquer davantage avec plus d’efficacité dans ce domaine. Il faut agir de manière ciblée, pas de gaspillage et de sociale-bureaucratie à la sauce péquiste. Pas de promesses rompues et d’engagements non-tenus comme les Libéraux. Il faut investir intelligemment dans les domaines qui feront bénéficier tous les Québécois, pas seulement ceux qui sont pauvres.”
Mario Dumont s’est aussi prononcé sur la question des régions. “Quand on dit que l’ADQ est un parti de régions, moi je suis bien d’accord. Écoutez, si on y pense, Montréal aussi, c’est une région. Ne dit-on pas la “région de Montréal”? Ou encore la “Grande région de Montréal”? Montréal, c’est non seulement une région que j’adore, c’est une grande région ! Même New-York, quand tu y penses, c’est une région. Même l’Afrique, c’est une “région du monde où ça ca mal” ! Et à l’ADQ, a conclu Mario Dumont en pointant vers son équipe pour montrer qu’elle existe, les Africains de la région de l’Afrique sont toujours les bienvenus, on leur fera toujours une place, comme bénévoles par exemple, ou comme poseurs de pancartes s’ils sont assez qualifiés !!!” Monsieur Dumont a terminé en rappelant aux infirmes d’aller si possible voter par anticipation pour ne pas bloquer le flot des électeurs adéquistes le 26 mars prochain.
Un reportage de Borg Borygme, envoyé pécial du FAS en région.
La distinction entre l’humain et l’animal est incertaine. Certains singes, parfois, s’esclaffent. Les poulpes retrouvent leurs chemins dans les labyrinthes les plus sinueux. Si les humains s’évertuent à se conchier les uns les autres, les mouettes leurs défèquent sur le crâne avec une certaine félicité… L’humain peut être bête, mû par des instincts animals. L’homme comme le chien est parfois tenté d’aller humer le derrière de ses semblables et se dit qu’il serait bien plus simple de copuler avec l’un ou l’autre sans trop porter de jugement. Et puis le civisme, les bonnes manières, le savoir-faire, les rituels sociaux, le coolisme urbain ne sont – je ne vous apprends rien – que de vains artifices masquant grossièrement la véritable nature de l’humain qui ne demande qu’à s’émanciper.
La question se pose toutefois ? L’humain est-il davantage apprivoisable ou domesticable ? La multiplicité humaine, son effervescente diversité, rend cette question aporétique. Peut-être vaut-il mieux, alors, commencer par s’attarder à un cas spécifique pour, un jour peut-être, s’ouvrir à l’universel. Choisissons pour ce faire un être d’exception, un humain d’une maturité exceptionnelle, un pur bijou de la civilisation, j’ai nommé : Julia Kristeva. Ce cas est complexe, voire vertigineux. Un peu de méthode s’impose :
1) Les animaux domestiques vivent à la maison, servent aux besoins de l’homme ou à son agrément, et sont nourris, logés et protégés par lui, tandis que les animaux sauvages vivent dans les forêts, les déserts, en liberté.
J.K. ne vit pas à la maison et ne sert pas les besoins de l’homme. Au plus, boit-elle parfois le thé avec Philippe Sollers qui ne la protège d’aucune façon : elle est ceinture noire d’aïkido et a des bottes du même métal (lire, à ce sujet, son roman Le Samouraï) et si elle visite des territoires sauvages, c’est seulement à l’occasion d’épopées sémantiques à travers les maquis broussailleux, les lacis intertextuels, du monde déchiffrable qui ne se déchiffre pas.
2) Les animaux terrestres vivent sur terre, les animaux aquatiques, dans l’eau et les amphibies, aussi bien sur terre que dans l’eau.
Si J.K pose les pieds sur terre, c’est en s’interrogeant sur la réalité tangible du sol et si elle plonge dans l’eau (elle a horreur d’aller à la piscine) c’est métaphoriquement, afin de se sublimer et de devenir tout entière l’essence ou contre-essence de la chose. Elle est en quelque sorte amphibie, mais l’est sans l’être, l’être appartenant au néant : à terme ne persiste pour elle que l’impudence d’énoncer dans un monde épars.
3) Les animaux carnivores se nourrissent de chair, les herbivores, d’herbe, les frugivores, de fruits ou de graines, les granivores, exclusivement de graines, les insectivores, d’insectes et les omnivores, à la fois de végétaux et d’animaux.
J.K. se nourrit ni de P. Sollers, ni de M. Duras. Si tel avait été le cas, elle ne se serait de toute façon pas nourrie de chair, mais de magmas conceptuels. Parfois, assise sur la terrasse d’un café à Saint-Germain-des-Prés, J.K. tend subitement la main et attrape un papillon égaré. Elle regarde un instant son poing fermé, puis – subitement – le porte à sa bouche et gobe l’insecte. Pafois… seulement.
4) Les ovipares se reproduisent par des œufs, les vivipares mettent au monde des petits vivants.
J.K. ne se reproduit pas.
Bourdonne-t-elle ? Glapit-elle ? Roucoule-t-elle ? Coasse-t-elle ? Grumelle-t-elle ? Hennit-elle ? Seulement lorsque s’élève en elle le mouvement insaisissable de la révolution, pour un temps seulement avant que ne revienne la turlupiner l’éternel questionnement sur le sens et le non-sens de la révolution qui titillera jusqu’aux racines de son rhizome intérieur. Puis, de nouveau : la prostration.
Au terme de notre enquête, il nous faut retrouver notre question fondamentale : Julia Kristeva est-elle apprivoisable ou domesticable ? (voir, à ce sujet, le descriptif de la catégorie « Le non apprivoisable et le non domesticable)
a) Apprivoisable ?
J.K. est étrangère à l’amitié, mais familière avec la prise de thé.
b) Domesticable ?
Peut-on la maintenir en captivité ? Sans doute, mais pour un temps seulement, les capacités sublimatoires qu’elle a développées en orient lui permettant bientôt de se liquéfier pour aller couler sous les murs, puis dans les caniveaux. Et si elle donne la vie, se sera uniquement dans un processus autoréférentiel où, revenant à elle dans un mouvement spéculaire, elle deviendra son propre miroir, l’éclat de son entité intrinsèque qui s’autogénèrera.
On peut conclure de notre analyse que Julia Kristeva ne peut être tout à fait ni domestiquée ni apprivoisée. Par conséquent, peut-être représente-t-elle l’élément disjonctif irréductiblement hostile et sauvage ?
Chers amis,
Je suis en grève et comme je n’ai rien à faire, j’ai eu la mauvaise idée de commencer une histoire de type «action western» pour nous tous… Et alors, si le coeur vous en dit, je vous encourage à lui trouver un développement et peut-être même une conclusion… Ce pourrait aussi être une nouvelle catégorie dans le FAS, ça se nommerait «moral des troupes» ou un truc du genre. Ce deviendrait une catégorie de type passe-temps pour sympathisants du FAS, un peu comme des mots croisés mais en plus interactif! Au pire ce serait pour moi et ça se nommerait «charité chrétienne pour Joseph», un nom qui sonne bien, il me semble… Bref, je prendrais mon pied à songer une fin plausible sur les histoires incroyables de Mysterious, les propos impossibles du Zepoulpe ou l’ardeur naturelle de la belle Poufiasse… Ainsi qu’à tout autre sympathisant me faisant l’honneur de créer une histoire à cette intention… Il pourrait y avoir des sous-catégories : eau de rose, amour dans le purin, meurtre dans le lointain… etc…
L’HISTOIRE…
Un homme de type long, peau mate et moustache, descend d’une voiture. Il dépose pied-à-terre, sa botte de cow-boy le précède, elle fait «click» sur le sol. Il ajuste son chapeau vers l’ouest, enlève ses verres fumés, tout cela en regardant vers le ciel; visage en contre-jour. Le soleil est si fort que ses yeux brillent tout de même d’un éclat de lumière et sa peau, noyée de sueur chaude, est celle d’un vieillard. Il prend de sa poche un petit objet filiforme et l’ouvre sans même enlever les yeux de son point de mire. Il extrait biensûr l’antenne avec ses dents, toujours le regard mauvais fixé vers le lointain. Après avoir pianoté un numéro sur le clavier, l’homme souffle d’une voix rauque le temps de percevoir un signal. Un court instant passe, pendant lequel un oiseau fait une crotte sur le capot de la voiture. Une musique braillarde à la mode retentit soudainement dans le silence du désert, c’est alors que l’on entend l’homme dire à une inconnue au bout du fil «Vous dansiez petite fille ? Passez-moi votre mère et que ça saute!» Très rapidement, une femme prend possession de l’appareil, on la devine sensuelle par sa voix suave, elle demande «des nouvelles»…
«Je l’ai trouvé, l’enfant de putain, je l’ai!» dit le cow-boy.
«Va à sa rencontre et demande lui des explications, je vais attendre que tu me rappelles pour envoyer l’argent.»
Seuls mes intimes savent que j’ai vu le jour dans une communauté religieuse, ai été enfant de choeur et figurant dans une crèche vivante. J’étais un bon catholique, la croix pendue au cou. Je faisais ma prière tous les soirs. J’offrais mon poisson à Dieu avant d’attaquer mon repas. J’avais une superbe collection de la vie des saints en bande dessinée. Je faisais des exposés oraux sur Jeanne d’Arc à l’école secondaire. C’est une époque révolue. FAS et religion ne font pas (toujours) bon ménage. Comment ai-je perdu la foi ? Ce fut un long processus, une traversée du désert, une succession de désillusions. Comment l’ai-je retrouvé ? C’est l’histoire d’une soirée.
Je me trouvais dans un village de Franche-Comté dont je tairai le nom. À l’aube, moi et des amis nous étions aventurés dans des alpages couverts d’un brouillard à couper au couteau (ce pourquoi, nous avions apporté nos canifs) afin d’aller ramasser de petits champignons magiques qui poussent dans la bouse de vache (authentique). La récolte fut abondante. De retour chez mes amis, nous avions passé la journée à organiser notre soirée, cuisinant, achetant du vin en quantité déraisonnable, plaçant les champignons dans une grande assiette au milieu de la table. La soirée vint. Nous commençâmes à boire et mangeâmes d’abord quelques champignons, puis, légèrement enivrés, avalâmes tous les autres. Les détails de la soirée importent peu. Seul un événement compte ici, un moment fondateur, une crise essentielle, qui aurait pu bouleverser mon existence, mais qui n’eut finalement que peu de conséquences.
Je m’en étais allé marcher seul dans le village. Le ciel était couvert d’étoiles. Les grillons chantaient dans les prés. Au loin, un mouton bêlait. Je crus voir un renard traverser la rue. Mes pas résonnaient superbement sur les vieilles dalles couvrant les rues du village. L’ombre des maisons de pierres était fantasmagorique. Le bruit enchanteur d’un écoulement d’eau vint titiller mon oreille. J’arrivai bientôt à une source qui coulait dans un bassin au centre de la place du village. Je joins mes mains pour recueillir l’eau et en asperger mon visage. Je bus. Une eau fraîche et limpide ; j’étais comme purifié. Il me semblait être habité d’un souffle nouveau. L’existence relevait soudain du sublime. Derrière moi, je sentis comme une présence et me retournai. L’église du village était sise sur la place, me dominant en contre-plongée. Elle m’interpellait : je retrouvai instantanément la foi et me mis à rire aux éclats, comme un enfant. Mon coeur battait pour Dieu mon seigneur, des prières oubliées me revenaient en tête. C’était beau. Un peu plus tard, de retour à la fête, je tus ma révélation, craignant peut-être qu’on la prenne pour une crise mystique passagère ou qu’on me cause matérialisme dialectique, mais au fond de moi j’en étais convaincu : Dieu existe, il est bon, il est la vie, nous existons par lui et en lui. Amen.
Le lendemain, j’avais très mal à la tête et reperdu la foi. Je ne sais si je dois qualifier cette expérience d’« édifiante ». Qui sait, j’aurais pu devenir chroniqueur pour un magazine chrétien.
Mysterious, 9 mars 2007
Enregistré dans :Cool is class war, activités culturelles cool
Mercredi dernier, des activistes du FAS se rendirent au deuxième Gala des Prix Expozine de l’édition alternative où – rappelons-le – Le Fascicule du FAS, non-apprivoisable et non-domesticable était en nomination dans la catégorie « Fanzine ». À peine étions-nous arrivés que les têtes dirigeantes de la presse alternative montréalaise se ruèrent sur nous pour nous faire signer des contrats des plus alléchants. Ainsi donc, pourrez-vous trouver d’ici peu des exemplaires des deux derniers opus du Fascicule du FAS dans le Distroboto le plus près de chez vous. Déjà auréolés de gloire et anticipant notre richesse future (FAS = $$$), nous décidâmes de dépenser au plus crisse notre hypothétique fortune en achetant des litres et des litres d’alcool. La soirée suivait son cours. Bientôt, les infâmes Abdigradationnistes montèrent sur scène. Pris d’un enthousiasme sans bornes (quoique non fondé), des activistes du FAS se mirent alors à danser comme des déchaînés. Big Monkey faisait la danse du macaque, Amygdale se laissait aller avec la classe d’un poète russe ivre mort, Mjack laissait des étincelles jaillir du bout de ses doigts, miss Luidgi rugissait comme un punk prépubère et Mysterious roulait par terre en imitant la démarche ô combien sensuelle du Zepoulpe terrestre de Birmanie. Oh Yeah ! À la fois grandiose et pitoyable, comme toute expérience fasienne… La suite est nébuleuse. Enfin, nous avons gagné le prix du fanzine (ex aequo avec Sexy Fall / Chute! / Nous Numéro 1, de Louise-Andrée Lauzièrev ) et nous sommes mérités un joli diplôme (ouais !). Pour la suite des événements, demandez à Mjack ou Amygdale. En ce qui me concerne, le reste de la soirée à l’éclat d’une nébuleuse multicolore dans laquelle se confondent réalité et fiction, fantasme et social-démocratie. Pour cette fois, FAS a vaincu, mais le chemin est long sur les sentiers tortueux de la gloire.
poufiasse, 6 mars 2007
Enregistré dans :Citations et aphorismes, Intoxicated press, Nos amis requins, Le non apprivoisable et le non domesticable
L’agence de presse Associated Press (AP) a diffusé une dépêche pour annoncer… qu’elle avait cessé de diffuser des informations sur Paris Hilton pendant une semaine, du 19 au 27 février.
Ce «blackout expérimental», selon AP, voulait mesurer ce qui arriverait si on cessait de parler pendant une semaine de ce «phénomène médiatique, créature de l’ère du potinage sur Internet».
Les bureaux d’AP ont donc cessé de relayer toute information sur Paris Hilton pendant une semaine, y compris les informations sur les partys organisés pour sa fête.
Résultat: personne ne s’est plaint, et les réactions ont été «positives», selon AP. Mauvaise nouvelle: les informations ont été reprises le 27 février, alors que Paris Hilton a été arrêtée pour avoir conduit avec un permis de conduire suspendu. Mais AP affirme que «nous continuerons à exercer notre jugement journalistique individuellement pour chaque événement».
Extrait des Mémoires de moi-même par Julia Kristeva
Tome XIV, Chapitre XXVII
(…) L’avion toucha le sol, et les imbéciles applaudirent. Je me surpris à me demander s’ils applaudissent aussi lorsque le dentiste leur arrache une dent? Ou lorsque les sappeurs éteignent un feu? Ou lorsqu’un flic leur colle une contredanse?
L’air à l’extérieur de l’appareil pénétrait par les portes béantes, comme le souffle d’un beau ténébreux aux muscles en saillie qui murmure à votre oreille que vous êtes la plus belle femme du monde qu’il ait vue aujourd’hui. Déjà, les palmiers se pâmaient de me voir arriver dans ce pays où le rêve socialiste pouvait se vanter d’avoir confronté les sceptiques. Après la douane - où, à ma demande, on me fouilla à nue - on nous mis dans un autobus climatisé pour nous conduire à l’hôtel. Un homme à la peau basanée - un esclave peut-être? ou tout au moins un membre du petit personnel - nous informa des magnifiques avantages de notre forfait, ainsi que de la manière appropriée de commander un pina colada avec l’accent local. “Ouna pignia colada por favorrrr !” Il nous rappela en patois tropical que dans nos lointaines contrées, il faisait “frette en tabarnouche” et entrepris de nous faire rire. C’était d’un pathétique touchant. Sollers et son humour distingué (comme lorsqu’il imite le Yorkshire de la voisine pendant des heures) me manquait déjà.
Et c’est là que nous arrivâmes… L’hôtel, ou le “rizorte”, était magnifique dans l’obscurité : vaste et obsédant, avec de grands arbres inconnus qui battaient au vent. L’océan se tenait tapi dans l’ombre, comme un père absent prêt à punir sa petite fille qui découvre avec effarement ce que le maoïsme peut faire pour elle et pour sa sexualité naissante. Au comptoir, on nous attacha un bracelet coloré, insigne humiliant qui nous permettait de commander du rhum et des nourritures barbares. Un autre esclave me conduisit à ma chambre, laquelle on avait eu la drôle d’idée de peindre aux couleurs de la Grèce : bleu et blanc dans le sens de la longueur. Une minuscule grenouille m’attendait là, immobile, sur le plancher de céramique. Je la baptisai aussitôt 席语录 (Zhǔxí Yǔlù) - Petit Livre Rouge. Je l’attrapai de ma main preste et je la donnai au jeune homme qui venait de déposer mes valises et qui me tendait la main en souriant.
Il cessa de sourire et je refermai la porte sur sa déconfiture.
Le lendemain matin, après une nuit solitaire quoique fumante, j’entrepris d’aller voir la mer. Et quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’elle était là, sous ma fenêtre, à quelque mètres de ma chambre, rutilante et ondoyante, comme seule une mer socialiste peut l’être. Tout près, un bar avec un autre membre du petit personnel. Je lui demandai combien coûtait un café. Il me répondit
- It’s all inclusive!
- You miiiine, haille coude ordeur anézing haille ouante?
- Sure, it’s all inclusive!
Je réfléchis quelques secondes. Une idée diabolique germa alors dans mon esprit. Ce fut comme la fin d’un concerto d’orgue dans une église : un pur délice. Je me sentis revivre, métamorphosée. Une idée révolutionnaire, au premier sens du terme. Je savais comment permettre à ce pays socialiste de devenir la plus grande puisssance économique du monde ! Comme je pouvais commander des drinques à l’infini, j’allais pouvoir contribuer d’une manière infinie au PIB de cette perle des Antilles (ou plutôt de cette deuxième perle des Antilles, la première étant bien sûr Paris) : je n’avais qu’à commander sans discontinuer des milliers voire des millions de drinques et ainsi favoriser la culture de la cane à sucre et l’embauche de centaines de travailleurs et travailleuses employés à me servir ! D’ici quelques temps, l’économie roulerait sur l’or et les puissances capitalistes n’auraient qu’à bien se tenir !
Aussitôt dit, aussitôt fait ! Je commandai 30 verres de rhum pur. Le barman, après un moment d’hésitation, obéit en murmurant quelques mots en langage tropical. Probablement des félicitations pour ma trouvaille. Armée de mon plateau bien garni, je m’assis sur la plage et je me mis à penser à Philippe Sollers que j’avais dû faire garder par la voisine pendant mon absence.
Après une gorgée du délicieux breuvage, Sollers me manquait.
Après un verre, je pensais à son pelage.
Après deux verres, j’espérais qu’il pense à moi.
Après trois verres, son existence me paraissait absurde.
Après cinq verres, je parlais lettres attachées.
Après six, je dansais nue avec un homme musclé qui me tenait fermement en me plottant.
(…) Le lendemain matin, j’entrepris de corriger le tir. Mon plan avait une faille… Jamais je n’arriverais à consommer les millions de coquetèles nécessaires à l’envahissement des États-Unis par l’armée socialiste venue des Caraïbes… Il me fallait trouver une astuce… Je mis les trois hommes hors de ma chambre, me délaissai de mon harnais et des accessoires, descendis ma jupe et me rendis au bar de la plage où je commandai de nouveau 30 verres de rhum pur. Le barman - un nouveau - me regarda ébahi et soupira lui aussi en langage tropical. Au lieu de tout boire, je versai diaboliquement le contenu des verres dans une plante qui se mit aussitôt à tituber. Je retournai au bar, la mine déconfite, recommander 30 verres de rhum pur.
Le barman - le même - me demanda si j’avais tout bu? Je lui répondis dans mon meilleur anglais :
- Cheurre ! Ken haille havre maurrre?
- Si signora, no problema ! répondit-il, sincèrement admiratif.
De nouveau je renversai les 30 verres dans la plante qui se mit aussitôt à vomir son 4 heures. Ça marchait ! Mon plan allait permettre de bouleverser la planète, de rendre palpable le rêve du Tché, de revaloriser la lutte des classes. Ahhhh…. si seulement Sollers n’avait pas besoin d’un toilettage quotidien…. Il serait si fier de moi ! Moi, sacrifiant les plantes pour le bien des hommes, est-ce qu’on me donnera le prix Nobel de la Paix ?
(…) tout de même après plusieurs jours de détention. On me libéra en me faisant promettre de ne plus m’approcher d’une bouteille de rhum et de la flore indigène. Mais comment aurais-je pu savoir que je détruisais des canes à sucre, moi?
Je suis une intellectuelle de grande gauche, pas une potagère ! Non mais !